Dimanche 5 février – Lago Ranco et alentours

La nuit a été fraîche, 7 ou 8º au-dessus du point de congélation de nos corps. Heureusement, nos sacs de couchage et les grosses couvertures fournies avec la Maradonette, nous sauverons d'une mort par hypothermie. 

Par contre, les interruptions de sommeil pour cause de surplus de vin, seront sublimées par ce ciel d'autant plus intense que la lune a fini par disparaître derrière la montagne. S'il n'avait fait si frisquet, je me serais allongé sur le gravier-ponce et me serais vautré avec délectation dans l'immensité céleste. Mais la douce chaleur de ma couche me rappelle à elle, il fait aussi très humide, le prix à payer pour profiter d'un endroit aussi magique.

Ce matin à 7 heures, le soleil n'est pas encore des nôtres. Une aube lente s'installe, quelques palmipèdes cancanent posés sur l'eau brumeuse. Il n'y a pas un souffle de vent, il règne un silence étourdissant que seul le bruit de mes pas dans le gravier vient troubler. 

Quelques braises dorment au chaud sous la cendre. J'y dépose des brindilles, souffle sur les charbons rougeoyant et démarre un nouveau feu en quelques secondes. Il y fera bon s'y réchauffer le temps que le soleil vienne enfin inonder notre petit abri.


À l'horizon, les cimes des volcans endormis commencent à se colorer, nous resterons dans l'ombre de longues minutes, mais cela ne nous empêchera pas de nous baigner pour se réveiller et surtout se laver. Finalement, le camping sauvage quand on est bien installé devient presque du glamping

Nous décidons de voir un peu plus au nord ce que nous offrent les sites conseillés sur mon application. Je décide de refaire un test de charge avec le nouveau fusible, mais force est de constater que le petit transformateur chinois après lequel nous avons couru à Valdivia, est d'aussi piètre qualité que le laisse supposer son origine. Acheter chinois, c'est acheter deux fois !
À moins que les vibrations intenses subies par l'appareil n'aient définitivement grillé quelques circuits. Le fusible de rechange trépasse lui aussi.

Nous trouverons bien un garage où acheter un de ces petits morceaux de plastique sur la route.

Pour faire une histoire courte. Une journée à se perdre entre décors de carte postale et chemins vicinaux ; un plein d'essence dans une station où ne vend pas de fusibles ; un petit magasin d'accessoires de moto où en trouve pour 14 cennes ; un contrôle de police assez drôle ; une fausse route qui devient chemin de gravier ; un chemin de gravier plein de promesses qu'il ne peut tenir et un site de camping que j'ai eu le malheur de ne pas vérifier sur la carte. À vol d'oiseau nonchalant, c'est à 8 minutes. En voiture, il faut faire tout le tour du lac, car aucun pont ne franchit la rivière.

Nous décidons de rebrousser chemin et de revenir sur notre petite plage dorée et tranquille où nous étions si bien la veille.

Le dimanche, c'est la sortie des familles et évidemment, nous ne savons pas du tout si l'endroit va être aussi paisible qu'hier. Du haut de la route, nous distinguons des voitures, mais ne voyons pas ce qui se passe chez nous.

En arrivant, nous passons à côté de tentes et de voitures qui occupent la première partie, traversons le marigot boueux en souhaitant ne pas caler et prenons le virage de notre abri. Il y a un parasol planté proche de notre foyer refroidi et déjà rempli de canettes de bière, mais notre arrivée sera le signal de leur départ. 
Quelques familles, accompagnées d'enfants hurlants, se baignent non loin. L'ombre crépusculaire et la fraîcheur qui l’accompagne font leur œuvre et rendent le calme à cet endroit.

À l'aide de quelques brins d'herbe sèche et de brindilles, je ranime mon feu et y laisse fondre les canettes. Toujours bredouille de poisson, c'est un risotto aux champignons que nous dégusterons ce soir.

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