Mercredi 27 janvier – Chiang Mai - Statues, monstres tatoués et apparition

Le ciel est gris, les gens sont frigorifiés par cette température inhabituellement basse. Nous sommes quand même très loin des températures de la veille, il doit faire 13º… 

Je ramène la moto chez Pop, aucune inspection n'est faite, je récupère ma caution, merci, bonsoir, c'est aussi simple que ça. 

La ville est tranquille, quelques œuvres d'art ont été installées pendant notre absence. Enchevêtrement de vélos, roues empilées, nasses en métal, bulle OVNI aux vitres colorées, lumières, graphisme et textures sont originales. 

Baguenaudant à travers des temples, nous admirons des statues originales de Bouddha et essayons de comprendre une sculpture de monstre à pleins d'yeux.

Nous nous demandons ce que fait un squelette avec des lunettes de soleil en train de prier dans un temple, accompagné d'une statue de moine avec une tuque et des binocles attendant les offrandes à coté d'un pèse-personne. Ils sont grands les mystères de l'aménagement des temples bouddhistes.

Nous jetons quelques croûtons à des poissons pendant que des dizaines de pigeons grassouillets regardent les miettes tomber dans le petit marécage où flottent d'énormes feuilles de nénuphars, puis sortons rapidement trouver un resto. 

Après ce repas qui n'en finissait plus, la serveuse ayant oublié nos commandes, nous évitons de rentrer à l'hôtel de peur de sombrer dans un sommeil, certes réparateur, mais qui nous aurait fait rater le marché de nuit. 

Sur la route dudit marché, qui est loin d'ouvrir, nous croisons quelques touristes fraîchement tatoués. Cela me rappelle la mode 2016 du tatouage à l'ancienne comme nous l'avons vu sur Koh Lanta. 
Dans notre hôtel, et dans les autres, un tatoueur officie un peu à l'écart de la salle à manger. Il travaille à l'ancienne, assis en tailleur sur une natte, avec de longues aiguilles en bambou. Et le pire, c'est qu'il est presque toujours occupé. 
Sinon, il se saoule ou fume de cigarettes au parfum bizarre. Mais souvent, il tatoue en ayant bu et fumé, c'est un forfait… 

Donc, des touristes en mal de complications pendant leurs vacances, se font tatouer, une grosse bière à la main et plusieurs dans l'estomac. L'artiste-peintre trempe ses aiguilles dans de l'encre et, d'un geste sûr, enfonce la pointe dans l'épiderme de ses patients. À la fin, il enveloppe le tout dans du film ,alimentaire, et roulez jeunesse, c'est parti pour marcher dans le sable, se baigner et aller bronzer… 
À chacun ses souvenirs de vacances. 

Du côté du marché de nuit, tout le monde se met en place. Une jolie Soizig locale tourne sa pâte à crêpes avec sa rozell sur un billig bien chaud. Elle est habile la petite bretonne thaïe, et ses crêpes sont un vrai délice. 

Les kiosques sortent de terre comme des champignons, les chalands utilisent des longues perches de bambous et des toiles pour abriter leurs trésors. Nous visitons ce remue-ménage sans avoirl'intention d'acheter, mais le spectacle vaut la visite. 

D'énormes restaurants de poissons et crustacés sont visibles de loin grâce à leurs aquariums géants. Certains sont très ingénieux, avec une énorme vasque où est installée la pompe et d'où l'eau part vers les multiples petits bassins où s'ébattent poissons, crevettes, langoustes, coquillages et crabes. Loin de la mer, impossible de faire plus frais. 

Il y a même quelques limules, drôles de bestioles antédiluviennes au sang bleu. Ce n'est pas un crustacé comme on aimerait le faire croire, l'animal appartient à la même famille que les scorpions et les araignées. 
Quelques pas plus loin, ce sont des poulets et des canards suspendus par le cou qui attendent les gourmands. Laqués et cuits, ils sont très appétissants, et je remarque, que, comme le cochon, le canard sourit après son décès… 

Une grande boutique attire notre regard. 
Une grande boutique où évolue la plus élégante femme que j'ai vue depuis longtemps. La cinquantaine, un visage serein, magnifique. Elle sourit, et c'est le monde qui s'ouvre devant nous, sa beauté est réellement époustouflante. Quelques fils d'argent courent à travers le dais noir de ses longs cheveux attachés en queue-de-cheval. Dans son étroite tunique, elle évolue gracieusement entre ses articles antiques et uniques. 
Mais je me sens un peu drôle de la fixer ainsi, bouche bée, il faut que je retrouve une attitude un peu plus digne d'un gentleman. 

Son magasin est à la hauteur de sa classe, tout y est exceptionnel. Art, objets uniques et anciens, tissus superbes, nous voudrions dévaliser ses comptoirs. 
Mais c'est unique, et donc cher… Nous la saluons avec déférence et quittons à regret ce lieu magique. 

Je regrette encore aujourd'hui de ne pas avoir eu le courage de lui demander la permission de la prendre en photo.

Pour clore cette journée, nous irons chez notre ami italien au coin de la rue. Volubile comme seuls les habitants de la Botte peuvent l'être, il nous accueille comme si nous nous connaissions depuis vingt ans. 
Ses pizzas et ses pâtes sont un intermède parfait dans notre régime à base de riz. 

Demain, nous quittons momentanément la Thaïlande, pour découvrir un nouveau pays dont on dit le plus grand bien.


  

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