Samedi 7 janvier - Santiago

Atterrissage réussi à Santiago, comme le prouve le tonnerre d'applaudissements dans la cabine. 
Je me suis toujours demandé pourquoi les gens applaudissaient. Est-ce que le commandant est réputé pour ses atterrissages médiocres et quand il en réussi un, on le félicite ? Est-ce que je vais devoir applaudir mon glacier préféré lorsqu'il va me concocter une glace molle dont il a le secret ? Et si on se plante, est-ce que les passagers vont huer le commandant ou juste pousser un dernier râle d'agonie… Tant de questions.

Douanes, récupération des bagages, un dernier passage au scanner pour vérifier si nous n'importons ni viande, ni miel, fruits, légumes ou animaux empaillés. Ils sont pointilleux avec ce genre de détails, et l'amende encourue est de 25 000$. Oui, US.

Juste après la douane, nous sommes gentiment sollicités par quelques chauffeurs de taxi, mais ayant pris les bons renseignements, je me dirige vers le kiosque Transvip.
Ce sont des mini-vans qui déposent les touristes directement devant l'adresse désirée. 
On peut payer en carte de crédit, le service est bon, il faut simplement attendre que d'autres passagers viennent remplir la voiture avant de partir.
Moins cher que le taxi, plus rapide et pratique que le bus, c'est le moyen idéal de rejoindre le centre-ville de la capitale chilienne.

Premières impressions, les gens roulent normalement. Presque personne ne klaxonne, tout le monde sait se servir d'un clignotant et ils respectent les lumières ainsi que les passages protégés pour les piétons. Avis aux conducteurs québécois…

Nous arrivons à notre adresse, mais le cerbère, assis derrière son comptoir ne veut pas s'occuper de nous. Il nous toise et ne fait aucun effort pour le moindre échange verbal. Je lui montre ma réservation, il n'en sait pas plus. Je lui demande s'il peut au moins appeler le numéro indiqué, mais c'est encore un NO catégorique. Il me montre un papier fixé sur son comptoir en faux marbre, où il est spécifié que ce n'est pas un hôtel et que ses services ne peuvent en ce cas être sollicités. Bonjour, j'avais le sourire, mais là, je l'ai perdu… Retour dans la rue.

Je traverse pour voir si dans le petit supermarché il y a des cartes SIM à vendre. Non, il faut aller plus loin. Je m'arrête chez le Chinois, il y a toujours un Chinois dans n'importe quelle ville. Il accepte de faire le numéro, qui ne répond pas. Ça commence à sentir mauvais cette histoire.
Nous revenons sur l'artère principale et, après renseignements, trouvons une boutique Claro, compagnie de téléphonie mobile.
La boutique va fermer ou est en train de s'ouvrir. En tout cas, il y a juste la toute petite porte ouverte dans le grand rideau de fer. Je laisse André garder nos sacs sur le trottoir et entre dans l'officine. Bon, il va maintenant falloir expliquer ce que je veux.

Finalement, j'ai une carte SIM dans mon téléphone débloqué, mais ça ne fonctionne pas. Nous tentons toutes les options de réglages, il y a toujours une alerte qui empêche le fonctionnement de mon cellulaire.
Pendant que le jeune geek s'occupe de mon appareil, je demande si sa copine peut appeler le numéro de mon contact.
Bonheur, ça répond ! Habla inglès ? No, habla espanol ou français. Double ration de bonheur !
Le jeune homme va nous attendre à la réception où il a donné ses consignes au cerbère.
Tiens et si on essayait une SIM dans le téléphone d'André ? Du premier coup, ça fonctionne, même si nous n'en avons plus un besoin urgent. Mais ça reste quand même un outil pratique.

Nous revenons sur nos pas, échangeons un sourire avec le gardien, qui nous dit de nous rendre au 25e étage, où nous devrions rencontrer notre logeur.
Francisco est très aimable, il parle français pour avoir vécu au Québec quelques années et nous laisse les clés de l'appartement après les consignes d'usage.
Il est plus de 16 heures, à peine le temps d'une grosse douche salvatrice et nous voilà en train de parcourir les rues du centre-ville.

Balades autour de la Plaza de Armas, puis devant le palais de la Moneda qui fut bombardé par les militaires à la botte de Pinochet et où le président Allende trouva la mort, on y reviendra. 

Stupéfaction devant les portions gigantesques de nourriture présentées en vitrine des restaurants, prise du pouls de cette ville relativement calme pour ses plus de 6 millions d'habitants.
Étrange d'arriver un samedi dans une ville que l'on ne connaît pas. La même expérience avait été vécue à notre arrivée à Colombo, un jour de fête nationale où tous les rideaux avaient été tirés et tous les commerces fermés.
Hé bien aujourd'hui, c'est presque pareil, même si tous les lieux publics sont extrêmement fréquentés par la population qui profite des spectacles de rue et de l'effervescence de ce début de week-end.

Kiosques de churros, jus pressés à l’énergie solaire, fontaines prises d'assaut par les enfants, mimes et statues humaines, drôlesse, mascottes de Mickey ou de Transformer, chariots d'épicerie transformés en stands de friture, gros gâteaux d'anniversaire vendus en portions, ça grouille de vie et d'exotisme.



Le hasard de notre faim nous poussera dans le bar Nacional où nous avalerons notre premier empenada au fromage, noyé d'une grosse bière pression.

Après quelques heures de marche, il est temps de revenir vers notre logement. La fatigue est en train de nous rattraper, mais nous ferons encore une halte au Clinton, une espèce de fast-food local qui s'est baptisé suite à une photo du président américain avec pour second plan leur petit boui-boui. Les sandwichs sont carrément colossaux, il nous faudra beaucoup de volonté pour terminer nos assiettes.

Il est temps de retrouver le confort de notre appartement et de préparer la journée du lendemain.

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