Dimanche 21 février – Yangon – Des pierres et des prières

Comme prévu, la chambre est bruyante, mais avec une bonne paire de bouchons dans le fond des oreilles, tout va bien. Il y a des chambres libres coté cour, mais là, j'ai installé ma corde à linge et les sacs sont éventrés. Le déménagement se fera un autre jour. 

Nous partons à la découverte de cette grande cité, ancienne capitale du pays. 
Yangon, Rangoun, Rangoon… La même ville aux noms différents. 

En 1753, le petit village de pêcheurs de Dagon est officiellement rebaptisé Yangon. 
En 1824, William Amherst, le neveu du traître Jeffery, ami du fourbe Wolfe, déclenche la première guerre anglo-birmane. Il s'empare de la ville et en profite pour la renommer Rangoon, probablement à cause d'une erreur de prononciation. 

Beaucoup de monde, notamment des Français continue de l'appeler Rangoun. Il y a toujours une polémique concernant les changements de noms de ce pays et de certaines de ses villes (Yangon/Rangoun, Bagan/Pagan, Pegu/Bago,) qui se nomme officiellement Myanma (prononcé à tort Myanmar). Mais j'y reviendrais plus en détail lors de mon bilan. 

En attendant, nous avons pour mission de trouver tous les objets incroyables que nous avons vus dans les marchés de Hsipaw, Kalaw ou Nyaung Shwe. Paniers en bambou, couteaux et machettes, paniers tressés, etc. 

Il y a un marché incontournable à Yangon, le Bogoyoke Aung San Market
Construit en 1926, il est aussi connu sous son nom de baptême de Scott Market.
Il abrite des centaines de boutiques où l'on est supposé trouver de tout. 

Au premier étage, il y a des dizaines de vendeurs de tissu au mètre. De toutes les couleurs, de tous les motifs imaginables, c'est le paradis de la couturière qui sommeille en chacun de nous. Mais, ce n'est pas ce que nous cherchons. 

Au rez-de-chaussée, les kiosques proposent souvenirs et antiquités plus ou moins originales. Outre les t-shirts et sacs à l'effigie de Aung Saun Suu Kyi, la Lady, on trouve des souvenirs plus ou moins de goût discutable. En tout cas, pas du nôtre. 

À l'intérieur de la bâtisse, on trouve beaucoup de marchands de bijoux, or, argent, dorures et pierres plus ou moins précieuses. N'étant pas un professionnel de la caillasse, je ne prendrais pas le risque de sortir ma carte de crédit en échange d'un rubis qui s’avérera un joli morceau de verre. De toute façon, moi, c'est un panier en bambou que je cherche !

Voltant, virevoltant, tournant, rebroussant chemin, tourbillonnant tels des feux follets, nous parcourons toutes les allées du marché. Et ne trouvons rien. 
Force est de constater que les objets de la vie quotidienne des Birmans ne se trouvent pas dans cet endroit très orienté vers le tourisme. Nous finirons quand même par tomber sur deux ou trois commerces dédiés aux tissages traditionnels et devrons nous maîtriser pour ne pas passer notre frustration dans l'achat des boutiques au complet. 
Pour résumer ces infructueuses recherches oh combien frustrantes : tu le vois, tu l'aimes, tu l'achètes... Tout de suite ! 

Nous faisons une pause riz frit et gras, dans un petit resto local et allons prendre quelques minutes de repos dans la fraîcheur de notre chambre, en attendant que la température excessive de nos corps baisse un peu. Il est à présent l'heure de prendre un taxi pour nous rendre à la fameuse Paya Shwedagon




L'histoire : la légende place la construction du zedi principal (stupa) il y a 2600 ans, les textes monastiques eux, parlent du 6e siècle avant J.C, et les archéologues, plus pragmatiques, estiment celle-ci entre le 6e et le 10e siècle de notre ère. 

En 1484, la pagode reçut en cadeau une cloche de bronze qui pesait presque 300 tonnes et, toujours considérée comme la plus grosse cloche du monde. 
En 1608, un mercenaire portugais la déroba pour la fondre et en faire des canons, mais lors de son transport sur la rivière Yangon, son poids brisa le bateau et elle disparut dans les flots, sous des mètres de boue. Toutes les recherches menées depuis ont échoué. 
Avis aux aventuriers... 

Le stupa est construit en brique, et recouvert de milliers de plaques d'or. De nombreux tremblements de terre, incendies, dégradations, et manœuvres militaires hasardeuses firent d'innombrables dégâts, mais toujours, il est reconstruit et embelli. 

© JT of jtdytravels
La couronne (hti) du zedi principal culmine à presque 100 mètres de hauteur. Quelque mille clochettes d'or et plus de 400 d'argent y sont accrochées. La girouette est ornée de pierres précieuses, et, tout en haut, une sphère d'or est incrustée de milliers de diamants et d'une émeraude. 




Trop loin pour être admirée, nous ne pouvons qu'en imaginer la magnificence. Mais l'essentiel de la richesse du site, ce sont ses visiteurs. C'est le site de pèlerinage le plus couru du pays, et de nombreux fidèles, et visiteurs étrangers viennent également l'admirer. 
Si les autres sites du pays acceptent les débardeurs et les shorts pour les hommes, ici, il faut s'habiller de façon plus conventionnelle. Le taxi nous dépose au pied d'un des grands escaliers situés aux quatre points cardinaux. 

L'entrée est facturée 8 000 K, et on nous demande 10 000 K de caution pour le prêt d'un longyi et d'une très jolie petite chemisette, en lin et coton du plus bel effet, pour couvrir les épaules nues. Un ascenseur nous monte sur la colline qui domine la ville de sa cinquantaine de mètres et nous pénétrons sur le site après avoir un peu joué des coudes à travers la foule impatiente et indisciplinée. 

WOW ! Alors là, on reste cois… La vision de cet immense stupa doré, posé au milieu d'un sol dallé de marbre, foulé par des centaines de pèlerins et touristes est tout simplement époustouflante. Nul besoin d'être un fervent bouddhiste, ou de croire en quoi que ce soit de mystique ou de religieux. 
Le site est sublime, ce qui s'en dégage est très fort. On vient ici pour prier, pour demander protection et bienfaits, mais aussi pour se reposer, trouver un peu de quiétude au milieu du tumulte citadin. On vient pour faire des photos, admirer et se retrouver. On vient pour regarder. Et il y a beaucoup à voir. 

Nous faisons le tour du zedi, passons la tête dans certain temples, entrons dans d'autres, sommes interpellés par des moines qui veulent des photos. Alors nous posons fièrement avec ces moines curieux et rigolards, qui selfisent plus vite que leurs ombres. 
Ici, le selfie est une vraie plaie que je ne supporte plus. 

En attendant, nous sommes arrivés au bout de notre premier tour et en entamons un deuxième. Les jours de la semaine sont représentés au pied du stupa géant, dans des autels planétaires. L'astrologie a une place prépondérante dans la vie quotidienne des Birmans, et beaucoup de décisions plus ou moins rationnelles ne se prennent qu'après la consultation d’astrologues. 

Il est de mise d'aller arroser le Bouddha représentant le jour de sa naissance avec quelques tasses d'eau. Moi, je suis né un lundi, ma planète est la lune et mon animal le tigre. 
C'est quand même mieux que le vendredi et son cochon d'Inde… 


  


Nous nous arrêtons de longues minutes à l'ombre d'un temple, discutons avec quelques moines, et pèlerins et avec une Américaine en croisière, qui en est à sa quatrième grande ville en quatre jours. Pas le temps de se reposer en vacances ! 

Le jour décline, les lumières s'allument, la fréquentation du site va en s'accroissant. On sent la ferveur monter avec les fumées des milliers de chandelles qui s'enflamment.

Tout autour du zedi, des petits lumignons à l'huile attendent une allumette charitable. 
Des groupes se forment, on donne des bouteilles d'eau, l'ambiance est festive. Des donateurs venus d'autres pays se regroupent pour offrir des bougies et des prières. 

Des moines sont accroupis devant les temples, au milieu de centaines de gens qui déambulent, et pourtant très loin de toute cette agitation, perdus dans leurs prières. 

Un photographe japonais s'installe et fait le ménage autour de lui. Il traite son assistant comme un esclave et lui claquant les doigts sous le nez. Tiens, et si je me plaçais juste devant pour faire une photo. Il fulmine, je lui fais mon plus beau sourire zen, je prends mon temps, il me fusille de son regard malveillant. 

Il fait maintenant nuit, et tout le site est plongé dans les ombres et lumières dorées. 
Le zedi est un phare au milieu d'un océan de ferveur, il y a du monde partout, l'atmosphère est magique. 

Ça fait un peu plus de trois heures que nous sommes ici, tout est passé si vite, mais il est temps de laisser les bouddhistes à leurs prières et d'aller rendre nos tenues à la consigne.

Le taxi mettra de longues minutes à s'extirper des embouteillages autour du lieu saint, mais le prix a été discuté avant, il peut bien prendre son temps. 
Nous lui demandons de nous déposer devant le Nilar Biryani, un restaurant indien qui se révélera un excellent choix. 
Les serveurs, un peu désœuvrés, traînent autour de leur téléphones portables. Mais c'est propre, le choix est vaste et tout le monde est très sympathique.

 



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Samedi 20 février – De Kintun à Yangon – Histoire de bus, et retour en ville

Toute la nuit, en-dessous de nos immenses fenêtres, un haut-parleur passe son temps à débiter des annonces. L'immense néon de la barre du T de Bawga Theiddhi éclaire la chambre à travers les rideaux, une nuit à noter dans les annales. 
Par contre, question literie, ils sont au top dans le bled. Un grand matelas ferme, qui ne couine pas, et où il est possible de sauter comme des fous dessus, ça valait presque le coup. 
Le petit-déjeuner est très basique, 3 toasts, 1 œuf frit, un peu de confiture, du faux beurre et 3 triangles de pastèque. Mais le serveur est tellement gentil et souriant, que nous lui ferons croire que nous avons passé le plus merveilleux des brunchs dominical de notre vie. 

Allez, il est temps de quitter la ferveur des masses de pèlerins et nous rendre au petit bureau où nous avons rendez-vous à 9h30 pour prendre une voiture qui nous descendra à Kyaikhtiyo pour le bus de 10 heures. 
À côté, chez Win Express, ça déménage. Les touristes embarquent directement dans le bus, les bagages sont ensoutés, tout le monde est organisé. 
Nous, on attend… 
Enfin, à 9h30, le jeune qui baragouine l'anglais nous fait signe que c'est notre tour. En fait de voiture, nous montons dans un bus tout pourri, qui va à Malwamine, via Kyaikhtiyo. Admettons. 

Avant de quitter Kinpun, le chauffeur fait le tour de tous les hôtels et guesthouses pour ramasser ses clients. Il est 10 heures quand nous quittons enfin le village. 
Aucune inquiétude, dit le jeune anglophile, le bus va vous attendre. 

Évidemment, le bus de 10 heures est déjà passé et n'a attendu personne. 
Nous prendrons le bus de 11 heures. 
Qui passera à 11 heures 30. 
Et s'arrêtera à 11 heures 38 pour la pause repas. 

Il est midi passé quand le chauffeur donne le signal du départ. Nos sièges sont confortables, il y a de la place pour les jambes et c'est climatisé. Mais ça ne dure pas. 

Vers 14 heures, nous faisons une nouvelle pause, et le chauffeur arrête le moteur et donc, la climatisation. Je ne sais pas s'il est au courant, mais il fait 39º à l'ombre et on commence à cuire là-dedans. Je décide de sortir du bus pour constater qu'on est en panne. 
Pourquoi se contenter de juste être en retard. 

On se disait aussi que ça sentait un peu l'essence depuis quelque temps. Alors, tout le monde s'y met, le chauffeur, son copilote, les passants, le chauffeur et l'assistant du bus derrière nous. 
L'essence gicle un peu sur tout le monde, ça coule par terre, un homme s'approche avec une cigarette, je m'éloigne. 
La plupart des passagers reste assis à leurs places dans la fournaise infernale de la grosse boite de conserve roulante. 
 Il faudra environ 30 minutes pour que tout soit réparé. Le mécano arrose abondamment le bloc-moteur avec des dizaines de litres d'eau savonneuse pour le nettoyer de toute l'essence qui y a coulé avant de redémarrer. 

Il est un peu plus de 15h30 lorsque nous arrivons enfin à la gare d'autobus de Aung Mingalar de Yangon. Qui se trouve à environ une heure de notre destination finale. 
Cette journée va-t-elle finalement avoir une conclusion ? 

Le rabatteur des taxis m'annonce 20 000 K pour deux personnes. Je le regarde en souriant et lui rétorque 8 000 K. Le ciel lui tombe sur la tête, je suis fou, c'est du vol, le baratin habituel… Alors, je fais mine de partir vers d'autres chauffeurs. Il me rattrape, me dit que c'est bon, je peux embarquer dans une voiture. Finalement c'est pas compliqué d'être raisonnable. 

Le trafic est dense, mais vraiment moins que ce à quoi je m'attendais. Le chauffeur ouvre de temps en temps sa portière pour lâcher un long filet de bave rouge, et évidemment ne connaît pas du tout l'adresse de l'endroit qu'il semblait pourtant si certain de trouver il y a 45 minutes. 
Il demande à un collègue tout aussi perdu, et moi, si je me fie à mon plan et à mon sens de l'orientation, nous ne devrions pas être loin. Il remonte la rue, et au loin, je vois la pancarte jaune et bleu, annonçant le Ocean Pearl Inn, notre toit pour ces trois nuits dans l'ancienne capitale. 
L'accueil est...citadin, la chambre climatisée, un peu petite pour le prix, et donnant sur la rue, mais nous sommes vraiment épuisés, nous voulons nous poser. Au pire si cette nuit est un enfer, on changera demain. 

Allez, on enfile nos gougounes de compétition et partons découvrir les alentours. 
En remontant la rue vers l'ouest, nous arrivons rapidement à l'un des points de repère les plus significatifs de ce coin sud-est de la ville, la Paya Sule

À coté, le grand parc Maha Bandoola, offre sa pelouse verte aux enfants et aux amoureux. Au fond, plein d'agrès et de jeux pour les bambins les remplissent de bonheur et de cris de joie. 

Affamés. nous cherchons un restaurant de nouilles indiqué dans notre guide. Les choses changent vite, et de restaurant, nous ne trouverons jamais la trace. Par contre dans la rue il y a une espèce de fast-food spécialisé dans la volaille. 
Un sérieux concurrent au Général Sanders, parce que ses burgers sont vraiment bons, ou alors le manque de nourriture industrielle nous joue des tours. 
Qu'importe, j'assume. Il fait frais, c'est généreux, et surtout ce qui est dans la boite ressemble vraiment à la photo de l'affiche. Tu peux te rhabiller Ronald l’incompétent ! 

Nous tentons de visiter la fameuse pagode Sule, on nous demande une obole de 3 000 K, mais mon porte-monnaie est aussi vide que le cerveau d'un partisan de Donald Trump. J'ai besoin d'un ATM, ça presse. 

Mais on verra ça demain, pour l'heure, le mieux que nous puissions envisager, est un retour à notre chambre pour y profiter de quelques heures de repos.

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Vendredi 19 février – Golden Rock'n roll !

Nous quittons le Galaxy en remerciant infiniment notre charmante hôtesse de son accueil formidable et du bon temps que nous avons passé à Hpa An. 
Un taxi affrété par ses soins nous emmène au bureau de la compagnie de bus qui doit nous conduire à Kyaikhtiyo, ville carrefour pour monter à Kinpun où se trouvent notre hôtel et le Rocher d'or. 

Le bus de 9h arrive à 9h30, jusque-là c'est normal. 
Nous jetons nos sacs dans la soute et montons trouver nos places. Le sol est entièrement recouvert de boites de canettes, ce qui ne laisse pas de place pour allonger les jambes. 
Un bus birman c'est déjà pas super confo... 

Nous nous arrêtons toutes les 3 minutes pour embarquer des passagers, il nous faudra presque 1 heure pour atteindre le pont à 10 minutes de la ville. 
Dans les hauts-parleurs, les prières bouddhistes lancinantes sont hurlées par un moine monotone. Après, nous aurons droit à quelques clips qui finissent toujours de façon dramatique, et l'olive dans le martini, un show d'humour, je crois, interprété par 10 jeunes hommes qui passent leur temps à s'arracher le micro, se taper sur la tête avec des plats en aluminium, se pousser et faire rire le public et les passagers. Enfin, les passagers locaux.

J'ai envie d'arracher mes jambes, je ne trouve plus de position acceptable, mon sac à dos plein d’électronique pèse sur mes cuisses. Je fais une tentative de méditation, mais les coups de klaxon rageurs du chauffeur me tirent régulièrement de ma contemplation.
Finalement, nous arrivons à destination à 12h30, surpris que ce soit déjà là, bonne surprise ! 

Nous négocions rapidement un taxi trop cher, mais exclusif, sinon il aurait fallu trouver les mini-bus qui font la liaison pour 500 K et qui ne partent qu'une fois pleins de passagers. 

À Kinpun, l'hôtel Bawga Theiddhi que j'ai pris la peine d'appeler il y a deux jours n'a pas ma réservation, il n'y a plus de chambres disponibles sinon à 55$ (oui, US). 
J'insiste, demande à voir le registre où peut être mon nom est mal écrit, mais la jeune fille confirme que je n'existe pas... 
Après moult tergiversations, coups de fil à un monsieur qui ne parle pas plus anglais, j'arrive à obtenir une chambre à 40$ (55 au début), mais sans salle de bains, sinon partagée sur le palier. 
Bon, au moins c'est propre, et la chambre est immense, mais donne sur la place centrale qui ne dormira jamais. 

Nous partons acheter le billet de bus vers Yangon pour le lendemain. 
Plus de place avant midi, dit le monsieur bougon en train de chiquer. Son jeune qui parle anglais, trouve deux places sur le bus de 10 heures, c'est réglé. 

Il est temps de monter à ce fameux Rocher d'or. Nous suivons les pèlerins et allons au grand hangar à côté de l'hôtel. Montons dans l'un de ces énormes camions où il reste deux places libres, poussés par des jeunes hommes aux yeux hallucinés. Maudit bétel ! 

Nous sommes une quarantaine, entassés à 6 ou 7 sur une petite banquette, semi-assis, avec l'impression d'être sur un manège, les genoux coincés dans la barre de métal du siège de devant. Chouette. 

Le camion part, et s'arrête 20 mètres plus loin pour 10 minutes. 

Enfin, nous attaquons la montagne. C'est sympa finalement, nous sommes à l'air libre, je lève les bras au ciel et hurle à chaque virage. 
Autour de nous, c'est la consternation, tout le monde nous regarde. Je baisse les bras et fais comme les autres, des oh et des ah plus retenus. 

Premier arrêt, un homme monte sur le camion, avec un gros bol d'offrandes en argent pour récolter des dons. Il explique à tout le monde que c'est pour le bien de la communauté, que la réfection de la route à coûté plus cher que prévu, qu'il faut refaire les peintures des temples, et que ses enfants aimeraient partir à Disneyland aux prochaines vacances. 
Tout le monde s'en tape, personne ne le regarde et nous repartons. 

Jusqu'au prochain arrêt où un monsieur monte sur le camion, avec un gros bol d'offrandes en argent pour récolter des dons, etc. 

Quelques virages serrés, descentes à fond pour attaquer la prochaine côte, et nous nous arrêtons devant une boutique/bar/boui-boui. 
Un monsieur monte sur le camion avec un bol d'offrande en argent… 
Une grosse dame vend des boissons hors de prix sans succès. Le chauffeur éteint le moteur, quitte son volant et part s'installer à une table pour siroter une boisson fraîche en fumant quelques cigarettes. 
Il fait très chaud, personne ne bronche. Je finis par me lever pour soulager mes genoux mis à rude épreuve depuis ce matin. 

Vingt minutes plus tard, le chauffeur claque sa portière et nous repartons. Jusqu'au prochain arrêt, où un monsieur monte sur le camion avec un bol… C'est une .stie de mauvaise blague cette promenade ! 

Ah, maintenant, on s'arrête pour que l'assistant comptable du chauffeur puisse récolter les sommes dues par les passagers, 2 500 K par personne pour ce voyage. 

Enfin, nous attaquons la vraie montagne, le paysage forestier est très beau, le vent fait voler les casquettes et assèche nos t-shirts trempés de tant d'attentes. À chaque virage, j'écrase un peu plus la dame à côté de moi. Elle n'avait qu'à me laisser la place sur le bord au lieu de sortir pour me faire entrer au milieu. 

Et voilà, après 1 heure de route, mais surtout d'attentes, nous arrivons à destination. Il nous faut maintenant marcher quelques centaines de mètres jusqu'au poste de péage réservé aux touristes seulement, où nous nous acquittons de la dîme de 6 000 K exigée, en échange d'un badge en papier suspendu à un joli ruban bleu, et une carte imprimée du fameux rocher. 

Des porteurs, chargés comme des mules, nous dépassent en trottinant, d'autres, croulent sous le poids de leur chaise à porteurs. De riches Chinois sont confortablement perchés sur leurs épaules et font des signes de la main comme notre bonne Reine. Beurk. 

L'histoire : il y a 2484 ans, en janvier, Nathalie et Nathan, surnommés les deux Nats, étaient un peu désœuvrés. Leur statut d'esprits sacrés dans le culte bouddhiste avait beau les placer sur un piédestal, il n'en demeurait pas moins que le temps leur était long. 
Alors, ils choisirent un beau gros caillou et un bouquet d'églantines, se les glissèrent sous le bras et partirent siffler en haut de la colline. 
Mais, le rocher de 6 mètres de diamètre est instable. Alors, Nat a une idée et s'en va chercher un cheveu du Patron. 
Il est d'ailleurs étonnant de trouver autant de cheveux du Saint Homme un peu partout sur les sites sacrés alors qu'il avait le crâne rasé. 
Le cheveu fut placé sous le rocher qui, depuis ce jour, ne bougea plus d'un poil. Il devint l'un des principaux lieux de culte pour les bouddhistes birmans. 

Enfin le voilà, le fameux Rocher. Enfin, ce que l'on en devine… 
Le département "peintures et réfection" a décidé que c'était aujourd'hui qu'il allait installer un grand échafaudage en bambou tout autour du gros caillou. 

La LEM nous poursuit depuis ce matin, c'est donc la suite logique. Un peu comme la loi de Murphy, ''Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera nécessairement mal'', la Loi de l'Emmerdement Maximum est juste la suite d'un tas de petits problèmes qui donne un mauvais goût à une journée. 

Donc, le Rocher est ceint de bambous, mais ça lui donne aussi un petit cachet que peu de gens auront la chance d'admirer. Nous en faisons le tour, prenons quelques photos, nous étonnons encore une fois des nombreuses interdictions faites aux femmes et visitons le reste du site. 

Beaucoup de pèlerins se pressent autour du roc sacré. Ils y appliquent des feuilles d'or et se recueillent avec beaucoup de ferveur. Tout autour, les ouvriers s,activent et montent une structure incroyable en bambou. Ça n'a pas l'air comme ça, mais c'est sacrément solide. Enfin j'espère, il y a des gens suspendus au-dessus du vide.

La vue est sublime sur les montagnes alentours, nous culminons à 1200 mètres d'altitude et le soleil commence doucement à décliner. 

Nous repartons vers les camions, le dernier bus pour les étrangers est à 18 heures, je ne sais pas pourquoi nous avons droit à un traitement de faveur. 

Nous montons dans le camion qui commence à se remplir, je m’approprie d'autorité une place au fond et sur le côté, et personne ne trouve à y redire. Sûrement que mon non-verbal est hurlant.

Et là… Nous attendons. Le camion est plein, les places à côté du chauffeur sont occupées, mais nous attendons. Au bout de 20 minutes, c'est enfin le départ, le soleil frôle les cimes des montagnes. 
La descente est rapide, très rapide même, mais à mi-parcours, c'est le même cirque. Nous nous arrêtons pour que l'assistant grimpe et récolte encore une fois 2 500 K par personne. 
Là par contre il semblerait que les locaux ne payent pas du tout la même somme que nous. Qu'importe, finalement, il ne s'agit que de 2,50$. 

Les questions que nous nous sommes posées : 

  • Pourquoi ne pas vendre des billets à coupons détachables pour l'aller et le retour dans un kiosque au départ du village ? 
  • Pourquoi le camion doit-il s'arrêter deux fois à chaque voyage pour verser une somme à des péages ? 
  • Pourquoi passer de longues minutes à attendre pendant que le chauffeur grille son mégot ? 
  • Pourquoi ne pas partir quand le camion est plein ? 
  • Pourquoi, pourquoi… Mystère birman. 
En tout cas, c'est mal organisé en s'il vous plaît ! 

N'ayant plus beaucoup de forces physiques et mentales à perdre ce soir, nous remontons dans notre chambre, allons prendre une douche et finirons par être les seuls clients dans la salle à manger. Bizarre pour un hôtel dont toutes les chambres sont occupées… 

Conclusion de cette journée : si j'avais su comment se passerait cette escapade au Rocher d'or, nous serions restés une journée de plus à Hpa An et partis directement à Yangon.

Clique donc !

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Jeudi 18 février – Hpa An en liberté

Ce matin, le Chef nous gâte avec un bol de dhal aux épices et des papadums. 
En fait, on peut en avoir autant qu'on veut, et tout ça se termine avec des tranches de pastèque et de papaye. J'adore la papaye ! 

Nous avons réservé un scooter à l'hôtel et prenons rapidement la route, enduits de crème solaire et de nos casquettes. La journée promet d'être égale à toutes les autres : chaleureuse. 

Le but de la journée est de revisiter les sites qui nous avons les plus appréciés hier, mais à notre rythme, et sans les excellentes blagues de Dietrich. 

Suivant les indications un peu brouillonnes de notre plan reçu au Galaxy, nous nous dirigeons vers l'est où nous espérons retrouver la grotte de Kaw Ka Thaung, mais surtout sa fameuse piscine naturelle. 
Cette fois-ci, c'est décidé, je veux m'y baigner. 

Finalement, ce n'est pas très compliqué de s'orienter, il n'y a pas tant de routes où nous pourrions nous perdre. Sur la carte, les noms des sites sont aussi inscrits en birman, ça facilite les échanges avec les locaux. 
D'ailleurs, ici tout le monde connaît ces endroits, on ne risque pas de se perdre. 

Après quelques hésitations, nous trouvons le site où aucun touriste n'est encore arrivé. Seuls quelques locaux trempent dans l'eau. 
J'essaye de trouver l'entrée de la grotte submergée dont on parle dans les guides, mais j'ai beau faire le tour et fouiller sous chaque caillou, je ne trouve vraiment rien. 

Tant pis, allons boire un verre dans cette petite gargote qui offre une très belle vue sur les rizières. Nous nous installons au fond de la terrasse et commandons quelque chose à boire. 
Dans le silence de la campagne, nous entendons des voix sur la terrasse voisine et nous rendons compte que ce sont Pascale et Jacques, le couple de Français que nous avions rencontré à Nyaung Shwe et retrouvé à Bago. 
Nous les rejoignons pour discuter un peu. Ils sont descendus directement à Mawlamyine, mais trouvant l'endroit sans grand intérêt, ils en sont vite repartis. Eux aussi font le tour des sites, juchés sur un scooter et découvrent en trois jours les quelques grottes qui font la beauté de Hpa An. 
Ils nous parlent de leur programme de visite, et je leur conseille la fameuse grotte des chauves-souris pour clore leur journée. Nul doute que nous allons nous recroiser. 

Après notre verre et ayant profité de cet heureux paysage, Jacques et moi allons nous baigner dans cette piscine aux eaux claires. Une expérience que je recommande fortement pour tout visiteur de cet endroit. L'eau est vraiment propre et fraîche, c'est un vrai plaisir de se tremper dans cette oasis, alors que le soleil plombe la campagne environnante. 
De plus, ça amuse beaucoup les Birmans de voir de pâles occidentaux se baigner en maillot de bain. Ici, même les hommes restent habillés pour se tremper. 
Par contre j'ai quand même conservé mon short, le petit maillot échancré ça va bien sur une plage thaïlandaise, mais je me suis gardé une petite gêne. 

En partant, nous traversons le petit pont, vers le village de Lakkana, qui surplombe les rizières. Une mobylette chargée comme un camion africain, zigzag dangereusement sur la passerelle en béton. 

Au bout, nous tournons à droite et retrouvons Pascale et Jacques qui étaient partis un peu avant nous. Nous allons retraverser les rizières vers la route principale, mais cette fois-ci, le pont est un simple ruban de béton posé sur des piles de briques. 
C'est très étroit, la seule option est de ne pas tomber. Même si ce n'est pas très haut, il sera quasiment impossible de sortir le scooter des rizières inondées et vaseuses. 
Il faut conserver une bonne vitesse pour rester stable. 

Jacques a déposé Pascale au début du pont et s'en va tout seul. Nous partons un peu après Pascale, mais comme je suis obligé de rouler à une certaine vitesse pour ne perdre l’équilibre, nous l'obligeons à courir. J'aurais pu attendre un peu… 
Bon, on est partis et comme je ne compte pas finir cette journée dans les boues polluées des marais rizicoles, je continue donc sur ma lancée. Finalement tout se passe bien, nous arrivons sains et saufs au bout de ces longs mètres très étroits, et un peu angoissants. Pascale est essoufflée d'avoir tant couru, j'ai un tout petit peu honte de moi… 

De l'autre côté, un touriste s'approche du passage, le regarde, et décide sagement de faire demi-tour. 

Dans la montagne, un surplomb abrite un Bouddha couché que tout le monde semble avoir oublié. La montée est rude pour le scooter, mais le reste l'est tout autant pour nos jambes. 
Il n'y a ici rien de spécial si ce n'est une très belle vue sur la plaine en contrebas. Et puis il y a un peu d'ombre… 

Parce qu'il est bientôt l'heure de manger et que je pense savoir où nous sommes, je me dirige vers le Waterfall village. Sur place, il y a pas mal de touristes qui prennent la même pause que nous, hier. 
Le petit garçon qui aide au service est complètement perdu. La langue est un gros frein à la communication, peu de gens parlent correctement anglais, et certains touristes ont des questions qui dépassent la compréhension. 
Quand on voyage, et que la communication verbale est un handicap, il faut rester basique dans ses demandes. Pour manger rapidement et sans complication, il vaut mieux apprendre un ou deux plats qu'on aime et qui sont faciles à faire dans n'importe quelle gargote. Le riz frit est LE grand classique de tout voyage en Asie. Après il faut savoir comment le prononcer… 

Les bassins sont occupés par plein de jeunes, principalement des garçons, et l'ambiance est très festive. Au milieu du tumulte, quelques femmes font un brin de lessive. Autant profiter de cette eau claire, habituellement ça se passe dans des rus relativement glauques.  

Nous continuons la route vers le temple Kyauk Ka Latt pour profiter d'un bon jus de canne et faire quelques photos. Les longues cannes noires sont nettoyées au couteau, lavées à l'eau que je suppose être non filtrée, puis coupées en longueurs égales. 
Le monsieur démarre le moteur pétaradant de sa presse et introduit le bout de bois qui regorge de vesou. Ben oui, c'est comme ça qu'on appelle le jus de la canne. 

Les moulins crantés écrasent les fibres, et une quantité non-négligeable de jus en sort. Il plie la canne et la repasse 3 à 4 fois dans la presse pour en extraire jusqu'à la dernière goutte de cette boisson un peu verdâtre et très sucrée. 
Il filtre ensuite le jus à travers un tissu fin pour en retirer les impuretés avant de remplir des verres presque propres. 
Sa femme sort un gros morceau de glace d'une boite en polystyrène et, en quelques coups de masse en extrait de gros glaçons qu'elle ajoute dans le verre. Allez, je suis certain que c'est de la bonne eau qu'ils utilisent pour fabriquer cette glace. Hein ? 
C'est vraiment bon, et plein de bonnes oligo-choses pour notre anatomie. Reste à savoir si la glace est comestible. 

Reprenant le guidon, nous nous dandinons sur la selle noire devenu plaque de cuisson, et retrouvons la route. Au loin, une musique très forte parvient à nos oreilles. C'est dingue, ici la musique est soit inexistante, soit poussée au maximum du volume. 
D'ailleurs, nous croiserons souvent des espèces de disco-mobiles complètement improbables. Sur un tout petit tracteur, format tondeuse à pelouse, un jeune est perché sur une montagne de hauts-parleurs. 

J'ai juste le temps de dégainer mon appareil photo pour immortaliser cette drôle de vision. Lui, accroché à son énorme système de son est mort de rire en nous voyant éberlués par l'incroyable attelage. 

Nous traversons la rivière Salouen et prenons la direction de la grotte Yathaypyan
La route traverse de grandes rizières dont le vert tendre est un pansement pour la rétine. 
Tout est calme et serein, seuls quelques épouvantails volent au vent. 
L'approche de cette grotte est toujours aussi majestueuse. En fait non, elle l'est encore plus.  

Hier, nous étions arrivés en tuk-tuk, et la vision à travers les maigres interstices du plastique servant de toit au véhicule ne permettait pas de jouir de la vue comme nous pouvons le faire aujourd'hui. Alors on écarquille les yeux et on respire à fond ! 

Nous traversons les salles obscures pour aller directement à l'ouverture qui offre un point de vue exceptionnel sur les environs. Il n'y a personne, tout est d'un calme olympien et nous profitons de longues minutes de solitude pour nous imprégner de ce paysage si beau.

Au loin, un homme repique ses pousses de riz. Il est seul au monde dans cette immensité aquatique. Quelques aigrettes viennent piquer de petits poissons à travers la surface argentée. Et nous restons assis, profitant de toute cette quiétude. 

Tranquillement, l'après-midi tire à sa fin. Cette dernière journée à Hpa An est une pure réussite et nous regrettons presque de partir ailleurs. Mais le voyage continue et nous avons encore quelques petites choses à voir avant de quitter ce magnifique pays. Nous nous arrachons à notre rêverie pour nous diriger vers la grotte des chauves-souris. 

Mais il est encore un peu tôt pour faire le pied de grue devant l'ouverture nauséabonde de leur refuge. Et, comme ce voyage est extrêmement bien organisé, nous tombons sur une grande pancarte barrée d'un grand Thai Village
Au bout du chemin en terre, quelques huttes en bambou recouvertes de feuilles de cocotier n'attendent que notre passage. 
Une petite fille s'amuse à se faire peur en nous regardant. C'est très drôle, et ses frères en profitent pour se moquer d'elle. Un petit peu. 

Le propriétaire nous parle et nous demande de bien conseiller son resto sur TripAdvisor, ah les progrès de la technologie ! 
La discussion s'oriente sur le passé du pays. En fait de passé, on parle d'avant-hier, lorsque les militaires avaient la mainmise sur la vie de tous les citoyens. 
Il nous explique que la communication était impossible. Même entre eux, les Birmans ne pouvaient pas avoir de nouvelles. Les téléphones étaient hors de prix et les cellulaires inexistants. 
De toute façon, le moindre allusion litigieuse ou une discussion politique était quasi immédiatement sanctionnée par la visite de la police. Et je ne suis pas certain que c'était de simples visites de courtoisie. 

Les espoirs sont grands en ce moment, un nouveau président va être élu dans moins d'un mois. Le premier président civil, démocratiquement élu depuis plus de cinquante ans de domination militaire. Il y a encore tant à faire, à reconstruire, mais les Birmans sont patients et rien ne pourra leur enlever le sourire et la joie de vivre. 

Nous leur souhaitons tout le bonheur auquel ils aspirent, et quittons ce charmant monsieur, qui visiblement a fait un effort pour parler aussi librement. Ce n'est pas parce que ça va un peu mieux depuis un ou deux ans, que le passé tumultueux s'oublie aussi rapidement. 

Nous remontons vers le nord, passons sous le pont et garons notre engin près du monastère qui annonce la fameuse grotte des chauves-souris. 
À peine installés sous le premier stupa, un peu en contrebas de la sombre ouverture qui pue toujours autant, les touristes commencent à arriver. 

Une jeune indigène un peu lente du ciboulot s'amuse à déchirer les feuilles du livre de son petit frère qui a l'air de trouver ça drôle. 
Ensuite, elle nous jette des feuilles d'une branche en dansant sur un pied et tente de nous faire lécher les contacts d'une vieille batterie de voiture. Devant notre désintérêt poli, mais ferme, elle finit par jeter le gros bout de plastique plein de produits chimiques dans la forêt et s'en va en rigolant, vers d'autres aventures et insectes à écraser. 

Pascale et Jacques arrivent et s'installent avec nous pour le grand spectacle. Nous en profitons pour nous donner rendez-vous afin d'aller manger ensemble dans la soirée. 
Mais en attendant, c'est de nouveau le festival du Chiroptère en folie ! 

Je rassure nos voisins francophones en leur disant que malgré leur impression, ce n'est qu'une pause, et que les autres millions de bestioles vont suivre sous peu. Les rapaces veillent patiemment dans le bleu du ciel, le repas sera bientôt servi. 

Après les agapes des uns et des autres, nous prenons la route du retour vers Hpa An. 
La route qui longe la rivière et passe entre les rizières est à présent plongée dans l'obscurité. Et ce ne sera le petit phare timide de ma mob' qui va m'aider à y voir plus clair. Pour ajouter un peu de difficulté à l'épreuve, tous les insectes de la Création se sont donnés rendez-vous. Impossible de garder les yeux ouverts, je dois naviguer à l'estime en restant concentré le plus possible sur cette route, où tout le monde a décidé de rouler comme des fous. 

Heureusement, je traîne plusieurs années de pratique de deux-roues et arriverais à nous ramener sains et saufs à destination. 

Plus tard en soirée nous allons chercher Pascale et Jacques avec qui nous partageons un dernier repas au San Ma Tau Myanmar où l'on sert d'excellents currys, toujours accompagnés de sauces plus ou moins identifiables au goût très prononcé et au parfum de vieille crevette un peu pourrie.

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