Dimanche 3 janvier 2016 - Montréal/Bangkok, 21 heures de voyage en 3 jours

Il est 22 heures, nous sommes assis dans le Boeing 777 de Qatar Airways en direction de Bangkok via Doha, après un début de voyage chaotique.
Retour en arrière…

Lors de l'achat du billet, le petit é qui clos si parfaitement le prénom d'André avait disparu. De fait, un certain Andr Dion voyageait avec moi, ce qui, sous l'œil d'un douanier un peu alerte et tatillon pouvait lui interdire l'entrée de la zone détaxée et donc du voyage.
Heureusement, j'avais remarqué cette erreur et contacté l'agence
de voyages pour procéder à la correction. Presque 1 mois plus tard, alors que j'avais totalement oublié ce détail, une certaine Latasia de l'agence Cheap-O-Air, me contactait en me demandant une copie de passeport afin d'effectuer la correction. Clic clac, affaire conclue, merci bonsoir.
Il n'en fut pas de même pour mon ami Réjean,
devenu Rjean, qui appela au siège social de New-York, où on lui imposa d'annuler son billet et d'en reprendre un pour la modique somme de 803 dollars supplémentaires, taxes incluses. 
Nous attendons toujours un règlement à l'amiable…

Tout ceci pour dire que les sièges pré-réservés par mes soins ne l'étaient plus. Non pas que nous n'avions plus de place, comme nous l'avions d'abord cru, mais nous n'étions plus ensemble. Pour un semi-stressé du voyage aérien comme André, c'est un problème.
Bien heureusement,
nous sommes les premiers arrivés au comptoir de Qatar à Dorval et la gentille préposée qui ressemble à une bonne fée de la Belle au Bois Dormant, nous trouve des sièges sur le vol de Montréal à Doha. Elle ne peut rien faire pour le trajet suivant, mais je suis confiant, et bien décidé à faire la rencontre de sa collègue au comptoir de Doha.
...
L'avion est immense, nos nouveaux sièges sont devant une sortie de secours, beaucoup de place pour allonger les jambes, mais nos voisins sont des enfants assez âgés pour être sur le gros nerf, ou très petits pour être capable de hurler pendant des heures sans jamais se lasser. Pourquoi perdons-nous cette ténacité en vieillissant ?
Fort heureusement, Qatar Airways offre une pochette dans laquelle on trouve des bouchons pour les oreilles et un masque pour se couper du monde le temps du vol.

Enfin, au bout d'une interminable heure, passage au dégivrage oblige, l'avion se positionne. Derrière l'épais hublot, la neige virevolte dans un tourbillon glacé, le mercure va chuter ces prochaines heures, bye-bye Hiver, on se retrouve dans quelques semaines. 
Le commandant pèse sur la suce et, dans un maelström de flocons, nous nous arrachons du plancher des vaches dans le tourment des réacteurs vrombissants.

Les bouchons plantés dans le conduit auriculaire, les yeux collés au masque opaque, le ventre plein de poulet biryani, une longue nuit de 8 heures va prendre le relais.


Doha – Qatar, 17h50, heure locale.


Ils sont forts ces Qataris ! Dès la sortie de l'avion, un comptoir dédié aux passagers à problème nous attend. Comme prévu, le changement de siège pour André se fait sans-souci, le deuxième vol sera donc moins stressant.

L'aéroport international Hamad est impressionnant.
Un colossal ourson en peluche surmonté d'une lampe de chevet nous accueille, il est accompagné d'une Ferrari et d'une BMW que je suppose être les prix d'une loterie.
C'est propre, ça brille de mille feux, les magasins détaxes sont haut de gamme, les restaurants offrent de la nourriture variée, le double expresso coûte 6 piasses et nous embarquons bientôt pour le prochain vol.

L'A380 est aussi gros que prévu. Les sièges couchettes de la classe affaires nous narguent du coin de leur confort ostentatoire, mais les sièges de la classe éco sont tout à fait corrects et puis ce n'est pas comme si nous avions le choix.
L'avion se lance à l'assaut du tarmac, dans un silence peu crédible pour un avion de cet acabit, il finit par
s'extraire de l'attraction terrestre.
Les quatre énormes réacteurs semblent
éteints, le paysage défile presque au ralenti, je me demande vraiment si la piste est assez longue pour pouvoir rejoindre les cieux de la péninsule arabo-persique. 
La carlingue tangue à peine dans les turbulences, il y a de la place partout, c'est un vrai bonheur.
Un gin tonic bien tassé, un verre de rouge et un petit poulet à l'aigre-doux plus tard, la sieste est commencée. Nous en avons pour un peu moins de 6 heures
avant de nous poser à Suvarnabhumi, l'aéroport international de Bangkok. Le choix interminable des films pourrait bien écourter ce petit somme.

Au levé du jour, je vois cinq stewards, pardon, agents de bord, se dépêcher vers l'arrière de la cabine. Un passager est en train de faire du scandale. Je ne comprends pas trop ce qui se passe, mais cet individu ressemble fort à un Français. De fait, il est bien issu de l’Hexagone et rejoint la cohorte des mauvais voyageurs dont je parlais lors du bilan de notre voyage 2014, et qui m'ont valu quelques commentaires acerbes.
Désolé, je n'invente rien, je ne fais que constater.


Celui-ci est complètement saoul, il veut descendre, il a mal aux jambes, il est fatigué, il insulte son ami pas plus à jeun que lui. 

À Bangkok, nous constaterons qu'il balance une bouteille de Chivas presque vide au bout de son bras, tout en continuant à copieusement insulter son ami.
Je me demande si le douanier l'a finalement laissé entrer sur le territoire thaïlandais…
....


Il est 7 heures du matin, le 5 janvier, l'excitation du voyage prend le pas sur la fatigue, nous sommes enfin arrivés. Nos sacs, qui pèsent encore moins que la dernière fois, 11,5 kilos, dont au moins 4 de crème solaire, arrivent rapidement et nous nous dirigeons vers le
comptoir des taxis. Mais dis donc il fait drôlement chaud par ici !
Il n'est pas encore 8 heures et le thermomètre frôle les 30º.

Notre chauffeur est pressé. Très pressé. Il roule à plus de 130, zigzague entre les voitures dans une circulation qui commence à se densifier. Il colle, klaxonne, coupe,
pointe haut son majeur à travers le pare-brise et menace de sortir de sa voiture pour aller s’expliquer avec le chauffeur de la voiture devant nous qui ne se pousse pas assez vite. Un vrai taré !
Hey le malade, j'ai pas franchi deux océans, deux continents, un sous-contient, parcouru 13 390 bornes pour me planter sur ton autoroute avec cette chaleur.
Je garde mes propos, ferme les yeux et attends que le trafic ait raison de sa férocité. 

Bonjour pays du sourire.


Il est 9 heures 30, nous arrivons à l'hôtel Pinnacle Lumphini qui ne trouve pas nos réservations payées d'avance, mais, foi de réceptionniste, ça va s'arranger. En attendant, nous déposons nos sacs dans une pièce de stockage, allons prendre une douche à l'étage piscine, enfilons nos shorts et partons à la découverte des alentours. 









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