Lundi 15 février – de Nyaung Shwe à Hpa An, en passant par Bago

Dernière journée à Nyaung Shwe. 
Notre serveur aux gros bras s'est remis à la chansonnette. Genre pénible… 
Inlassablement, il entame le même refrain qui finit en trémolo vagissant, et hop, ça recommence. 
Comme si les klaxons incessants venant de la rue ne suffisaient pas à meubler l'ambiance sonore. Vite, quittons cet endroit et allons nous promener une dernière fois en ville. 

Nous visitons la pagode Kyaung Daw, dont les portes sont enfin ouvertes. Une dame à l'entrée, aimerait bien qu'on achète des petites ombrelles à cocktail et des feuilles d'or en guise d'offrande, mais je ne connais déjà pas les rites de ma religion, il serait malvenu de commettre un impair avec les traditions bouddhistes. 

Quelques statues de Bouddha, et des dizaines d'alcôves garnies d'objets hétéroclites décorent ce temple. Dans les niches, protégées par des vitres poussiéreuses, sont entassés des objets n'ayant aucun rapport. 

Des modèles réduits de corps humains en plastique (sans leurs attributs de reproduction), des vieux vinyles, des têtes de poupées, des cloches, des morceaux d'os, des feuilles d'arbre, des pièces de monnaie et que sais-je encore. 

Nous quittons le temple pour nous rendre au marché. Identique aux autres jours, il y a quand même toujours quelque chose de différent à voir. 
Et puis, nous finissons par craquer devant cet éléphant en bronze que nous avions vu dès le premier jour. Il servait de poids pour les balances traditionnelles, et si mon estimation est bonne, il doit faire son kilo. 
Proposé un peu trop cher, nous ne l'avions pas pris, mais je me sens d'humeur à négocier. 

Le vendeur me dit que le prix n'est pas négociable, je fais mine de partir. Il baisse de 5$, je lui dis que c'est encore trop cher. 
Il me demande mon prix, je ne fais pas l'erreur de lui répondre, mais lui retourne la question. C'est quoi son dernier prix à lui ? 
Il baisse d'un autre 5$. 
Je lui réponds qu'il est l'heure d'aller manger et que je vais réfléchir. Fermant boutique dans deux heures, il se sent un peu pressé et me demande mon prix à moi. 
Je lance le fameux 50% moins cher que le prix d'origine, il me dit que ce n'est pas possible, qu'à ce prix-là, autant abandonner ses enfants, brûler sa maison et s'exiler au Bangladesh. Le grand jeu. 

Il me fait rire, je lui rappelle que je ne suis pas un Chinois plein de fric, là, c'est moi qui le fais rire. Je suis certain qu'on pourrait être bons potes s'il ne fermait pas son étal aussi tôt et que je ne doive partir à plusieurs heures de bus de là. 
Bon, on remonte un peu, et finalement, nous trouvons un accord. C’est exactement le prix que je voulais mettre dans la bestiole, pas un sesterce de plus ou de moins. 
J'ai donc 1 kilo d'éléphant dans mon sac à dos… 

Nous regardons encore une fois avec envie, les magnifiques sacs d'épicerie, tressés, les paniers en bambou et autres objets de la vie quotidienne des habitants pour lesquels j'ai une forte prédilection. 
Je ne sais pas pourquoi, mais les p'tits aimants à frigo, les poupées en tissu et les boules à neige, non merci. 

Nous avons encore pas mal de route à parcourir, et je suis certain de trouver ces objets dans un marché ou un autre de Yangon. Nous ne nous encombrerons pas de toutes ces marchandises pour le moment.

Nous retardons le plus longtemps possible notre retour au Little Inn, sachant que le jeune soliste lance encore ses gammes au ciel, tel un Assurancetourix que personne n'assomme.

Un petit canal accueille les bateaux venant du lac, c'est comme une partie de la ville où l'on ne voit aucun touriste. 
Ça sent assez mauvais, on y mange des choses bizarres, l'eau est vert foncé et on aime ça.

Les marchandises passent d'un bateau à l'autre, certains paquets montent sur les berges et sont répartis dans des camions, ça grouille de vie et d'activités. 

Mais l'heure avance, il faut revenir au Little Inn et se mettre en attente du transfert qui va nous emmener au bus. 

À l'heure dite, un super tuk-tuk nous ramasse, et, chargé comme un camion de pastèque, il fonce tel un damné sur la petite route de Shwe Nyaung. 
Les trous, les bosses et les autres usagers sont priés de se tasser sous les coups de klaxon rageurs du conducteur fou. J'espère que le chauffeur du bus aura pris ses calmants. 

Le gros autobus VIP arrive presque à l'heure. Nous donnons nos sacs à l'assistant du chauffeur qui les jettent en soute, et montons trouver nos places. 
C'est vraiment bien organisé, toutes les places sont numérotées, il n'y a donc jamais de problème, ni d'erreur. 

La photo de notre agente de voyage ne ressemble pas tout à fait à ce que nous avons sous les yeux, mais c'est vraiment spacieux et confortable. Le dossier se baisse beaucoup et nous voyagerons confortablement. 

Nos sommes surpris par le premier arrêt qui a lieu moins d'une heure après notre départ à Kalaw… Dire qu'il nous avait fallu trois heures en train.

Un peu plus loin, nous nous arrêtons pour souper dans une cantine battu par les vents frais, mais le curry végé est excellent et nous fera tenir jusqu'au matin.

Vœux pieux...


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