Vendredi 20 janvier – Parc Tricahue – Rio Claro

Alors comme ça, il paraît que la première puissance mondiale a un nouveau président-clown… À peine, deux jours sans internet que déjà, on se fout de tout ça.

Ce matin, Christophe le pêcheur nous propose de nous emmener le long du Rio Claro, un affluent de la Maule.
Une belle balade qui ne grimpe pas trop et qui longe une rivière où, a priori, on peut se baigner.
Passant par le Pont des Vents qui mérite largement son nom, nous attaquons de très longs chemins de gravier et de sable.

La marche d’approche est longue et poussiéreuse. Il fait chaud depuis 9 heures ce matin et ce n’est pas prêt de se calmer. En tout cas pas aujourd’hui.

Maya, la chienne du refuge suit son nouveau copain et va nous accompagner. 
Infatigable quadrupède qui court dans tous les sens. Sautant sur un lézard véloce, flairant la piste d’un lapin, marchant dans nos jambes et tirant la langue comme un long ruban rose.
Quelques kilomètres sous le soleil avant d’atteindre les premières ombres d’une forêt clairsemée.
Un prunier est rempli de fruits jaunes et sucrés. Nous faisons une halte pour dérober quelques fruits à ses branches généreuses, mais les taons n’attendaient que notre passage pour venir nous attaquer.

La marche continue, nous attaquons quelques montées abruptes mais brèves avant de porter à nouveau toute notre attention sur le sentier inégal.
Le croassement de dizaines de tricahue, nous oblige à une halte. De l’autre côté de la rivière, une paroi d’argile est trouée de plusieurs dizaines de nids.

En marchant, nous ne pouvons pas profiter du paysage à notre guise, s’il ne fallait lever les yeux du chemin une seule seconde, le caillou traître en profiterait sûrement pour se glisser sous la semelle de nos chaussures. Se faire une entorse quelque part sur ce chemin désert serait l’idée la moins brillante de la journée.

Finalement, nous arrivons à une petite source où nous pouvons nous rafraîchir le visage et la tête, mais surtout boire. Tous les petits ruisseaux descendant des montagnes sont potables, et nous ne nous faisons pas prier pour étancher une soif exacerbée par le glougloutement de cette eau froide et limpide. Malgré les quatre litres d’eau dans nos sacs, un approvisionnement direct au producteur est appréciable.

Christophe nous montre le chemin qui monte fort de l’autre côté de la rive. Ça grimpe sec et ça fait déjà trois heures que nous marchons. Nous décidons d’aller voir la petite cascade tout en haut de la falaise et de rebrousser chemin en faisant une halte sur les rives du rio Claro.
Notre pêcheur poursuit son chemin et sa quête du meilleur endroit pour remplir sa besace.

La grimpette ne se fait pas sans difficulté, la pente est raide et aucune roche ne tient sur une autre. Tout cet amas de cailloux est simplement maintenu par un peu de gravier et de sable, il faut redoubler de prudence.
Finalement, ahanant après cet effort intense, nous constatons que ladite cascade n’est rien de plus qu’un filet d’eau remplissant une toute petite vasque où l’on aurait de la peine à tremper un pied.

Si la montée était compliquée, la descente l’est encore plus, les pierres roulent et s’écrasent dans le ru. Inutile de vouloir s’y pencher pour y boire, c’est devenu un gargouillis brunâtre charriant de petites algues et beaucoup de terre.

Sur le chemin du retour, nous retrouvons cet accès facile à la rivière et décidons d’y faire notre petit pique-nique et surtout d’y plonger nos corps frôlant l'hyperthermie.
L’eau est pour le moins vivifiante, mais c’est surtout le courant impétueux qui pose problème. Je trouve quand même un petit abri entre des rochers pour m’y imbiber jusqu’à la taille.

Le prunier fera les frais de notre passage et, à l’aide d’une longue branche, nous secouerons un peu les fruits récalcitrants qui trouveront une place de choix dans notre menu du soir.

La toute petite épicerie qui était fermée à l’aller est occupée par une charmante dame qui nous fournira boissons fraîches, et même des glaces à l’eau ! 
Peut-être que nos cris de surprise et de joie en voyant s’ouvrir le congélateur rempli jusqu’aux joints la surprenne, mais elle est très heureuse de prendre le rôle de la Mère Noël devant deux enfants au bout du rouleau.

Finalement, c’est au bout de sept longues heures de marche, la plupart du temps sous un soleil implacable, que nous arrivons au refuge. Les derniers kilomètres ont été très difficiles, et Dimitri nous apprendra que le mercure est monté à 40º à l’ombre. Le vent qui soufflait était effectivement brûlant et très sec, mais maintenant, c’est l’heure de se tremper dans l’eau fraîche de la petite piscine.

Christophe arrivera un peu plus d’une heure après nous après s’être perdu et sans même avoir eu le temps de monter sa canne.

Cette soirée que nous avions entamée avec calme et sérénité sera gâchée par l’arrivée de quatre filles et deux motards qui ont décidé de faire la fiesta jusqu’à deux heures et demi du matin.

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