Mercredi 3 février - Hsipaw – Des rizières et des mâchoires

La carte de Hsipaw
Dernier jour à Hsipaw, nous partons ce soir avec l'autobus de 19 heures pour Bagan, mais en attendant, il faut meubler cette journée.

Comme prévu, Internet ne fonctionne toujours pas. Si le signal est toujours en train de tourner un peu partout, il n'arrive pas à accrocher sur mon ordinateur. Pas de nouvelle publication aujourd'hui, mais au moins je reste loin de toutes ces informations déprimantes. 

Après un solide petit-déjeuner, nous chaussons nos souliers devenus si poussiéreux qu'ils ont maintenant la même couleur beige, et partons découvrir un nouveau chemin aux alentours de la ville. 

Sur les conseils de la carte de notre hôtesse, nous prenons la direction de la fabrique de nouilles et bifurquons à gauche. Au bout de dix minutes, le chemin s'arrête net devant une étendue de rizières. 
Nous comprendrons un peu plus tard qu'il eu fallut marcher sur les margelles qui séparent les petites parcelles pour pouvoir gagner la route de l'autre côté. 
Mais nous décidons de suivre les rails jusqu'à atteindre la petite gare. 

Contrairement au Sri Lanka, ici le train est plus cher, moins confortable et beaucoup plus lent que les autobus. Il faut compter pas moins de 11 heures pour venir de Mandalay alors qu'il en faut environ cinq en autobus. 
Après la gare, nous prenons le chemin des rizières en compagnie de quelques paysans et de vaches allant paître. Finalement, après avoir pataugé dans des bourbiers douteux, nous montons en direction de la route, bien décidés à quitter ce labyrinthe dans lequel nous tournons depuis une demie-heure. 

Des mâchoires un peu partout sur le sol et des cochons, vivants mais pas fiers, nous font comprendre que nous sommes arrivés directement à l'abattoir communal. 
Une grande dalle de béton recouverte de sang et une odeur répugnante indescriptible confirment nos doutes. 
C'est immonde, physiquement impossible de traverser cette scène d'horreur. Nous faisons demi-tour et passons à travers des tas de plumes qui nous informent cette fois-ci que nous sommes dans le rayon volaille. Beurk, je n'en peux plus il faut vraiment sortir de ces lieux très vite. 

Un peu en aval de toute cette horreur, quelques cahutes où vivent des humains, et où des enfants jouent avec le liquide qui coule dans les ruisseaux. 

Nous retrouvons la grand' route avec beaucoup de plaisir. La fumée noire des échappements des camions, les klaxons de tout le monde et la circulation cacophonique sont des soulagements imprévus. 

Nous passons devant un temple décoré d'une mini-reproduction du célèbre rocher d'or, et qui possède un original Bouddha debout, la main tendue vers la ville. Genre Super Bouddha prêt à voler au secours de la veuve et de l'orphelin...

Il est temps de manger un morceau et nous nous arrêtons devant une terrasse bien remplie qui nous indique que cet endroit est populaire. C'est un restaurant de currys, il suffit de préciser quel type on désire, poulet, porc ou légumes et en quelques secondes la table se remplit de multitude de petits plats. Si la bassine de riz est très facilement reconnaissable, j'ai des doutes sur tous les autres mets. 

Il y a un bol de sauce rouge avec des morceaux de petits poissons, une verte pleine de piments ou jaune avec des fèves ou du maïs. 
Il y a un gros bol de matières végétales vertes qui sent et qui goûte extrêmement mauvais. Par contre, son poulet en sauce à l'huile n'est vraiment pas mauvais et dans l'ensemble, il y a deux ou trois plats qui sont mangeables. C'est vraiment un resto local, nous avons un peu de mal à saisir toutes les subtilités de cette nourriture très grasse. 

Nous reprenons nos esprits et allons faire un tour au marché. Les légumes sont frais et originaux, on trouve beaucoup de crosnes qui ressemblent à des gros vers, et beaucoup d'autres que nous n'avons jamais vus.
Nous partons faire une pause santé au Yuan Yuan, ça au moins, on sait que c'est plein de bons fruits. Et puis, tout le monde est si sympa dans ce petit boui-boui. 

Il nous reste encore 5 heures à tuer que nous ne voulons pas passer dans l'entrée de l'hôtel. Nous remontons en ville et prenons la direction de la succursale grand luxe de Mr. Charles, le River View Lodge. Au bout de 10 minutes de marche à travers un village relativement propre, le petit mini-bus de notre guesthouse arrive et la propriétaire nous propose de nous emmener. Excellente idée, faisons nous cahoter sur ce chemin caillouteux, ça nous mettra dans le bain pour ce soir. 

River View lodge
Le site est superbe, loin de tout, au bord de la rivière. Il n'y a aucun bruit de circulation, seuls les chants des oiseaux troublent le bruissement de l'air dans les feuilles. Les bungalows sont magnifiques, la salle de restaurant est invitante, c'est propre, confortable, luxueux. Et trop cher… 
Mais nous avons le privilège de rencontrer et de serrer la main du célèbre et unique Monsieur Charles, dont les filles tiennent de main de maîtresse femme la pension créée en 1994, l'hôtel mitoyen, et ce lodge qui lui ne date que d'un an. 
Nous visitons une chambre dans laquelle nous aimerions nous poser pour quelques jours loin du tumulte, mais notre budget est un peu plus serré que son prix de 70$, il nous faut donc partir. 

La balade de retour prend environ 45 minutes. Nous traversons des villages endormis et, surprise, propres ! Je suis certain que le bon monsieur Charles a tapé du poing sur la table pour que les habitants fassent quelques efforts sur la route de son lodge. Du coup tout doit partir dans la rivière… 
Un nouvel arrêt au Yuan Yuan s'impose. Nous allons finir par l'avoir notre carte Privilège ! Retour à l'hôtel, pause sur la terrasse, tentative de connexion internet, échecs multiples. Nous discutons avec un couple de Français tourdumondiste. Ils sont partis il y a 4 mois, sacs sur le dos. Une belle aventure. 

Allez, il est temps pour nous aussi de quitter ces lieux pour d'autres horizons. Une dernière douche, un riz aux bourgeons de thés marinés et nous montons dans le pick-up qui nous emmène à la compagnie d'autobus pour Bagan. 
Ils n'attendaient que nous pour quitter la ville. Dans la soute où sont déposés nos sacs, il y a 2 scooters et un tas d'autres marchandises qui seront débarquées au fur et à mesure du trajet. 
Un monsieur un peu trop accro au bétel est assis à nos places et se fait déménager par le jeune contrôleur. Il nous jette un regard mauvais, tente de négocier, mais les numéros des places sont inscrits sur les billets, il devra partir au fond, non sans nous lancer quelques malédictions shan. 

Il est 18h40, en avance de 20 minutes sur l'horaire prévu, nous quittons Hsipaw en direction de la plaine. Une longue nuit, 370 kilomètres, et de trop nombreux virages nous attendent.

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Mardi 2 février – Hsipaw – où l'on voit des vaches manger du plastique, et des dames marcher sur des légumes

Ce matin, en attendant que le soleil chasse la brume, après avoir dévoré la moitié du buffet de l'hôtel et bu un excellent café sur la terrasse du Pontoon, nous prenons nos bâtons de pèlerin et entamons une longue journée de trek. 
Enfin, quelques heures suffiront...

Après avoir franchi un pont en bois branlant, nous quittons la route principale et nous réfugions dans le calme d'un sentier qui longe le petit Rio Crado qui se jette dans la Myitnge

Entre les maisons en teck sur pilotis où chacun vaque à ses occupations, le chemin sablonneux se faufile. Les gens nous disent bonjour, les mamans préviennent les enfants que nous arrivons, et aussitôt, ce sont des sourires et des saluts de la main. 

Il n'y aucun touriste, aucune voiture, juste des champs, des rizières tout juste récoltées, des petits jardins et quelques paysans. 
Du maïs orange sèche dans les cours, on entend les aubergines pousser, c'est d'un calme olympien. 
Le chemin déroule ses kilomètres et nos chaussures, jaunes de poussière enchaînent les pas. Nous ne savons pas du tout où nous allons, mais nous continuons à marcher, trop heureux d'échapper à la circulation routière. 

Un jeune garçon perché sur un vélo d'adulte zigzag en face de nous, sur la rivière, des bateaux filent comme des fusées, une école résonne des leçons lancinantes des enfants, une vraie vie de petit village.

Finalement, au bout de plus d'une heure, nous croisons la voie de chemin de fer. Je décide de la prendre dans l'autre sens, ce qui devrait nous ramener en une longue boucle vers un embranchement indiqué sur le plan. 
La très longue ligne droite des rails ondulés nous permettra de voir si un train arrive, de toute façon, ils ne doivent avoir importé le TGV, on aura le temps de se pousser si une locomotive montre le bout de sa cheminée. 

Par contre, marcher sur des traverses inégales et à moitié rongées n'est pas chose aisée. Si on ne veut pas finir avec une cheville à 45º, il vaut mieux oublier la contemplation du paysage et se concentrer sur chaque pas posé entre les rails. 

De temps en temps, une pause permet d'admirer l'agencement des rizières et le paysage qui nous entoure. 

Des paysans entassent des chaumes en de jolies huttes au milieu des champs, un autre termine de labourer sa parcelle avec un motoculteur-tank, le temps s'étire à l'infini. 
Enfin, nous arrivons à nouveau sur la route et reprenons le chemin fait la veille à vélo. Il est largement l'heure de se poser devant un plat de nouilles ou de riz, et le jardin extraordinaire de Miss Popcorn n'est plus qu'à quelques minutes de marche. 
Nous lui commandons deux jus et deux plats, mais l'incorrigible vieille dame refuse obstinément de noter les commandes. 
Donc, elle les oublie, ce qui la fait rire, et nous aussi. Nous la rassurons en lui disant que nous avons le temps et que ce n'est pas grave. Finalement, au bout de deux ou trois confirmations de nos plats, nous les voyons arriver, et ils sont délicieux. 

Cette pause pourrait se prolonger jusqu'au soir, mais nous avons encore un peu de marche à faire pour mériter le titre de trekkeurs. 
Sur la route du retour, nous croisons des myriades d'enfants qui sortent des écoles, certains plus hardis viennent nous serrer la main et nous demande nos noms et d'où nous venons. 
Un concert de cloches nous signale qu'un troupeau est bientôt en vue, et nous attendons l'arrivée des bêtes. Ce ne sont pas loin d'une vingtaine de vaches folles qui nous foncent dessus, il faut dire que nous sommes exactement sur la petite sente qu'elles empruntent chaque jour. Nous avons juste le temps de faire deux pas de côté pour qu'elles puissent accéder à la rivière, où elles feront leurs besoins dans la même eau où les gens font leurs ablutions et lavent leur linge. 

De leurs mufles baveux, elles fouillent les détritus à la recherche de je ne sais quel trésor. Elles s'abreuvent, se délectent, s'encornent un peu et, à l'appel du vacher, remontent sur les berges. Une ou deux récalcitrantes se prendront un caillou bien placé entre les cornes dans un toc bien sonore. 


Plus loin, une odeur caractéristique nous fait entrer dans une petite cour où des dames, bottées de caoutchouc, piétinent dans de grosses bassines en bambou doublées de plastique. Celle que nous pensons être la responsable, brasse un tas de légumes coupés en gros morceaux sur une bâche avec une fourche, et remplit les bacs où les piétineuses tournent en rond, les mains dans le dos. 

De temps en temps, elles sèment de larges poignées de gros sel sur la mixture et des filaments de racines. À côté, des préparations sont en train de macérer, j'ai l'impression que c'est la fabrication de la choucroute locale que j'ai sous mes yeux. En fait, elles sont en train de confectionner du kimchi, ces fameux légumes lacto-fermentés que nous avons déjà mangé accompagné d'une soupe. Et c'est très bon. 

Leur voisin fait tourner son moulin à farine en y vidant des sacs de maïs, dans la cour de la maison d'à côté on tisse des fibres de bambous pour en faire des chapeaux et un peu plus loin se sont des sacs qui sont fabriqués. De l'artisanat, on ne peut plus local. 

Encore un peu d'organisation, et cette petite ville pourra faire des affaires en or avec les touristes. 

En attendant, ce serait bien que les gens se sentent aussi concernés par la propreté et l'environnement de ces endroits merveilleux. Je sais que l'environnement, le recyclage, la gestion des déchets sont des soucis de pays riches et développés, mais visuellement, il me semble que ça gâche un peu...
Il ne faut pas se le cacher, c'est vraiment crade. 
C'est le royaume du petit sachet en plastique. Des vendeurs ambulants offrent des tas de petits sacs remplis de nourriture, de soupes, de sauces diverses. Les cours d'eau servent d'égouts à ciel ouvert, les berges sont recouvertes de déchets de toute sorte. 
Partout, il y a du plastique, des sachets par millions, des sacs de semences abandonnés dans les champs, des bouteilles d'eau. Il n'y a absolument aucune conscience environnementale. Aussitôt utilisé, le petit sachet où il y avait de la nourriture est jeté par terre. 

Les bouteilles d'eau forment de hautes pyramides qui sont régulièrement brûlées, dégageant une épaisse fumée noire et une odeur nauséabonde. Il y a bien quelques endroits où les gens peuvent déposer leurs ordures, mais un trou, à la base du conteneur en béton fait tomber les celles-ci directement dans la rivière en dessous. 

Il y a encore tout à faire ici, beaucoup, énormément de boulot, attend les personnes qui vont entreprendre cette croisade.

Devant notre cantine à jus, un monsieur finit d'accrocher son scooter sur le toit de sa voiture. Un bébé est stocké dans un grand panier en bambou pendant que sa maman fait tourner le commerce. Des gamins de dix ans transportent leurs grands-mères sur le scooter familial...

En voyage, on voit des choses, comme à la télé, mais ici elles sont vraies.

   


Lundi 1er février – Hsipaw – Des beaux mollets sur les chemins de poussière

Le royaume des sacs en plastique
Ce matin, nous déclinons encore une fois les offres de trekking et profitons du petit-déjeuner gargantuesque offert par l'hôtel. 
Des œufs, des crêpes, des toasts, des fruits, soupe, nouilles et riz, il y en a pour tous les goûts, et de quoi tenir de longues heures. 

Dès que le soleil a chassé la brume matinale, nous partons sur les chemins à bicyclette. 
Houla, ça fait longtemps que je suis pas monté sur un vélo ! Surtout un vélo comme ça… Selle au maximum de sa hauteur, mais genoux dans le menton, pas de vitesse et gros panier devant le guidon qui aide à l'équilibre générale de l'ensemble… 
Mais le dicton dit vrai, une fois appris, jamais oublié.

Nous allons donc nous balader dans les environs de la ville, à travers quelques villages Shan, et avec comme objectif, des sources d'eau chaude.
On ne lâche pas le morceau, des vrais pitbull de la cascade et des geysers. 

Nous visitons le temple des Gardiens de la ville, où se mêlent statues de tigres effrayants, éléphants, Bouddha, et autres divinités. 
Une jeune fille protège son scooter en faisant vrombir le moteur et en émettant des séries de trois coups de klaxon. Peut-être cherche t-elle la protection de son klaxon aussi. 

Chacun ici va prier et déposer des offrandes devant la divinité qui va lui offrir le maximum de protection. L'encens fume un peu partout, les tigres ont des bananes dans la gueule, les chandelles forment des flaques de cire, c'est très paisible et vivant. 

Nous remontons sur nos biclous et continuons notre chemin. Pas bien longtemps, puisque nous tombons sur le fameux jardin de Miss Popcorn
Une vieille dame qui tient un petit café/resto, dans un agréable jardin et qui perd un peu la tête et ses commandes entre les tables. Ses jus sont frais et ses chaises confortables. 
C'est un bel endroit pour passer un peu de temps avant de reprendre la route. 

Nous continuons notre pérégrination, mais juste après madame Maïs Soufflé, un monastère nous ouvre ses portes. En fait, les portes des temples et monastères sont toujours ouvertes à qui veut bien se déchausser et respecter les lieux. 
Nous n'y croisons jamais personne, je me demande bien où sont les 500 000 moines du pays. 

La particularité de ce temple (et du suivant) est d'abriter une très vieille statue de Bouddha en bambou recouverte de feuilles d'or. 
Les lieux sont frais et agréables, le visage serein du saint homme appelle à la méditation, mais nous avons encore un peu de route si nous voulons tremper nos corps meurtris par tant d'efforts dans cette fameuse source. 

Je me fie au plan dessiné à la main, et, à l'école, je décide de prendre à droite, sur ce qui me semble être la route la plus logique. 
La longue route semble ne pas finir. Évidemment, aucun panneau ou signe de piste ne confirme la direction. Nous nous arrêtons demander notre chemin à deux gentes dames qui tiennent commerce et qui, devant nos mines asséchées nous offrent un verre d'eau. 
Nous le buvons par politesse, tout en espérant qu'elles aussi, ont dans l'arrière-boutique une de ces grosses bonbonnes d'eau potable comme on en voit partout. 
Lorsque je demande où se trouvent les sources, elles me font signe de faire demi-tour et de tourner quelque part à droite. Je le savais, il fallait bien aller tout droit il y a 20 minutes…

Nous retournons donc à la fourche et, pour plus de sécurité redemandons aux deux messieurs qui pétunent, tout en crachant rouge dans la poussière. Ils regardent la carte, lisent l'inscription en birman, et me font un signe clair d'aller dans la direction par laquelle je viens juste d'arriver. Évidemment… 
Les prochaines sources d'eau chaude, toutes les prochaines, sortiront du pommeau de la douche de ma salle de bains. 

Je profite de cet arrêt en face d'une école très bruyante, pour aller voir la maîtresse et lui donner une poignée de stylos. Elle est super contente, me remercie infiniment pour mon geste, me serre la main et m'envoie presque des bisous. Les enfants regardent par les fenêtres, me font des gros sourires et des signes de la main. Je crois que je n'aurais pas assez de ce mois en Birmanie pour m'habituer à tant de gentillesse spontanée. 



Nous roulons un peu au hasard des sentiers, croisons des dames qui se lavent dans le joli ruisseau bordé de détritus, faisons des sourires à deux vaches qui pataugent dans la fange et saluons les gamins qui viennent de sortir de l'école. 
Nous repartons en direction de la ville et faisons notre pause journalière au Yuan Yuan. Même avec plein de rhum dans le shake, c'est le même prix. Aubergiste, une autre pina colada ! 

En discutant avec les deux gentilles globe-trotteuses françaises croisées ce matin au petit-déjeuner, nous apprenons que la fabrique de nouilles est juste au bout du chemin de l'auberge. 
Nos cocktails avalés, et un peu feeling, nous reprenons le guidon et allons par-delà la voie toute démantibulée du chemin de fer. 

Tout un tas de nouilles de riz sont en train de sécher sur des supports en bambou au gré de la brise poussiéreuse. Un jeune homme vient chercher quelques bâtons, et nous fait signe de le suivre dans la fabrique. 
Une sacrée organisation artisanale s'offre à nos yeux. 

Dans la pénombre et la vapeur, six personnes se concentrent sur leurs taches respectives. Une dame sépare les nouilles et les passe à sa collègue qui les pèsent rapidement. 
Un jeune homme les prend, forme un tas homogène et le dépose sur une machine à vapeur. Le chanteur du groupe ferme un couvercle recouvert de linge sur le tas de nouilles qui ramollit. Il tape fort dessus avant de les passer sous une presse pour les plier en deux et de les transmettre à son pote qui les plient encore une fois en paquets identiques. 
C'est la doyenne qui ferme ce ballet infernal en attrapant les paquets chauds pour les écraser sous une petite presse et leur donner leur forme définitive. 
Pour terminer, un petit voyou local récupère ces paquets et les empilent sur une bâche un peu poussiéreuse, dans le courant d'air d'un ventilateur pour les faire sécher. Rien d'hygiénique, ni de très sécuritaire, mais ça fonctionne. 
Et, foi de gourmand, ces nouilles sont exquises dans une soupe ou en salade avec des tranches poulet et une bonne sauce à la tomate et piments. 



Nous remercions toutes ces belles personnes, si concentrées sur leur tâche qu'ils ne nous voient même plus et revenons déposer nos vélos à l'hôtel. Je réussis à organiser la suite de notre voyage en réservant deux billets dans un bus qui fait le trajet directement de Hsipaw à Bagan. 

Il part à 19 heures et arrive le lendemain aux alentours de 6 heures. Je pensais qu'il fallait impérativement s'arrêter à Mandalay pour changer de bus, voire y passer la nuit à cause des horaires. Mais non, il y a bien un chauffeur qui va se taper 11 heures de route avec des passagers, pour faire les 375 kilomètres qui nous séparent de Nyaung U. 
Et nous, pendant ce temps-là, on va essayer de dormir... 

En attendant, le soleil quitte le pays. 
La poussière devient complètement visible dans les rayons des phares des rares véhicules qui en possèdent, mais nous irons quand même manger chez ce Chinois assez peu affable, qui fait une excellente cuisine, dont une salade de nouilles Shan au poulet.


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Dimanche 31 janvier – Hsipaw – Les fous du volant

Ce matin, j'ai pris la décision de louer un scooter. Après avoir relu ma journée d'hier, je me dis que c'est vraiment une idée étrange. 

Il fait encore frais jusque vers 10 heures, la journée débute tranquillement sur notre balcon face à une école où les élèves répètent leurs leçons en une psalmodie lancinante et interminable. 
Ils commencent tôt, vers 6 heures du matin et finissent bien après le coucher du soleil. Je trouve ça original et beau, à en oublier de rédiger toutes les journées qui manquent encore à mon journal de voyage. 
Mais au bout de 2 heures, c'est devenu envahissant. D'ailleurs, plusieurs messages dans notre guesthouse s'excusent de la gêne occasionnée par ces deux écoles privées qui viennent de s'installer. 

Qu'importe, notre journée ne se passera pas sur notre balcon, la route nous attend. 
Nous nous rendons au petit restaurant non loin de notre chambre, qui est aussi loueur de mobs. Il demande trop cher pour ce que c'est, mais on dirait que les prix ne sont pas négociables. 
Bon, je sortirais donc 12$ pour cette petite 125 sans rétroviseurs et que le patron s'est empressé de vider de son essence. Il n'y a aucun casque à la bonne taille, la plupart ne s'attachent pas, il y a plus de poussière que de mousse, et de toute façon, ils sont optionnels. 

Allez, zou, direction la route de Mandalay, et les sources d'eau chaude qui nous attendent quelque part. 
Nous passerons le péage sans payer, astuce que nous indiquent quelques motards véreux, roulerons sur une route en assez mauvais état, serons doublés par des camions tonitruants et crachant noir, en direction de sources d'eau chaude. 

Les paysages sont grandioses et les gens croisés égaux à eux-mêmes, souriants et serviables. Aussitôt que nous demandons notre chemin, carte avec inscription birmane à l'appui, ils se feront un devoir de nous indiquer la route à suivre. 
Qui ne sera jamais la même d'une personne à l'autre. 
Nous ne trouverons jamais les sources d'eau chaude… 

En redescendant vers la plaine, nous remarquons des gens arrêtés près d'un stupa. Ce doit être un très beau point de vue du haut de cette dernière falaise, je décide de m'y arrêter moi aussi. 
En fait, nous comprenons rapidement que ce n'est pas du tout un point de vue, mais que dans ce virage très serré un terrible accident s'est produit il y a peu de temps. 
Un promontoire, un gros arbre avec un tronc très abîmé, beaucoup de branches brisées, presque 20 mètres de vide, et, tout au fond, des tôles éparpillées, un morceau de voiture. 

Nous imaginons parfaitement ce qui s'est passé. Vitesse excessive, perte de contrôle, tremplin sur la butte en terre, percute le tronc d'arbre et chute. Je ne veux pas penser au bus qui nous ramènera à Mandalay dans quelques jours… 

Nous regagnons donc les terres planes et trouvons enfin un point remarquable, le gros temple la Paya Bawgyo, où nous devons tourner vers le village des faiseurs de sel. Mais d'abord, c'est frichti.  
Pas de vrai resto, nous sommes à l'entrée du temple et trouvons une gargote sans carte, sans personne avec qui échanger deux mots et sans savoir ce qui est au menu du chef ce midi. 
Dans ces cas-là, rien de plus simple et efficace que de rentrer dans l'espace ''cuisine'' et de désigner ce que l'on aimerait déguster. Je précise que nous sommes végétariens (dans le doute…) en faisant un signe négatif vers le bout de bidoche qui pend au bout d'un crochet rouillé. 

Nous aurons droit à une soupe exquise, dans laquelle baigne des nouilles shan et des légumes, tout ceci accompagné de légumes marinés et d'une grosse bouteille d'eau. Le monsieur qui vient de finir de broyer quelques branches de canne à sucre me propose un verre. C'est excellent !
Il est temps de passer à la caisse… 
1700 kyats ! 1,70 $. Pour deux ! Je pense que nous venons de battre le record de tous les temps en terme de repas économique. Ce soir, on se paye la traite pour 6 piasses ! 

Nous reprenons la route vers ce fameux village des salins, mais nous ne trouvons pas. Normal. 
En faisant une énième fois demi-tour, nous voyons des bassins remplis d'eau et des paniers de sel. C'était donc ça. 
Deux jeunes femmes qui lavent leur linge dans le tourbillon mousseux d'un ruisseau trouble nous font signe que c'est bien ici et que nous pouvons laisser notre pétrolette dans le coin de ce grand banian. 
Aussitôt l'engin stationné, deux bambins se jettent littéralement sur moi et me font un câlin de première classe. 

Ils voient arriver André qui est monté à pied, courent vers lui, lui sautent dans les bras et se collent contre lui. 
C'est complètement délirant et d'une beauté sans nom. De l'amour à l'état pur, des enfants comme ça, j'aurais aimé en voir plus souvent. 
Ils posent pour la photo, et s'en retournent à leurs jeux de chérubins, bâton et eau. Un classique… 

Nous partons visiter les salins, mais on dirait que c'est le jour de repos du centre d’interprétation. Il n'y a personne, si ce n'est une jeune maman et son nourrisson, qui seront très heureux de poser pour la postérité. 

Des bassins creusés dans le sol sont recouverts de toiles en plastique noir. Remplis d'eau, on distingue une fine couche de fleur de sel à la surface, mais je doute qu'il y ait un marché pour ce produit. La priorité doit se trouver ailleurs que dans un petit pot de luxe dont on saupoudre généreusement les plats de nos riches tables. 
En attendant, il n'y a toujours personne pour nous inviter à visionner le diaporama de cet établissement... Je me demande encore comment est fait ce sel. Est-ce de l'eau salée, un mélange de terre qui décante, le mystère restera entier. 

Nous reprenons la route, non sans avoir envoyé la main et des bisous à nos jeunes fans, et nous dirigeons vers une cascade d'eau. 

Les cascades ont toujours été des légendes dans nos voyages. 
Lorsque nous finissions par la trouver, ce qui était rarissime, elle était immanquablement à sec. C'est donc sans trop d'attentes que nous suivons le chemin au bout duquel est supposé se trouver cette fameuse Nam Tok. Le Thaï et le Shan sont des langues relativement similaires, nam tok veut bien dire cascade dans les deux pays. 

Nous sommes précédés par une horde de moines à scooter, qui nous font de grands sourires et confirment que c'est la bonne direction. 
Nous faisons comme eux, stationnons notre engin à côté des leurs, puis, les suivons sur la piste qui serpente entre les petites parcelles de maïs et de bananiers. 

Et voilà la fameuse cascade, deux filets d'eau qui tombe d'une belle hauteur, il y fait frais et les seuls touristes, c'est nous. 
Évidemment nous sommes en saison sèche et j'imagine que le débit doit être beaucoup plus important lorsque les pluies torrentielles noient le ciel. 

Une petite grimpette me permet de passer derrière la cascade, où j'en profite pour glisser sur les rochers moussus et me vautrer comme un sac dans la boue et les cailloux. Heureusement, mon appareil photo est intact, mes lunettes aussi. Il n'y a que mon amour-propre qui vient de prendre une grosse claque. Par chance, j'étais encore invisible de mon public. 

Sur le chemin du retour vers Hsipaw, nous trouvons facilement la route qui monte à un point de vue identifié par un globe. Effectivement, un peu en dessous d'un temple, une statue de Bouddha est assise sur un énorme globe terrestre qui domine toute la vallée. 
La vue y est très belle, et encore une fois, deux petites filles, nous font des beaux bonjours en prenant la pose comme les stars qu'elles ont vues à la télé. 

Croisant quelques énormes semi-remorques chargés de centaines de cartons de pastèques, nous nous dirigeons vers notre dernière étape, Sunset Hill
Suivant les recommandations de notre hôtesse, c'est vraiment un endroit à ne pas manquer, il serait malvenu de ne pas suivre ses conseils. 

Un peu après le pont qui surplombe la rivière Myitnge, nous bifurquons à droite et attaquons l'abrupte côte qui mène au sommet de la colline. 
Ah, je crois que je vais rendre la monnaie de sa pièce à mon vampire à essence. Si je me fie aux hoquets de la pétrolette, mon réservoir est presque vide. Je pourrais descendre en roue libre et finir le dernier kilomètre en mode économie. Il n'aura même pas besoin de siphonner son réservoir pour son prochain client. 

En attendant, nous sommes subjugués par la vue sublime qui s'étale à nos pieds. 
Debout sur un muret du temple, nous admirons l'étendue de la petite capitale de l'état Shan, les reflets mordorés du soleil sur le miroir de la rivière et les montagnes embrumées. 

Le ciel est doré, il y a toutes sortes de nuances pastel, du bleu au rose, parsemé d'un peu d'or, le tout enrobé des ombres vert foncé des forêts et des prairies. C'est un instant magique. 

Nous ne verrons pas le soleil se coucher, de toute façon le spectacle était parfait. Et puis, rouler quand il fait jour est dangereux, alors lorsque la nuit tombe, il vaut mieux être arrivé à destination. 

Nous finissons l'après-midi chez Mr. Shake, au Yuan Yuan, le célèbre et unique bar à jus de la ville. Un très beau monsieur se charge de passer au blender tous les fruits frais de saison pour faire des shakes complètement parfaits. Avocat, orange, pastèque, citron, ananas, avec ou sans alcool, il suffit de demander ou de se fier au menu collé au mur pour avoir un plein verre de jus frais antioxydant, détoxifiant, vitaminé, anticancéreux, alouette, ah ah ah.

À 1 000 K le jus, c'est une affaire qui roule du tonnerre, c'est toujours plein. 
Je m'imagine ce que ça pourrait être avec un peu d'aménagement, de nettoyage et de décoration.


  


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Samedi 30 janvier – de Mandalay à Hsipaw - Le bus, c'est exotique !

4h15, oui, du matin. 
Le réveil me tire d'un rêve délicieux, mais quitter Mandalay pour Hsipaw se mérite. 

Comme prévu, nous sommes à la réception à 4h45 pour prendre notre taxi vers la station des bus. Notre chauffeur dort encore, mais finira de se réveiller en conduisant. Finalement, il ne nous emmène pas à la station des bus, mais au bureau de la compagnie, qui est encore fermée. 
Aucune inquiétude de la part de notre chauffeur, il n'est que 5 heures et nous partons à 6. 
 À 5h15, je lui demande quand même de passer un petit coup de fil pour savoir si c'est bien ici qu'il faut attendre. 
Il ne voit pas de numéro de téléphone, fouille sur mon ticket et me montre le numéro à appeler. Je n'ai pas de téléphone, puisque le Samsung acheté à Chiang Mai ne fonctionne pas, et de toute façon c'est écrit en birman… 
Lui, il a oublié ses lunettes et n'y voit rien. Une chance qu'il dormait encore en conduisant. Je lui prête les miennes, mais ça ne l'aide pas, et il arrête une dame dans la rue. 
Enfin, il réveille quelqu'un qui lui dit que le transfert ne devrait pas tarder, et de ne pas nous inquiéter. 
Il me fait un grand sourire, me serre la main, me souhaite bonne chance et repart vers ses draps encore chauds. 

Nous attendons encore quelques minutes avant de voir s'ouvrir la grille. Pas plus de réponses à nos regards interrogateurs de la part du jeune homme endormi, mais, à ce moment là, un gros camion arrive. 
Deux jeunes gaillards chargent des tas de paquets que l'on imagine très lourds dans le bahut. Au bout de 10 minutes, ils nous font signe de monter à côté de la cargaison, c'était donc ça notre transfert. 

Assis sur des bancs en bois, en face de gros sacs de glutamate monosodique, nous affrontons le vent frais du petit matin, avant d'arriver à la minuscule station de bus de la compagnie. On nous fait signe de patienter quelques minutes, puis un employé charge nos sacs dans la soute et nous fait entrer à l'abri de la cabine. 

Nous avons les sièges A1 et A2, juste derrière le chauffeur. La place idéale pour voir tout ce qui va se passer sur la route. Chouette ! 
À six heures pétantes, le bus chargé de 8 passagers dont deux Canadiens, prend la route en direction du nord. Le copilote insère un DVD dans le lecteur, et nous avons droit à une vidéo qui tourne en bouche, sur les temples majeurs du pays. C'est très mal filmé, il y a autant de neige sur l'écran que dans le pare-brise d'un chauffeur de truck de la Baie James, et les prières bouddhistes agrémentent ce magnifique petit film promotionnel. 

Frustré d'avoir quitté mon rêve, j'installe mes écouteurs, m’enfouis sous ma capuche et cherche à retrouver ce que j'ai quitté il y a si peu de temps. Je m'endors pendant les deux heures les plus intenses du voyage parait-il. Dire que j'ai raté ça. 
Finalement, je retrouve mes esprits un peu avant le premier arrêt. Une cantine sert des plats chauds, mais j'ai oublié mon argent dans le bus fermé à clé. Nous en seront quittes pour attendre dans le froid et le ventre vide. 

Pendant ce temps, à grands coups de jet d'eau glaciale, les chauffeurs arrosent leurs freins qui fument et sifflent comme des cocottes sous pression, la vapeur enveloppe les camions et autobus. 
Après une demie-heure, nous reprenons la route. 

Dans un col, toute une file de camion attend. Nous ne pouvons pas nous croiser, alors deux policiers y vont à coups de sifflets et de radio, pour organiser la circulation. C'est raide, les chauffeurs sont prudents au risque de trouver un raccourci fatal.
Je trouvais notre chauffeur pas mal fancy d'avoir amené son shake rouge cerise. Tiens, ce gars-là est prévoyant et plutôt grano, ça change des chauffeurs dopés au Red Bull, au M150 ou autre boisson énergisante. 
Il s'est préparé un shake au nom poétique du genre Wake up Sweet Driver, ou Happy Morning, Welcome to the sun, un truc du genre… 

Mais force est de constater que la petite bouteille se remplit plus vite qu’elle ne se vide, et ceci, à chaque fois qu'il se met un paquet de feuilles en bouche. Bon, la bouteille est remplie de crachats, c'est le summum du dégueu. 
Mais si ça le tient en éveil et concentré, qu'il la remplisse sa canisse ! J'éviterais simplement de regarder sans arrêt ce qu'il fait avec. 

La voisine d'André fait exactement la même chose, mais n'ayant pas encore vidée sa bouteille d'eau, elle utilise le petit sac noir à vomito. Une chance que je ne suis pas sensible dans les transports, sinon je lui aurais rempli moi son sac à gerbe ! 

Nous ferons une autre petite pause pipi (et vomi pour quelques dames) avant d'arriver à Hsipaw en à peine 5 heures 30. 
Finalement, la conduite de ce pays, comme dans beaucoup d'autres où le code de la route est une invention démoniaque, fonctionne avec ses propres règles. 
Le clignotant ne veut pas nécessairement dire qu'on va changer de direction, le klaxon ne veut pas non plus dire quelque chose de précis, c'est un avertissement pour doubler, se faire doubler, s'arrêter, prévenir qu'on arrive ou faire peur aux chiens couchés trop proche de la chaussée. 

Par contre, je suis très content que le copilote soit devenu la norme, c'est une chouette avancée pour la sécurité routière. 

Dès notre arrivée dans le bourg, nous apprécions le calme relatif qui y règne. Nous sommes attendus par deux jeunes gens qui prennent nos sacs et nous font monter dans le véhicule qui va nous emmener chez Mr. Charles, notre guesthouse. 

Enfin, nous voilà à bon port. Le fameux Royaume Shan, pays des gens de montagnes, rudes paysans et fiers guerriers. 
Originaires du sud de la Chine, ils fondèrent le royaume en 94 avant J.-C., et eurent beaucoup d'influence sur le pays. Persécutés par la junte militaire, contre laquelle ils s'opposèrent, ils résistèrent avec une armée de 10 000 hommes. 
C'est aussi l'état le plus grand du pays. Voilà pour la toute petite histoire… 

L'accueil est chaleureux, le chic hôtel n'est pas pour nous, nous serons logés juste à coté, à la guesthouse. 

Nous profiterons de notre arrivée quasi-matinale pour visiter le bourg. 

Le marché est authentique, les taches rouges décorent les trottoirs et les rues poussiéreuses, les sourires sont toujours très présents et les gens, généreux de mingalabar (le bonjour local) et de signes de main. 

Un essaim rose de jolies petites nonnes coiffées de leurs chapeaux coniques, parcoure les ruelles à la quête de nourriture.

Le soir, fatigués et encore étourdis de tous ces virages, nous ferons une tentative de découverte du Hsipaw nocturne. 

C'est très nocturne, aucune lumière ne vient percer les ténèbres envahies de poussière soulevée par les véhicules. 
Il est dangereux de se promener sur le bord du chemin habillé tout en noir, nous ferons rapidement demi-tour pour rentrer à l'hôtel et mangerons sur place.

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