Vermont - Jour 4 - De Burlington à Montréal, l'épilogue...

Adieu paniers, vendanges sont faites. 

Il est presque temps de quitter cet État très accueillant, mais avant je vais me plier à mon activité préférée : le magasinage.
C'est une blague, nous allons prendre un café, puis envisageons une balade autour du lac. En arrivant, force est de constater qu'aujourd'hui débute le festival de la bière, le fameux et très couru Vermont Brewers Festival.

À en juger de l'interminable file d'attente, et l'impossibilité pour nous d'avoir pu acheter un billet, cet événement est extrêmement populaire. De plus, ils ont dévié la promenade autour du lac, ce qui met un terme définitif à nos envies de plein air, allons boire une bière.

Une nouvelle fois, la terrasse du American Flatbread nous accueille. À cette heure, il y a de la place, nul besoin d'attendre les secousses effrénées d'une pointe de pizza électronique. Une petite pizz', la salade du jour, quelques lampées de broue bien frette, le bonheur ne tient pas à grand chose.

Déambulations dans les rues animées, mais dis donc on n'a pas pris de dessert et ohhhhh comme le hasard fait bien les choses, nous sommes justement devant la vitrine de Ben & Jerry's ! Si je n'avale pas mes 6 000 calories de glace par dessert, je me sens mal, je n'y peux rien, c'est mon métabolisme qui me joue des tours.

Une boutique fantastique attire nos pas, des tables, des ustensiles de cuisine, des tabourets et tout un tas d'autres merveilles en bois. Il n'y a hélas pas de place dans la petite, mais confortable, Kia Rio pour une table de 8 pieds en cerisier, alors je me contenterais d'un superbe rouleau à pâtisserie de la même essence. Allez, il faut aussi faire un tour au Vermont Farm Table. C'est moi, ou il a beaucoup de Farm dans les noms des commerces du coin ?

Avant de quitter la ville, nous prenons le temps de parcourir les allées de l'épicerie bio/locale/grano/coop, le fantastique City Market
Une visite s'impose, ne serait-ce que pour y trouver tout un tas de produits locaux ou exotiques. Le kombucha se vend à la pression, le choix des bières locales est large, les fruits et légumes sont tous très frais et bios, le snack bien garni et évidemment vegan, les employés super accueillants et la caissière percée et tatouée.
Et puis c'est une Coop qui vend des produits locaux, les fermiers sont heureux, et si le monde paysan est serein, ben moi ça me remplit de bonheur. Vive la paysannerie !

Aux portes de notre beau et grand et froid pays qu'est le Canada, nous quittons l'autoroute pour faire le plein d'essence (et de scotch). 2,70$ le galon (d'essence), ça fait, tous calculs faits, 0.90$ CA le litron de super sans plomb. Patronne ! Le plein s'il vous please !

Le Glenlivet 15 ans d'âge du petit Duty Free est, un tout petit peu, plus cher, mais ça, c'est du carburant pour l'âme.

À la frontière, le douanier nous souhaite bon retour au pays, et demande d'un ton badin et innocent si nous avons fait des achats hors taxes. Pas fou le bonhomme, il y a une caméra qui filme toutes les entrées et sorties de la petite boutique, je n'ai pas très envie de mentir à douanier, tout canadien soit-il.

Et voilà, la boucle est bouclée, encore une fois, le Vermont a tenu toutes ses promesses. Les routes sont en parfait état, les gens sont souriants, les automobilistes s’arrêtent aux passages protégés, on y mange et boit divinement, c'est beau comme un décor de carte postale de paysage bavarois (la Bavière, c'est tellement carte postale !), et c'est à coté de chez nous. 

Bon, en attendant que notre Huard reprenne quelques forces, on peut aussi passer quelques jours à Magog...

Quelques adresses pour terminer :

Le manger et le boire :

Les bières à emporter :
Les achats :

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Allez, je vous souhaite une chouette escapade, vous m'en donnerez des nouvelles. 

Et puisqu'il n'est bonne compagnie qui ne se quitte, je vous laisse avec ce maaaaaagnifique coucher de soleil sur le Lac Champlain.

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Vermont - Jour 3 - De Burlington à Woodstock

Impossible de dormir dans un lit King ! Signé : un agoraphobe.

Le petit-déjeuner, plutôt complet et sympathique me conforte dans l'idée que les Américains aiment le drame poussé à l’extrême. L'écran de télévision bloqué sur la chaîne d'informations CNN fait tourner en boucle les images des dernières catastrophes. 
God save America !

Il fait bien trop beau pour se gargariser de malheurs du monde, vite, en voiture, direction le sud.

L'avantage d'un GPS est qu'on peut se perdre, et finalement retrouver la destination prévue, même si la fille du GPS s'entête à répéter faites demi-tour, faites demi-tour, recalcule, recalcule...
C'est à ce jour la seule fille que je peux obstiner des heures sans que jamais elle ne perde patience. J'aime beaucoup mon GPS.

Dès la sortie de la petite banlieue de Burlington, tout est beau. Les prés sont parsemés de centaines de couleurs de fleurs dansant au vent, les maisons parfaitement entretenues, les jardins impeccablement tondus, on se croirait dans un décor de film.

Rapidement, nous arrivons à la lisière du Parc National Green Mountain et remontons la Lincoln Road qui longe la rivière New Haven.
Un accotement et la vision d'une cascade scintillante nous incitent à nous arrêter et à rejoindre les berges de la petite rivière.
L'eau cristalline est une invitation à la baignade, sa température un peu moins, mais il y fait bon y tremper ses petons. 
Les embruns rafraîchissent l'air de ce petit vallon, même si aujourd'hui le temps n'est pas caniculaire. Sur le promontoire rocheux qui domine la petite cascade, une corde à nœuds invite les apprentis cascadeurs à poster des vidéos de leur futur accident sur Youtube.

À Lincoln, des travaux nous obligent à bifurquer sur un petit pont et à prendre des voies détournées. Des routes qui se transforment bientôt en chemins de terre en traversant la forêt. C'est magique et très exotique, même la fille du GPS trouve que ce trajet est le plus sympa puisqu'elle ne dit plus rien.

Peu après Hancock, une pancarte indique une ferme biologique des framboises et autres baies. On peut y faire de l'auto-cueillette, mais ce n'est pas vraiment au programme du jour alors nous allons directement à la petite boutique de la Sunshine Valley Farm pour vider une partie du stock déjà cueilli.
Oubliez les framboises importées de Californie ou d'Amérique du Sud, boycottez les productions hors saison qui n'ont plus aucun goût. Le parfum de ces framboises me rappelle nos escapades en culottes courtes dans les bois et les prés, les bras égratignés par les épines acérées des ronces auxquels nous arrachions délicatement framboises et mûres sauvages. Ce n'est pourtant pas compliqué de faire du bon !

Un œil sur la route, l'autre sur le paysage, une main sur le volant et l'autre dans le casseau (compostable) de framboises, je dirige la voiture toujours plus au sud. 
Un peu plus de 3 kilomètres avant la ville de Woodstock (3152 âmes), nous cherchons une adresse à peine entrevue dans le cahier Déco du journal La Presse du 4 juillet : Farmhouse Pottery
C'est drôle comme un tout petit détail, une belle photo, un article peut orienter nos journées. L'atelier est quand même à deux heures de route de Burlington, au milieu de nulle part, mais quand on aime le bel artisanat, le travail d'artiste, ce n'est pas un effort ou une corvée, c'est du plaisir.
L'ai-je assez répété, le paysage qui nous entoure est d'une beauté si incroyable qu'il se suffit à lui-même pour une grande virée sans autre but que d'écarquiller les yeux.
Caché en retrait de la route, il faut l’œil exercé de mon passager pour apercevoir le logo de la compagnie : 

La mise en scène est soignée. 
À l'extérieur, devant l'entrée, une table est mise, prête à recevoir les invités. Nous sommes accueillis par l'immense sourire de James Zilian, propriétaire et fondateur (avec Zoé, son épouse), qui nous remercie d'être venus de si loin. Dans le fond de la boutique celles qui ne peuvent être que sa femme et ses filles, nous gratifient également d'un franc sourire enveloppé de longs cheveux blonds, comme les blés qui ornent un pot de gré.

Tout dans le petit magasin s'inspire de ces gens, les lignes franches, le design fonctionnel et les couleurs claires. Brut et délicat, céramique, linges de cuisine en lin, bougies parfumées, bois, verre, la campagne chic est ici. Ce n'est pas donné, mais dans la vie, rien n'est donné et le beau travail se paye.

Loin d'être un acheteur compulsif, je dois me parler pour ne pas craquer devant plusieurs pièces. Il y aura quand même un gros quelque chose pour occuper une place de choix dans notre cuisine...

Suivant les conseils de James, nous allons nous arrêter au Woodstock Farmers Market. Entre la boutique et Woodstock, un marché paysan propose toutes sortes de produits locaux et conçoit de délicieux sandwichs à emporter ou à manger sur place. À l'arrière du marché, quelques tables et chaises Adirondacks permettent de se sustenter tout en regardant passer les poissons dans la rivière au nom imprononçable...Ottauquechee.

D'immenses maisons forment une haie d’honneur à l'entrée de Woodstock. 
Non, ce n'est pas ici qu'à eu lieu le fameux festival de musique en 1969. Ce Woodstock là se trouve dans l'état de New-York à plus de 270 bornes.

On est hors du temps, on s'imagine Scarlett O'Hara, Clark Gable et les autres, descendre les marches de ces immenses demeures. De style colonial, immenses propriétés au gazon parfait et aux arbres centenaires, tout ici respire l’opulence.

Un magasin général, du temps de la conquête du grand nord, offre des milliers d'articles, je me demande toujours comment ils s'organisent pour les inventaires...

Tout au fond, les armes, fusils, arc et flèches, couteaux et poignards, munitions et matériel de camping, un peu en avant, les jouets et reproductions de vieux jeux, les articles de cuisine, vêtements, nourriture. Il y a même un rayon entièrement dédié à la mode du sans gluten. On y trouve vraiment de tout, un Jean Coutu à l'américaine.

Et encore, et toujours, les sourires et les questions de savoir si tout va bien, si la journée est bonne, si on a trouvé tout ce qu'on cherchait, au plaisir de vous revoir, take care, Alleluia !


En passant au large de Berlin et Montpelier, en moins de deux heures, nous regagnons notre chambre, il est presque l'heure d'aller admirer le coucher de sa Majesté.

Les abords du lac Champlain sont très courus pour ce magnifique spectacle totalement gratuit. Finalement, l'humain peut aussi être simple et bon de temps en temps.

Doucement, avec classe, l'astre frôle délicatement l'horizon avant d'y plonger pour un autre matin, quelque part ailleurs.
Autour de nous, les gens applaudissent, c'est bizarre, je ferais presque pareil, mais je suis occupé à écraser une larme de bonheur d'être ici et maintenant.

Tiens, mais on dirait bien l'heure de l'apéro ! 
Allez, hop, direction le Farmhouse Tap&Grill qui offre une carte des bières et un menu très complet. Hélas, c'est plein à craquer, et les prix sont un tout petit peu au-dessus de notre budget. Mais ça reste une excellente adresse, et le service y est fort agréable.
Nous nous rabattons sur le Vermont Pub and Brewery où il y a de la place et si mes souvenirs sont bons, un choix sympathique.
Hélas, de sympathique, il n'y eut que notre départ de cet endroit.
L'hôtesse d'accueil sort de sa léthargie pour nous proposer deux places en terrasse dans 40 minutes alors qu'il y a des tables libres. Elle nous emmène à l'intérieur, ça sent le graillon et la vieille moquette poussiéreuse. La table où elle nous fait asseoir ne semble pas du goût de la serveuse qui lui fait froidement remarquer. Elle nous change de place, et nous voici au fond d'une salle presque vide et désagréable. Au bout de 10 minutes de désintérêt, nous nous levons et quittons cet endroit que nous nous promettons de ne plus jamais fréquenter.

Las, nous allons sur Church Street et prenons place au Sweetwaters, où nous sommes très agréablement accueillis et installés à une jolie table à l'extérieur.
Justine nous demande si tout va bien et nous apporte nos boissons avec un vrai sourire. Ici, on peut demander la cuisson de sa viande hachée pour le burger, les bières sont fraîches, la bonne humeur de rigueur et le pourboire bien évidemment en conséquence. 

Avant de terminer cette journée, nous allons faire un petit salut à nos amis Ben et Jerry.

À demain ?

 .

Vermont - Jour 2 - De Montpelier à Burlington

Il a plu à torrents toute la nuit, ce matin, l'air est chargé d'humidité et les vallons sont gorgés de brumes cotonneuses.
Le petit-déjeuner rapidement expédié dans la toute petite salle à manger de l'hôtel, et nous voilà sur la route en direction de notre première étape : l'usine historique de fabrication des glaces Ben & Jerry's à Waterbury.

Amis depuis 1963, Ben Cohen et Jerry Greenfield décident de s'offrir des cours par correspondance pour apprendre à fabriquer des glaces. C'est en 1978 à Burlington qu'ils se lancent en affaires.
Dès 1979, pour célébrer leur premier anniversaire, ils offrent un cornet de glace à tout le monde. Le Free Cone Day est depuis ce jour l'événement le plus couru pour les gens qui n'ont vraiment rien d'autre à faire de leur journée en s'agglutinant comme des sardines en d'interminables files d'attente pour un cornet à 2 piasses. Autant de fun qu'un douanier américain...

Pour faire court : en 1981 Time Magazine les élisent meilleures glaces du monde ; en 2000 Unilver, rachète la boite pour la modique somme de 326 millions de piasses américaines, mais le groupe conserve son indépendance et son siège social dans le Vermont.

Ben & Jerry's s'honore à respecter nombres d'engagements sociaux et équitables. Depuis 2011, 100 % de sa production provient de commerce équitable ; dans le Vermont, seul le lait provenant de fermes locales est utilisé ; l'entreprise emploie un certain nombre de personnes défavorisées pour les réinsérer ;  tous les œufs proviennent de poules élevées en liberté ; limitation des émissions de CO2, énergies renouvelables, compensation carbone, collecte de vêtements, fondation pour projets communautaires, soutien au mariage gay, name it...

La visite (4$) est finalement courte et sans très grand intérêt si ce n'est de déguster une petite glace à la sortie. Les photos de l'usine sont bien sûr interdites et le guide lance son laïus d'un ton badin, qui de temps en temps fait rire les anglophones.

Sans blague, leurs glaces sont mortelles ! La Triple Caramel Chunk (glace caramel, caramel, fudge, etc) est à se rouler par terre ! La Cherry Garcia (chocolat et cerises), la Seven Layer Bar (noix de coco, fudge, caramel), Chunk Monkey (choco, banane, fudge et noix), New York Super Fudge Chunk (pacanes, amandes, fudge, noix). Tellement de choix, tellement de calories... 
Argh, il me faut une feuille de laitue.

Quelques photos avant de quitter ce temple de la démesure américaine, ce trop-plein de gourmandise, de sucre et de gras, et nous nous arrêtons 2 kilomètres plus loin, au Cabot Creamery WaterburyZéro volonté.

Ce commerce propose un sacré choix de fromage type cheddar parfumé à tout un tas d'ingrédients. Pas moins de 60 sortes de fromages sont vendus ici, principalement des cheddars, dont certains vieillis au goût fort et très agréable, même pour un Français.
On trouve aussi 13 sortes de fromages aux parfums originaux tel chipotle, tomate basilic, habanero fort (vraiment fort !), bacon fumé, etc. Sur papier, ça fait bizarre, mais les produits sont vraiment bons et les prix très attractifs, même avec notre pathétique taux de change.

Juste à côté, un magasin de souvenirs pour mamies et un comptoir des fameux Lake Champlain Chocolates. Si l'on retrouve les mêmes produits qu'à Burlington, c'est surtout pour leur section Seconds, comprendre ''j'ai foiré la production'' que l'arrêt vaut le coup. Emballage froissé, morceaux manquants, glaçage croche, hors saison (chocolats d'Halloween en juillet) et hop 20 à 50 % de réduction sur les prix. Mais pourquoi s'en priver ?

La route 100 continue de grimper à travers les montagnes fleuries. Le soleil est revenu à nous, les prairies se sont parées de leurs plus beaux atours. 
Si hier, nous étions à Montpelier, aujourd'hui, nous ferons un détour par Moscou, Cambridge et Jericho. Le Vermont, c'est un tour du monde en une journée !

La petite route entre Moscow et l'embranchement pour Stowe est sublime.
Je ne serais absolument pas étonné de voir Carrie Ingalls se vautrer dans sa jolie petite robe à volants au milieu des fleurs. 
C'est tellement bucolique que j'ai envie de m'arrêter faire une sieste dans l'herbe, de chanter et courir après les papillons comme Ferdinand le taureau, et de me reconvertir derechef en paysan à chapeau de paille. 

Stowe est une petite bourgade enveloppée de magasins de ski, boutiques de vêtements d'hiver, motels et hôtels aux noms évocateurs. Stoweflake, Innsbrück Inn, Sun and Ski, Alpine Inn, Mountain Dorm, sont autant de rappels que l'hiver ici est aussi rude que par chez nous. Aux dires des locaux, il y fait moins froid (tu m'étonnes !), et il y a plus de neige. Peut-être une prochaine destination glisse, mais pas l'hiver prochain... À suivre.

Un rapide repas sur une terrasse ensoleillée mais venteuse, une petite balade digestive autour de la bibliothèque, et c'est parti pour le tour du Mont Mansfield.
Au loin dans les montagnes, on devine les pistes de ski, le domaine en possède 116 pour un total de 65 km de glisse. La hauteur de neige naturelle peut atteindre 8 mètres, un paradis pour les amoureux de poudreuse. 

La route 108 est peu fréquentée, nous traversons des villages perdus, distinguons de superbes demeures et nous laissons envahir par l'air pur de la montagne.
Du côté de Jericho, des stations services semblent sortir des années 50, le Vermont, c'est aussi un voyage dans le temps.



À South Burlington, nous posons nos sacs dans l'immense chambre 110 face à la piscine du Travelodge. Quelques minutes pour reprendre nos esprits (et une douche) et nous gagnons le centre-ville.

Le stationnement du Burlington Town Center n'offre plus 2 heures gratuites, par contre, c'est toujours le cas du parking du Hilton, en face du 77, College St.
Le soir, plus personne ne contrôle les entrées et sorties, nous avons pu laisser la voiture toute la soirée. Sinon il faut surveiller les parcomètres qui, suivant leur emplacement offre la gratuité à partir de 18 ou 22 heures.
Le stationnement de Bank St (au coin de Winooski St), un peu plus central, offre également 2 heures gratuites, mais il est souvent complet.
Bon, votre voiture est garée ? Et si on allait faire un tour chez Ben & Jerry's ?

Déambulations dans les rues animées, c'est propre, les automobilistes s'arrêtent immédiatement lorsque on envisage de traverser une rue, les gens sont souriants et très aimables, un vrai plaisir de ville.

Tiens, il est de nouveau temps de manger ! Nous jetons notre dévolu sur le célèbre American Flatbread, qui en raison de son succès est toujours plein. Fort heureusement, il dispose d'un immense bar et d'un grand choix de bières maison. Quelle chance.
La charmante hôtesse prend nos noms, nous informe du temps d'attente prévu et nous donne une pointe de pizza en plastique que nous devons traîner avec nous et qui nous préviendra lorsque une table sera prête.
Le temps de descendre deux (ou trois ?) Green State Lager, deux Sans Souci, et 1 Cone Head (juste pour goûter), la pointe de pizza est saisie d'une improbable crise d'épilepsie en gigotant dans tous les sens et se met à clignoter comme une fête foraine sous amphétamine ! Notre table est prête, nous aussi.
Le Flatebread est une pizza réalisée ici avec des produits locaux, bios et de main de maître. 
Je distingue le pizzaïolo, il semble avoir 14 ans. Les pâtes virevoltent entre ses mains, atterrissent dans une nuage sur une planche enfarinée, aussitôt une louche de sauce tomate est tartinée dessus, les garnitures pleuvent comme dans Cloudy with a Chance of Meatballs, et hop, direction la gueule béante du four à bois qui vrombit tel une chaufferie de locomotive antédiluvienne.
C'est un vrai ballet dédié à la nourriture, je suis complètement hypnotisé.

Hiiiiiiiiii my name is Judyyyyyyyyyy How are U todayyyyyyyyyyyy ? Câline, je la connais cette enjouée serveuse Judy aux jolies joues roses ? Avons nous déjà travaillé ensemble ? 
Non, à bien y regarder, elle m'est étrangère, mais tellement sympathique. Hiiiiiiii Judyyyyyyyyyyyyyyy I'm gooooooooood thank youuuuuuuu !

Principalement végétariennes, les pizzas combleront les viandards invétérés. Les tailles sont américaines, comprendre démesurées... La petite suffit largement à un bon appétit, la grande peut par contre être divisée en deux choix et revient moins chère que deux ou trois petites.

Pour terminer la soirée, nous descendons quelques mètres jusqu'au Drink, un bar à cocktail et jeux de société qui offre tous les jours de la semaine des spéciaux. 
Ce soir, c'est Mojito à 4$, et ils sont bons, foi de récolteur de menthe !


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Vermont - Jour 1 - 14 juillet 2015

De Montréal à Montpelier
Quatre jours autour d'une bière et de beaucoup d'autres plaisirs.
Quatre jours dans le Vermont, quatre jours qui font du bien à l'âme, aux sens et au corps. 
Ces gens savent bien vivre, ils se sont simplement trompés de côté de frontière...

Cette fois, la route nous mène tout droit à la Laiterie de Coaticook
Depuis deux étés, notre IGA nous fournit en délices glacés originaux (tire d'érable, choco amaretto, mokaramel) provenant directement de cette institution québécoise.
Vous le savez (si vous lisez mes recettes) que je suis un inconditionnel gourmand et que je plébiscite les bons glaciers montréalais comme Kem Coba ou les Givrés.
Mais de temps en temps, un pot de glace à la tire et pépites d'érable trouve tout à fait sa place sur la table des desserts.
Puisque la route passe par là, autant s'arrêter... 

Avant de franchir les immenses portes du glacier, et puisque c'est l'heure de manger, nous allons goûter à quelques produits de la microbrasserie de Coaticook
L'accueil est sympathique, la dégustation de bières, le smoked meat et le burger brasseur tout à fait à la hauteur. 
Ces vacances commencent bien.
Laiterie de Coaticook

De l'autre côté de la route, les cornets dégoulinent de crème glacée, j'en ai plein les doigts, plein la moustache, j'ai l'impression d'avoir 4 ans !



Rassasiés, il nous faut à présent passer la frontière. 
C'est toujours une aventure extraordinaire la frontière américaine...
Dans le désordre et en traduction simultanée : 
  • Vous l'avez loué chère votre voiture ! 
  • Non monsieur, 350$, c'est la caution, pas le prix de location.
  • Qui est votre passager, vous l'avez ramassé sur le bord de la route ?
  • Non madame, c'est mon chum Dédé et il est loin d'avoir le look à traîner sur le bord des routes.
  • Quel est votre métier ?
  • Maître d'hôtel (va donc traduire ça !) pourquoi, vous êtes chasseur de têtes ?
  • Votre patron sait que vous êtes en vacances ?
  • WTF ?
Sans déconner, trouvez-vous une vraie vie, c'est pas croyable de tuer le temps de cette façon ! Est-ce que j'ai vraiment l'air de vouloir introduire des armes, de la drogue ou de fomenter un attentat quelconque ?
Je garde ces commentaires pour moi, je ne suis même pas sûr de pouvoir le dire correctement en anglais. 
Faque, on passe la douane.

Et là tout devient beau et paisible, André n'a finalement pas vomi son stress et il reprend des couleurs.
La route est superbe, le soleil est encore chaud dans le ciel, nous descendons tranquillement vers Montpelier pour y célébrer le 14 juillet. 
Désolé, amis languedociens, je parlais bien évidemment de la capitale du Vermont qui n'a qu'un L.

La chambre de l'Econo Lodge à 5 minutes de voiture, du centre-bourg est simple et tranquille. Un bon rapport qualité/prix, qui permet de profiter pleinement de la petite ville et donne un accès quasi-direct à l'autoroute 89.

Un arrêt au Three Penny Taproom, un bar à bières moult fois récompensé pour son incroyable choix de bières pression et son service super amical, est indispensable. Sis en plein coeur de la mini-capitale, cet endroit figure dans la liste des 100 meilleurs bars à bières d'Amérique depuis 2010.
Les pressions sont servies avec passion et la production locale y est extrêmement bien représentée. Trop parler donne soif, allez y faire un tour !

Depuis que nous allons dans le Vermont, pas une fois nous n'avons eu la chance de nous sustenter dans ce haut lieu du cochon fumé. Trop tôt, trop tard, trop plein, le Prohibition Pig à Waterburry nous a toujours échappé...
Un resto de tripeux comme il s'en fait beaucoup, mais c'est ici et maintenant que ça se passe. À quelque 15 minutes de l'hôtel, c'est également un arrêt indispensable dans le coin.

Il nous faut patienter une trentaine de minutes avant d'avoir une table, ça tombe plutôt bien puisque depuis cet hiver, ils ont ouvert une succursale en arrière, qui propose ses propres bières, et même de quoi les embouteiller pour les ramener à la maison. 
Exactement en face de la brasserie, de l'autre côté de Elm Street, il y a le Craft Beer Cellar, un magasin tout entièrement dédié à la boisson houblonneuse. Que quelqu'un m'arrache ma carte de crédit ou je fais un malheur à mon compte en banque !

L'accueil à la brasserie du Prohibition est à la hauteur des standards vermontois, amical et professionnel. Nous en profitons pour faire embouteiller une bouteille de Reverse Whirlpool, une India Pale Ale amère et bien trouble, et une blonde plutôt accorte, la Little River qui trouvera sa place dans une énorme canette d'un litre.

Il est temps de passer à table et de découvrir ce qui se cache derrière les fumoirs de ce cochon interdit.
Mon voisin a choisi le Sliced Beef Brisket, des tranches de bœuf aux épices texanes, fumées pendant 12 heures. C'est fondant et goûteux, un choix que je recommande !
Pour ma part, j'ai pris le demi-poulet fumé (Pit Smoked Chicken) garanti sans hormones, ni OGM, et qui sent encore bon la basse-cour. Un choix éclairé, une viande tendre et juteuse, un vrai plaisir gastronomique qui ne peut se passer d'un bon verre de bière.

Heureusement, la petite portion d'autoroute qui nous ramène à Montpelier est déserte, il semble que les villages aient roulé leurs trottoirs et que les bonnes gens soient déjà au lit.

Demain, pour changer, c'est glace, bières et bon manger !

Prohibition Pig
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