Vendredi 4 mars – Avoir 40 ans à Koh Chang

Joyeux anniversaire ma coquerelle !
Après avoir traîné un peu sur Internet qui fonctionne enfin, nous prenons la route vers le nord de l'île. Hélas, le ciel se couvre et l'orage menace. 
Nous faisons demi-tour pour récupérer nos superbes manteaux de pluie qui nous avaient valu tant de regards amusés et fiers au terme de notre périple nordique.

Il commence tranquillement à pleuvoir, mais jusque-là tout va bien.
Ça ne dure pas, les gouttes deviennent rapidement de petits missiles qui s'abattent sur nous. Il pleut à verse, c'est un vrai déluge. 
La route se transforme en fleuve, la montagne déverse son trop-plein de liquide, c'est hallucinant. Mais je ne veux pas m'arrêter, ça a l'air encore plus dangereux.

Des voitures sont bloquées au bas des côtes, la route est devenue une patinoire recouverte d'eau et de limon. Impossible pour ces gros pick-up de grimper, les roues patinent et tournent dans le vide.
De mon côté, je garde une vitesse raisonnable pour dépasser tout le monde et surtout ne pas me vautrer comme un hippopotame saoul. 
Les deux pieds tremblotant d'incertitude, je garde le cap, mais sous mon casque, je n'en mène vraiment pas large.

Heureusement, la route redevient raisonnable le long des plages, le ciel s’éclaircit et le soleil commence à sécher le bitume, qui par endroit s'est transformé en lac fangeux.

Nous trouvons une boulangerie dont les tablettes débordent de très appétissantes viennoiseries. On ne sait laquelle choisir, alors on va en prendre plus que de raison.
Le service est particulièrement désagréable, le serveur se prend pour la reine de l'île et nous toise du haut de son mètre 40. Alors nous entrons dans son jeu, on va bien voir qui est la plus bitch du pays mon cher !

Ayant gagné cette manche, nous prenons la poudre d'escampette non sans avoir lancé un dernier regard hautain dans sa direction. Le soleil est revenu pour transformer le paysage en sauna au grand air. Inutile de préciser que le facteur humidité est à son apogée. 



Nous reprenons la route enfin sèche vers le sud et le ponton de Bang Bao. Juste à coté une petite plage nous permet de nous détendre un peu avant de remonter sur notre selle en direction du nord. 
Aucune route ne fait le tour complet de l'île. Tout au sud, elle s’arrête net au cœur de la brousse, et reprend quelques kilomètres plus loin au sortir d'une forêt inextricablement dense.

Passé les plages et hôtels classes, bars et discothèques, restos branchés et clientèle huppée, nous arrivons dans les bras grands ouverts d'un officier de police au regard perçant et sans empathie


Ici, le panneau indiquant l'obligation de porter un casque est scrupuleusement officiel et son absence est sanctionnée par des contrôles policiers aléatoires. Ce sont donc les aléas de la vie qui nous jettent tout droit dans l'impressionnant barrage dont il est illusoire de tenter d'éviter. Je sais, j'ai essayé...
Les cheveux au vent, les casques accrochés au guidon, nous nous acquittons de notre dette et obtenons en échange un reçu dûment tamponné des armes du royaume.
Tout le monde se fait arrêter, locaux et touristes, et si la contravention n'est pas excessive, nous porterons désormais nos casques, même si, après des années d'utilisation et des centaines de têtes de tailles différentes, ils ne sont qu'un leurre en cas d'accident.

J'ai choisi un restaurant réputé pour ses poissons et autres produits de la mer. Il est situé peu après l'embarcadère des ferrys et est fortement recommandé par plusieurs voyageurs.
C'est aussi une pisciculture, ici le poisson ne peut être que frais et parfaitement cuit. 
J'ai très hâte de savourer mon ''j'ai pas compris son nom'' grillé, et André ses frétillantes crevettes.
Installés sur la jetée, nous profitons de la vue et de la chaleur torride qui nous enveloppe. La charmante dame des lieux nous apporte nos plats. Surpriiiiiise !
Mon poisson frit dont le ventre regorge d'ail est trop cuit, les crevettes sortent du congélateur, mais le sourire et la gentillesse de la dame, ainsi que ses bières bien fraîches, nous font oublier ce léger désagrément. De toute façon qu'allons-nous y faire si ce n'est en rire. 
En dessous de notre table, les poissons vivants se régaleront des restants de leur congénère, l'eau bouillonne sous le quai, il était donc là notre menu.

Le repas du soir ne sera pas plus exceptionnel, même si le cadre de ce bel hôtel est romantique. 


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