Lundi 13 février – San Carlos de Bariloche

Le lit est vraiment petit, mais le Carménère a fait son œuvre. Le soleil se pavane dans le ciel de cette petite ville de montagne perchée à 900 mètres d’altitude.

Dans les alentours proches, des dizaines d’activités sont proposées, mais nous n’avons pas le temps d’en profiter. Éventuellement, nous nous promettons de rester quelques jours au retour pour faire un balade à cheval ou découvrir les paysages fantastiques lors d’une randonnée.

En attendant, nous déambulons dans les rues de la ville, admirons le travail de quelques artistes hippies. Colliers, bracelets, pipes à pot, calebasses à maté, travail du cuir et autres sculptures en trombones.

San Carlos de Bariloche a été fondé en 1902 et a longtemps été habité par une colonie majoritairement germanophone. Les noms des commerces et son architecture actuelle ne démentent pas ses origines.

Hormis son cadre idyllique, la ville est également connue pour avoir servi de refuge à des criminels nazis. Les gouvernements dictatoriaux et totalitaires, contrôlés par les militaires du Paraguay, de l’Argentine et du Chili, fermèrent les yeux, voire accueillirent les tortionnaires nazis sans états d’âme. Ces fuyards ne se cachèrent même pas, bien à l’abri de la justice. Quelques-uns finirent quand même par être attrapés et durent faire face à leurs immondes crimes. Beaucoup de ces vieillards, trop âgés, malades ou très malins échappèrent tout de même à la justice.

Rafraîchissement capillaire chez le barbier du coin ; pause repas fait de spätzele et gulasch, de choucroute et bière pression à la Cerveceria Bachmann, avant de finir dans les eaux cristallines du lac qui borde la ville. 

Une drôle de mousse blanche qui ressemble beaucoup à un dépôt chimique recouvre les rochers. Aussitôt mouillé, le traître tapis blême devient extrêmement glissant, et la mise à l’eau est beaucoup moins élégante. J’apprendrais plus tard que cette mousse est une algue parasite extrêmement envahissante et que la population est appelée à la combattre pour éviter de la transmettre à tous les lacs de Patagonie.
La plage est entièrement bondée, mais les rochers moussus sont parfaitement adaptés à une pause balnéaire. 

Par contre, la température de l’eau est bien loin d’autoriser une baignade longue et voluptueuse. 


Nous regagnons le centre-ville et, puisque la chair est faible, nous ne faisons aucun effort pour résister à la tentation d'un détour par le comptoir de glaces du célèbre chocolatier Mamuschka.

Dans les rues en travaux, les abords du parc et dans chaque recoin, des chevelus et des filles en robe à fleurs ont installé leurs petits kiosques ou simplement leurs tapis sur lesquels s’étalent leurs créations artistiques. Des jeunes interpellent les touristes en susurrant cambio, cambio, signe évident que la toute brève et fragile stabilité monétaire du pays vient à nouveau de sombrer dans les étranges fluctuations de l’économie nationale.

Nous referons honneur à la généreuse table de chez Alberto, avant de faire la tournée de quelques-uns des nombreux magasins de chocolat de la rue Mitre.
Les comptoirs débordent de délices cacaotés, les boites écarlates et dorées se mirent dans les vitrines éblouissantes, les miroirs reflètent multitudes de gourmandises fourrées au manjar, de tablettes fines et délicates dans lesquelles se noient amandes, noisettes, pistaches et baies séchées.

Nous savons déjà ce que nous allons faire de notre prochain séjour à San Carlos de Bariloche !


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