Mercredi 11 janvier – Vomito à Valpo

Toute la nuit les toilettes ont été occupées par André qui s’est totalement vidé. J’ai moi aussi passé une très mauvaise nuit, de part les bruits inhumains qui venaient des toilettes et à cause mon état qui commence à se dégrader. Dommage, ils avaient bon goût ces empenadas…

La journée sera une longue litanie de soupirs et de souffles longs et rauques.
Nous avons quand même décidé d’aller faire un tour au petit port de pêche de Caleta Portales. Le micro 612, conduit par un forcené, sera le dernier clou de mon cercueil. De virages en épingle en freinage brusque, mon estomac se demande ce qu’il va bien pouvoir faire de ces amibes qui l’ont envahi. Finalement je ne serais pas malade, mais la fatigue que j’ai ressenti au réveil me hantera toute la journée.

Nous débarquons avec la plus grande célérité de ce sarcophage roulant et empruntons la passerelle qui surplombe la voie rapide. Les poissons fraîchement éviscérés, les poulpes et calamars visqueux, les mollusques plus gluants que jamais et le sol recouvert de jus de toute cette marée me lève le cœur. Heureusement, sur la jetée le vent du large souffle fort et fait disparaître les derniers relents de dégoût.


Sous le quai, des lions de mer pachydermiques se roulent dans les vagues et se repaissent des restants jetés par les pêcheurs. Des pélicans surveillent ce brouhaha du haut de leur rocher, tandis que des mouettes rieuses viennent voler les morceaux de poisson que les patauds mammifères n’ont pas réussi à attraper.

Il nous encore quelques forces pour revenir en marchant jusqu’à la ville. Une piste cyclable et piétonnière, coincée entre la voie de chemin de fer et le vaste océan, offre une très agréable promenade pour qui n’a pas le cœur au bord des lèvres.

Nous nous attardons quelques minutes pour savoir comment les lions de mer ont réussis à grimper sur ce bloc de béton où ils font bronzette, et beaucoup trop haut pour eux. Un mâle repousse un jeune à l’eau, celui-ci fait plusieurs fois le tour avant de s’expulser comme une torpille et grimper retrouver une place au soleil. Mais ça gargouille et baille fort, nous devons aller nous reposer.


Un grand centre commercial va me permettre d’acheter quelques pilules et gouttes pour soulager mon intérieur belliqueux, encore une fois, l’application Google traduction m’est d’une aide non négligeable.
...
C’est l’odeur très puissante de la fumée qui va nous tirer de notre sieste salvatrice. Déjà il y a quelques jours, un incendie majeur non loin de la ville, avait défrayé la chronique en détruisant plus de cent maisons. Alors quand ça sent le brûlé à Valpo, on s’inquiète. Dans un demi-sommeil je me suis entendu réfléchir et me dire que comme on était mercredi, c’était certainement un exercice de sirène d’alerte. Mais on est pas le premier mercredi du mois.
Bon, peut être un tremblement de terre ou je ne sais quelle autre catastrophe.
Finalement la fumée entrant par la fenêtre, suivie d’une petite bruine de cendre nous mettent la puce à l’oreille.

Dans le couloir, Stéphanie, la conjointe de Clément, nous confirme qu’il y a bien un incendie non loin. Nous ne nous faisons pas prier pour sortir et vérifier si les flammes sont menaçantes ou pas.
Finalement ça brûle au sommet d’une colline un peu au-dessus de notre hôtel. Le vent puissant a soufflé l’épaisse fumée vers nous et la lumière étrange jaunit tout le paysage.

Les camions de pompier roulent à toute vitesse vers le sinistre, suivis de près par les collectivos remplis de gens inquiets. Ça s’affole un peu et philosophe beaucoup.
Mais nous ne restons pas dans les parages, d’une parce qu’il n’y a rien à voir et puis on a assez respiré de boucane comme ça.


Nous descendons par le cerro Bellavista et son musée à ciel ouvert, circuit de fresques toutes plus belles les unes que les autres entre des maisons ancestrales. Cette colline n’a pas volé son nom, la vue y est vraiment belle et il n’y a aucun touriste dans les parages. La balade est très agréable, et après cette bonne sieste il est quand même temps d’aller manger un morceau. Inutile de préciser que le menu empenada est pour l’instant proscrit de notre régime alimentaire.

Un resto italien et ses pâtes à la tomate feront parfaitement l’affaire. Il nous reste à affronter les marches escarpées, déjà colonisées par des groupes d’amis, un peu punks, un peu saouls, mais très polis.

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