Vendredi 15 janvier – Koh Lanta à Chiang Mai – On perd un voyageur et 20 degrés

Mauvaise nouvelle. 
Réjean est absolument incapable du moindre mouvement. Il ne peut pas mettre un pied devant l'autre et décide de passer quelques jours pour se rétablir. Il nous rejoindra à Chiang Mai dans quelques jours. 

Aux alentours de midi, nous attendons notre transfert vers le quai de Saladan. Nous montons avec la patronne qui doit aller faire des commissions au bourg et laissons, le cœur gros, notre ami à son sort. 

Le bordel est pogné sur le quai, mais notre bateau n'est pas annoncé, nous avons le temps de nous tirer une chaise en plastique et d'avaler un riz frit. 

Le Ao Nang Princess accoste et les gens sont des animaux. À vouloir monter trop vite, ils en oublient de laisser descendre ceux qui arrivent. De toute façon, ce n'est même pas notre bateau, il faut laisser embarquer tout le monde, traverser le pont et descendre dans le speed-boat amarré de l'autre côté. 
C'est spartiate, peu spacieux, et la mousse de notre banquette est imbibée d'eau. Nous le constaterons à l'arrivée, le short trempé comme si notre couche avait débordé. 
Le bateau mérite son qualificatif de rapide, ses trois énormes moteurs hors-bord de 225 chevaux sauvages chaque, emplissent la cabine de leur hurlement. Nulle discussion possible dans cet espace ouvert au vent du large. 
En exactement 1 heure, nous accostons à couple d'un autre bateau au petit quai de Had Nopparatthara à Ao Nang et montons dans le minibus en direction de l'aéroport. 
C'est maintenant que je me rends compte que mon short beige est trempé, je ne ferais pas de comédie dramatique comme les Italiens devant nous et me contenterais d'en rire en marchant de reculons, fesses au vent, pour le faire sécher. 

Il est encore très tôt lorsque nous arrivons à l'aéroport de Krabi, les kiosques d'Air Asia pour Chiang Mai sont encore fermés pour au moins deux heures. 
Nous allons donc manger dans un chouette restaurant au niveau des pistes, ça change des soupes déshydratées vendues dans la zone d'embarquement. 

Enfin, il est l'heure d'enregistrer nos bagages. Nous expliquons à l’hôtesse que l'un des voyageurs ne sera pas du vol et qu'elle peut annuler son billet. Ceci fait, nous passons au contrôle des bagages et allons patienter quelques heures de plus dans la salle d'embarquement. 

Le ciel s'assombrit, les nuages noirs deviennent menaçants, les éclairs transpercent les ténèbres, la foudre tonne et roule de plus en plus proche de la piste de décollage. 
André n'en mène pas large et blêmit à chaque flash, je tente de le rassurer en lui disant que l'orage va passer avant que nous décollions et que les avions sont de toute façon conçus pour supporter ce genre de phénomène climatique. 
Hein, c'est vrai ? 
De toute façon il faut y aller, les autres passagers sont déjà en ligne devant les patientes hôtesses. Je sors les boarding pass et me rends compte qu'il manque celui d'André ! Misère… 
En nous enregistrant, la jeune fille a fait une erreur et a oublié de valider le billet d'André sans doute pensant qu'il était Réjean, mais en validant 2 bagages pour Robin qui n'en a qu'un et que de toute façon nous n'avons droit qu'à un bagage en soute, et inversement. 
En tout cas, ça a l'air aussi compliqué que ça. 

Être plus blanc que blême ça existe, je l'ai en face de moi… Gardant notre sérénité, nous attendons que les demoiselles passent leurs appels et valident la place déjà achetée. Finalement, 5 minutes peuvent paraître très longues dans ce genre de situation, mais tout s'arrange avec le sourire et nous pouvons prendre place dans la cabine. 

Une jeune fille change de place avec ses copines, nous avons 3 sièges avec vue sur de gros nuages noir pleins de tension électrique. Je ferme discrètement le rideau et assure à mon fantôme que tout va bien et que l'orage est dernière nous. En vérité, il a fait demi-tour, et après le décollage nous secouera pendant une trentaine de minutes, histoire de nous faire sentir bien vivants. 

Une heure 45 plus tard, nous atterrissons tranquillement à Chiang Mai en ayant perdu une vingtaine de degrés au passage. L'air est respirable, il fait frais, la nuit est claire et le taxi nous emporte pour 150B vers le White Houste Guesthouse où j'ai réservé nos 3 nuits. L'aéroport est vraiment à coté de la ville, il nous faut à peine 10 minutes pour arriver au grand portail vert qui n'a pas changé depuis 2002 et ma première visite. 

Un peu désuet, mais très central et calme, le White House a été racheté par un Suisse et affiche fièrement ICI ON PARLE AUSSI FRANÇAIS. 
Ce qui lui vaut nombre de demandes de renseignements de la part des touristes francophones. Les chambres avec climatisation sont louées 500B, celles avec ventilateur 350B, inutile de préciser que la clim est totalement inutile en ces fraîches contrées. 
Évidemment, à ce prix là il ne faut pas s'attendre à du grand luxe. Les peintures sont fatiguées, les salles de bains sommaires, mais c'est propre, les lits sont confortables et l'accueil chaleureux. 

La journée a été très longue. Nous prenons un repas léger et une dernière bière, en souhaitant le rétablissement rapide de notre ami Réjean.

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