Samedi 20 février – De Kintun à Yangon – Histoire de bus, et retour en ville

Toute la nuit, en-dessous de nos immenses fenêtres, un haut-parleur passe son temps à débiter des annonces. L'immense néon de la barre du T de Bawga Theiddhi éclaire la chambre à travers les rideaux, une nuit à noter dans les annales. 
Par contre, question literie, ils sont au top dans le bled. Un grand matelas ferme, qui ne couine pas, et où il est possible de sauter comme des fous dessus, ça valait presque le coup. 
Le petit-déjeuner est très basique, 3 toasts, 1 œuf frit, un peu de confiture, du faux beurre et 3 triangles de pastèque. Mais le serveur est tellement gentil et souriant, que nous lui ferons croire que nous avons passé le plus merveilleux des brunchs dominical de notre vie. 

Allez, il est temps de quitter la ferveur des masses de pèlerins et nous rendre au petit bureau où nous avons rendez-vous à 9h30 pour prendre une voiture qui nous descendra à Kyaikhtiyo pour le bus de 10 heures. 
À côté, chez Win Express, ça déménage. Les touristes embarquent directement dans le bus, les bagages sont ensoutés, tout le monde est organisé. 
Nous, on attend… 
Enfin, à 9h30, le jeune qui baragouine l'anglais nous fait signe que c'est notre tour. En fait de voiture, nous montons dans un bus tout pourri, qui va à Malwamine, via Kyaikhtiyo. Admettons. 

Avant de quitter Kinpun, le chauffeur fait le tour de tous les hôtels et guesthouses pour ramasser ses clients. Il est 10 heures quand nous quittons enfin le village. 
Aucune inquiétude, dit le jeune anglophile, le bus va vous attendre. 

Évidemment, le bus de 10 heures est déjà passé et n'a attendu personne. 
Nous prendrons le bus de 11 heures. 
Qui passera à 11 heures 30. 
Et s'arrêtera à 11 heures 38 pour la pause repas. 

Il est midi passé quand le chauffeur donne le signal du départ. Nos sièges sont confortables, il y a de la place pour les jambes et c'est climatisé. Mais ça ne dure pas. 

Vers 14 heures, nous faisons une nouvelle pause, et le chauffeur arrête le moteur et donc, la climatisation. Je ne sais pas s'il est au courant, mais il fait 39º à l'ombre et on commence à cuire là-dedans. Je décide de sortir du bus pour constater qu'on est en panne. 
Pourquoi se contenter de juste être en retard. 

On se disait aussi que ça sentait un peu l'essence depuis quelque temps. Alors, tout le monde s'y met, le chauffeur, son copilote, les passants, le chauffeur et l'assistant du bus derrière nous. 
L'essence gicle un peu sur tout le monde, ça coule par terre, un homme s'approche avec une cigarette, je m'éloigne. 
La plupart des passagers reste assis à leurs places dans la fournaise infernale de la grosse boite de conserve roulante. 
 Il faudra environ 30 minutes pour que tout soit réparé. Le mécano arrose abondamment le bloc-moteur avec des dizaines de litres d'eau savonneuse pour le nettoyer de toute l'essence qui y a coulé avant de redémarrer. 

Il est un peu plus de 15h30 lorsque nous arrivons enfin à la gare d'autobus de Aung Mingalar de Yangon. Qui se trouve à environ une heure de notre destination finale. 
Cette journée va-t-elle finalement avoir une conclusion ? 

Le rabatteur des taxis m'annonce 20 000 K pour deux personnes. Je le regarde en souriant et lui rétorque 8 000 K. Le ciel lui tombe sur la tête, je suis fou, c'est du vol, le baratin habituel… Alors, je fais mine de partir vers d'autres chauffeurs. Il me rattrape, me dit que c'est bon, je peux embarquer dans une voiture. Finalement c'est pas compliqué d'être raisonnable. 

Le trafic est dense, mais vraiment moins que ce à quoi je m'attendais. Le chauffeur ouvre de temps en temps sa portière pour lâcher un long filet de bave rouge, et évidemment ne connaît pas du tout l'adresse de l'endroit qu'il semblait pourtant si certain de trouver il y a 45 minutes. 
Il demande à un collègue tout aussi perdu, et moi, si je me fie à mon plan et à mon sens de l'orientation, nous ne devrions pas être loin. Il remonte la rue, et au loin, je vois la pancarte jaune et bleu, annonçant le Ocean Pearl Inn, notre toit pour ces trois nuits dans l'ancienne capitale. 
L'accueil est...citadin, la chambre climatisée, un peu petite pour le prix, et donnant sur la rue, mais nous sommes vraiment épuisés, nous voulons nous poser. Au pire si cette nuit est un enfer, on changera demain. 

Allez, on enfile nos gougounes de compétition et partons découvrir les alentours. 
En remontant la rue vers l'ouest, nous arrivons rapidement à l'un des points de repère les plus significatifs de ce coin sud-est de la ville, la Paya Sule

À coté, le grand parc Maha Bandoola, offre sa pelouse verte aux enfants et aux amoureux. Au fond, plein d'agrès et de jeux pour les bambins les remplissent de bonheur et de cris de joie. 

Affamés. nous cherchons un restaurant de nouilles indiqué dans notre guide. Les choses changent vite, et de restaurant, nous ne trouverons jamais la trace. Par contre dans la rue il y a une espèce de fast-food spécialisé dans la volaille. 
Un sérieux concurrent au Général Sanders, parce que ses burgers sont vraiment bons, ou alors le manque de nourriture industrielle nous joue des tours. 
Qu'importe, j'assume. Il fait frais, c'est généreux, et surtout ce qui est dans la boite ressemble vraiment à la photo de l'affiche. Tu peux te rhabiller Ronald l’incompétent ! 

Nous tentons de visiter la fameuse pagode Sule, on nous demande une obole de 3 000 K, mais mon porte-monnaie est aussi vide que le cerveau d'un partisan de Donald Trump. J'ai besoin d'un ATM, ça presse. 

Mais on verra ça demain, pour l'heure, le mieux que nous puissions envisager, est un retour à notre chambre pour y profiter de quelques heures de repos.

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