Dimanche 26 février – De San Pedro de Atacama à Caldera

Hier soir nous avons réservé la voiture de l’hôtel pour nous rendre à la petite station de bus. Ce n’est pas que nous soyons paresseux, mais l’option était offerte par la propriétaire Nathalie, et il eut été malvenu de refuser une telle offre. 

Les grillons de mon téléphone sont matinaux. Il est 5h30 et le jour loin d’être levé, mais au moins il ne pleut pas.

Nous patientons jusqu’à 6h20, heure à laquelle notre voiture devrait arriver. Debout devant la porte, dans la fraîcheur du petit matin, ne règne que le souffle du vent et quelques aboiements de chiens errants, mais point de bruit de moteur.
Notre bus doit partir à 7h00, et autant les heures d’arrivée sont approximatives, que les heures de départ sont respectées et il faut se présenter en gare 30 minutes avant le départ
N’eut été le fait d’être en vacances, nous serions stressés.
Finalement, à 6h30, nous décidons de monter nos sacs sur les épaules et parcourir la moitié du village dans la noirceur et à bon pas pour rejoindre le terminal Turbus

À deux minutes d’arriver, essoufflés et en sueur, nous entendons une voiture derrière nous, c’est Nathalie qui arrive et nous embarque pour la centaine de mètres qui nous sépare de notre destination. Nous étions restés à l’heure européenne et avions oublié que les minutes chiliennes n’ont pas la même durée.

Nous lui collons un gros bec sur la joue, (oui, c’est un seul au Chili et ça a la même signification que trois en Languedoc) la remercions pour son accueil et sa gentillesse et qu’elle a fait parti de la réussite de notre séjour. Bon, je ne sais pas si tous les mots espagnols que j’utilise sont dans le bon sens, mais elle semble comprendre et me remercie chaleureusement.

Tout ce rush pour rien, le bus arrive 20 minutes en retard. Les fameuses minutes chiliennes disais-je…

Puisque notre voyage est prévu de durer au minimum 11 heures, j’ai pris grand soin de réserver des sièges dans la section cama. Ce fameux rez-de-chaussée dans les bus que nous rêvions d’utiliser depuis des semaines est enfin à nous. Et à nous seuls puisque les rares autres passagers sont à l’étage du dessus et aurons probablement une meilleure vue que nous.
En même temps, on se rappelle que nous roulerons dans le désert et que, sauf miracle, nous ne verrons pas grand-chose que du sable et du ciel.

Le salon cama, c’est une douzaine de fauteuils dignes des meilleurs salons chics. Très larges, confortables, on s’y perd entre siestes, rêverie et lecture. Quelques films de série B, passent sur un écran, et le sous-titrage en anglais permet d’améliorer un peu mon vocabulaire. Mais la nuit écourtée me rattrape et je sombre dans un tourbillon de rêves d’aventure entre geysers multicolores, viscaches géants et paysages martiens.

Le bus fait une courte escale à Calama où quelques mineurs prennent place dans notre salon. La région est toute entière tournée vers l’exploitation minière, le Chili est le numéro un mondial dans l’exploitation du cuivre. À lui tout seul, le pays produit 40% du cuivre mondial.

Un attroupement sur le pont qui surplombe le Rio Loa attire notre regard. Nous comprenons que le spectacle des eaux furieuses qui dévalent de la montagne n’est pas chose courante et mérite le déplacement.

Notre bus continue sa route, imperturbable, en direction d'Antofagsata au sud-ouest, vers le soleil et la chaleur.

En fin de journée, nous arrivons à Caldera, petite ville portuaire et qui à première vue semble très tranquille. L’Hostal Playa Brava est à cinq minutes à pied de la gare routière et donne sur une immense plage balayée par les vagues de l’océan et la chaleur humide agréablement brassée par un vent permanent.
Ce pays est incroyable, un petit coup de bus et hop nous sommes totalement ailleurs.

Les sacs sont vite défaits, nous échangeons nos chaussures de randonnée contre une paire de gougounes de compétition et partons faire un tour sur le port.

Soir de fête, barbecue, jeux pour enfants, barbe à papa, churros, il flotte dans l’air un parfum d’insouciance. Les eaux calmes du port nous renvoie les derniers rayons du soleil, il va faire bon vivre ici quelques jours.






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