Mercredi 18 janvier – Refuge du Tricahue

Le petit-déjeuner, inclus avec notre chambre est rapidement avalé. Christian, le directeur de notre hôtel adore Frank Sinatra, et nous fait écouter des chansons sur son ordinateur pendant que ma carte de crédit fait disjoncter son système de paiement. Je payerais en liquide, et le bonhomme est trop sympathique pour que je discute le prix de la chambre, puisque nous n'avons pas eu accès à la piscine. Ah mon bon cœur...

Nous attrapons un collectivo sur le bord de la route et arrivons rapidement au terminal des bus. J’ai même le temps d’aller faire quelques emplettes au supermarché en face, avant de monter dans le bus de 11h30.

À 11h30, il n’y a pas de bus, pas plus qu’à midi comme c’était prévu. Je vais tirer les gros doigts du nez de l’employé de la compagnie et lui demande à quelle heure part le foutu bus pour Armerillo. Ah ben à 13h30, comme d’habitude mon cher monsieur, me répond une voix disproportionnée vue la taille du ballonné. 
Calvaire, on a plus de deux heures à attendre dans la fumée des pots d’échappement et des microparticules qui vont finir par nous donner la maladie.

Heureusement, l’animation continuelle d’une gare de bus est un spectacle dont on ne lasse pas. Ça va, ça vient, monte et descend des bus de luxe, une petite bagarre éclate au loin.

Le vendeur de charqui (viande de cheval séchée) qui tient kiosque à côté de nous, court d’une arrivée à l’autre. Des guitaristes montent pour pousser la chansonnette, des clowns donnent des représentations éclaires et font rire petits et grands. Des dames, au cou décoré d’un crucifix déposent des images saintes sur chaque passager en espérant vendre les faveurs de leur Dieu protecteur.

Mais, enfin, l’heure est venue de nous mettre en place. J'ai juste le temps de chercher deux completos, énormes pains à hot-dogs, rempli d'une saucisse, et recouvert de salade de tomate, de choucroute, guacamole et de beaucoup trop de mayo, que notre autobus arrive à quai.

C’est parti pour un peu plus de 1h45 de route de campagne en direction des montagnes.
Par contre, c’est la dernière fois que j’achète ce genre de nourriture dont la plupart des Chiliens raffolent. D’une part, c’est pas mal compliqué à manger dans un bus où il est interdit de manger, et puis ce n’est pas bon. Mais vraiment pas bon. Toute cette mayo qui dégouline le long de la barbe, pendant que le guacamole tente par tous les moyens de s'échapper entre les doigts, c'est un peu dégoûtant. 


Refugio del Tricahue... Je ne sais pas trop pourquoi j’ai choisi ce refuge comme prochaine destination. Je voulais aller faire un tour dans un parc national, me retrouver en pleine nature et décrocher des ondes Internet et de la course perpétuelle vers je ne sais où. 
Et puis, un commentaire, deux photos, m’ont convaincu d’envoyer un courriel à Dimitri, le proprio belge. Le prix de la chambre et l’absence de restos, feront du bien au budget qui commençait à s’affoler.

Après quelques kilomètres sur une route de graviers, nous sommes les derniers à descendre, pile en face du refuge. 
Dimitri nous accueille dans son domaine. Quelques cabanes perdues au fond d’un bois, bercé par un vent qui peine à rafraîchir l’atmosphère. Notre petite chambre est rustique et rudimentaire, n’oublions pas que nous sommes dans un refuge.

Nous avons bien fait de faire les courses avant de venir, car il n’y a vraiment rien autour. Perdus au bout du monde… Des airs de cabane en rondins au Colorado, ça sent la résine de pin et la chaleur des broussailles. J’espère que nous ne transporterons pas notre pyrofolie jusqu’ici, il serait compliqué de s’échapper d’un tel endroit.

Le dépaysement est déroutant. Ça ressemble à un paysage forestier de chez nous, sans les milliards de bestioles volantes et piquantes, et il fait une chaleur caniculaire en plein mois de janvier. Avec l'Asie, nous ne nous posions jamais la question de savoir où on était. Enfin, en tout cas, on voyait bien qu'on n'était pas chez nous, ni à rien de ressemblant. Mais ici, c’est assez déstabilisant.

Christophe, un Français en séjour depuis une semaine part avec sa canne à pêche. Nous profiterons rapidement de la très agréable petite piscine à l’eau de source et honorerons de notre présence les deux hamacs si parfaitement disposés sous de vénérables pins se berçant au vent.

Le pêcheur revient avec trois belles truites. Il a relâché les 25 autres qui lui paraissaient trop petites. Une rivière très poissonneuse passe juste sous la route, un bonheur de pêcheur. 

Il nous fera profiter d’une de ses prises qui agrémentera notre menu à base de pâtes sauce tomate.


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