Lundi 29 février – On se gratte à Koh Kood

Joyeux anniversaires les bissextileux !

Je crois que nous cherchons la dernière cascade.
Je crois, parce que je dois me fier à mes photos pour la suite de notre voyage. J'ai quelque peu abandonné mon blog, découragé par le réseau internet birman qui ne m'aidait pas à faire des recherches, publier ou effectuer des corrections en ligne, et aussi parce que mon emploi du temps est pas mal chargé.
Le retour à la réalité montréalaise sera également un facteur aggravant de mon inaction épistolaire. C'est une autre histoire…

Ladite cascade est jolie, le site très sympathique, mais sérieusement faudrait vraiment arrêter ce délire de cascade en saison sèche, ça n'a aucun sens.
Ah, je viens de remarquer que mon objectif ne fonctionne pas. Si le zoom est fonctionnel, c'est la mise au point qui ne l'est plus. Je savais bien que ce tiers de gramme de morceau de plastique cassé allait me jouer des tours.

Ce qui est certain par contre, c'est que nous avons trouvé une superbe plage presque déserte que nous fréquenterons assidûment.
Hélas, les plus beaux endroits peuvent également réserver de bien mauvaises surprises. L'éclat opalin de ce sable cache en son sein un piège qui nous a déjà coûté quelques désagréments.
Il y a deux ans, au Sri Lanka, j'étais persuadé qu'il s'agissait de la puce de sable, Talitrus saltator. Mais après quelques recherches, il s'avère que cette bestiole ne pique pas, et se contente de se repaître d'algues en décomposition.

En vérité, l'ennemi suprême est la fameuse mouche de sable, que nos voisins anglophones connaissent sous le nom de sandflies
Ce parent de la famille des Phlébotomes est minuscule, rapide et surtout extrêmement discret. Il  profite de chaque instant de repos des touristes naïfs. Sa piqûre est indolore, il faut patienter quelques heures avant de vouloir s'arracher la peau.
Peu de chances de lui échapper, il faut se prémunir en s'enduisant de crème et de répulsif, éviter le sable et espérer un jour bien venteux.

Finalement, nous nous sommes fait piquer, plusieurs fois et plusieurs jours de suite. Mais les pharmacies thaïes sont bien équipées et savent exactement de quoi nous souffrons.
Crème à la cortisone, lotion antihistaminique, aloe vera, calamine, quelques pilules, des p'tites granules, et ben d'la Singha pour faire descendre tout ça.
Principalement, c'est surtout de patience dont il va falloir s'armer, la douleur de la démangeaison est inversement proportionnelle à la taille de cette bibite du démon.

Lors d'une pause repas dans le restaurant d'un hôtel de bord de sable, un hélicoptère se pose non loin de notre table, c'est assez impressionnant… De plus, nous vivons depuis un bon bout de temps sans informations, serait-ce le début d'un conflit dont nous ne savons rien ?

Le manager de l'hôtel nous informe qu'en réalité, c'est le jour de la reconstitution de l’agression de samedi soir. 
Quoi ? Que c'est-il donc passé sur cette île paradisiaque ?
Deux couples de touristes français ont eu le malheur de croiser la route de quelques marins cambodgiens trop saouls. Ça a évidemment très mal fini.

Alors aujourd'hui, c'est une importante escorte armée qui accompagne les agresseurs, car tous les habitants de l'île sont très en colère et veulent rendre justice eux-mêmes.
La tension raciale se fait fortement sentir ici. Beaucoup de travailleurs clandestins viennent du pays voisin et se font accuser de voler les emplois de habitants de l'île. Évidemment les employeurs profitent de cette main d'oeuvre bon marché pour casser les salaires et exploitent sans vergogne ces pauvres gens.
Ostracisation, rancœur, entre voisins du même coin de planète ; c'est à n'y rien comprendre. Ça peut expliquer que depuis deux jours tout est plus calme et vide ici.

Ça ne gâchera certainement pas notre séjour et nous resterons jusqu'à la date prévue. On va peut-être quand même aller négocier le prix de la chambre, me semble que c'est le bon moment…

Le repas du soir se fera une nouvelle fois au Fisherman Hut qui expose tous les soirs la pêche du jour et se trouve juste de l'autre côté du petit pont. L'ambiance est vraiment cool, bonne musique, bonne humeur et un beau choix de poissons et fruits de mer.

Mais il se fait tard, il doit au moins être 20h15, grand temps d'aller gratter nos centaines de plaies purulentes.

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