Cuba 2015 - La Havane

Jour 1
Une ville, une âme, l'escapade tant attendue de notre séjour à Cuba. 
Bon, cette année, nous avons passé plus de temps dans les files d'attente que dans les rues de la ville, mais c'est aussi ça Cuba, l'école de la patience.
Ayant pris soin d'acheter les billets d'autobus (10CUC (= 10$US) pour un aller simple ) deux jours avant, nous prenons un coco taxi pour nous rendre à l'agence Viazul de Varadero. Le départ est donné à 8h pile, une précision d'horloger suisse !

Un petit arrêt en cours de route pour une pause-café et vidange, puis nous arrivons à La Havane en quelque 3 heures. Astuce pour le bus, en partant le matin, il vaut mieux se mettre du côté droit du bus. Ainsi, vous ne serez pas cuits par le soleil et aurez une jolie vue sur le Détroit de Floride. Pour revenir aux alentours de 13 heures, c'est du côté gauche qu'il faut s'installer.

Le bus fait un premier arrêt juste après le tunnel qui débouche sur le Malecón. Cet arrêt est hautement stratégique puisqu'il nous débarque au coeur de la vieille ville. N'ayant pas le billet de retour, il faut aller jusqu'au terminus pour acheter ledit billet. Ce terminus se trouve hélas assez loin de tout, sauf du jardin zoologique, mais il n'y a pas d'autre choix...

La file d'attente pour le billet de retour n'est pas très longue, mais à l'instant où nous arrivons, tout le système informatique des réservations tombe en panne. Nous ne sommes heureusement pas en France, les gens comprennent que la charmante dame n'y peut rien, et lorsqu'elle nous annonce qu'il y en a pour 1 heure, nous sortons nos livres et guides de voyage en attendant le retour de la technologie.
Finalement, cette attente durera presque 2 heures, et c'est un client qui signale à la demoiselle que son ordinateur s'est remis à fonctionner puisqu'elle était partie boire un caoua avec les copines. Pas de stress...


Casa particular
Muni du précieux sésame, nous pouvons enfin sauter dans un taxi, qui pour 10CUC nous emmène en direction de la Mansion Colónial, qui nous combla de bonheur il y a 3 ans. Mais, au coin de Animas et Campanario il ne subsiste que la bâtisse sur laquelle est affichée escuela de bailar... Aucune envie d'apprendre à danser, j'ai très faim et j'aimerais bien trouver une piaule !

Décidés à trouver rapidement une chambre un peu mieux localisée, nous arpentons les rues en travaux en direction de Habana Vieja, le vieux quartier de la Havane. En fait de travaux, c'est plutôt des rues complètement défoncées qui nous accueillent. Tout est ouvert pour installer de nouvelles canalisations et un réseau de câbles électriques et téléphoniques. 
Nous errons quelques longues minutes dans le quartier, un peu perdus à la vue des sigles qui désignent soit des chambres à louer, des appartements à partager ou des locations à long terme. Je suis confus.

Au hasard, je demande à une dame qui prend le soleil sous son petit sigle bleu si elle a une chambre à louer. Elle acquiesce et m'attire dans son antre ombragé datée de 1717, pour me montrer la dernière piaule libre. Je teste rapidement le matelas, vérifie l'état de la salle de bains, constate qu'elle est loin de la rue et accepte de céder 30CUC pour une nuit de repos. Un souci de moins à gérer...
Il est plus de 14h30, temps de trouver une table et un bon repas.

Los Nardos
Nous savons exactement où aller, la fameuse table de Los Nardos, sise en face du Capitole nous attend. Ici aussi nous devons patienter, même si l'heure de pointe est passée, la file d'attente indique sans aucun doute la popularité de ce restaurant. Quelques touristes Français essayent de passer devant tout le monde, mais c'est sans compter sur la vigilance du cerbère qui fait monter les convives au fur et à mesure de leur arrivée et des disponibilités dans la grande salle. Finalement au bout de 10 minutes, nous grimpons l'escalier et attendons encore 3 minutes devant les cuisines.

La salle, faiblement éclairée par quelques chandelles, est un repos pour les sens. Une violoniste et un pianiste jouent quelques airs traditionnels et un serveur nous accompagne à notre table.
Ce restaurant sert quelque 60 plats cubains et espagnols pour des prix dérisoires au vu de la quantité. La langouste est à 12,50CUC, la brochette de poulet pour un peu moins de 8CUC, des prix vraiment imbattables. Les quantités sont gigantesques, n'hésitez pas à demander un doggy bag pour emporter les restes. Ceux-ci feront le bonheur d'un pauvre hère sur votre chemin.

Partagas
Repus, nous pouvons commencer à nous promener dans le vieux quartier. Juste derrière le Capitole (fermé pour rénovations majeures) se trouve la fabrique de cigares Partagas. Une des plus anciennes fabrique (1845) toujours en activité. Une visite des ateliers à ne pas manquer, même s'il y est absolument interdit d'y faire des photos. Pour les amateurs de boucane, la boutique vend sa production de Partagas, Romeo y Julietta, Cohiba (le must), Bolivar, Montecristo et autres Punch, à des prix imbattables que vous ne retrouverez qu'à la boutique hors taxes de l'aéroport.
La charmante dame parle parfaitement plusieurs langues et aura grand plaisir à vous conseiller. Les achats peuvent être réglés par carte de crédit pour un minimum de 100CUC d'achats, ce qui va relativement vite !
Un petit comptoir sur la gauche sert quelques boissons et leur expresso (1,50CUC) est un élixir. 

À l'extérieur sommes abordés par plusieurs revendeurs de cigares qui affirment tous posséder la meilleure qualité pour un prix dérisoire. Libre à vous de choisir une copie ou l'original, mais ce serait dommage de passer à côté d'une des fierté du pays.

Castillo de los Tres Reyes del Morro 
Malecón
Descendant le Paseo de Marti, le Prado havanais, nous gagnons la partie nord-est du Malecón, la jetée qui protège la ville des assauts des vagues. Les vestiges quatre fois centenaires du Castillo de San Salvador de la Punta, s'enfonce dans la mer et font face à l'imposante muraille du Castillo de los Tres Reyes del Morro (Fort El Morro). La citadelle de pierres blanches, illuminée par le soleil, se découpe sur fond de ciel noir, rehaussé d'un double arc-en-ciel. La photo est parfaite !
Depuis hier, le vent est un peu tombé, mais l'océan, en mémoire de cette tempête, continue inlassablement de harceler les murs vieillissants de la promenade préférée des Havanais. Les vagues se jettent sur les murs, giclent haut dans le ciel et retombent en myriades de gouttes. Le soleil rasant de cette fin d'après-midi donne une dimension magique à ce spectacle. Les promeneurs et les voitures redoublent de vigilance pour ne pas se faire arroser. 
La magie de cette ville est partout. Dans ces délires tempétueux, dans la joie des habitants pour ce spectacle, dans leurs sourires lorsque, nous aussi nous laissons aller à cette paisible contemplation, dans les longues rues plus calmes où le soleil joue à cache-cache, et où les clairs-obscurs floutent la vision à travers les embruns salés.


Hotel Inglaterra
À l'abri des rues étroites, nous repartons en direction du Parque Central, non loin du Capitole. En ce samedi, la fréquentation est intense. Il y beaucoup de monde partout, touristes et habitants goûtent avec délectation leur flânerie pré-dominicale. Nous allons boire un verre sur la terrasse du plus vieil hôtel de la capitale, l'hôtel Inglaterra. Fondée en 1875 dans un style néo-classique une visite s'impose, ne serait-ce que pour en admirer l'intérieur. L'ascenseur nous monte rapidement sur le toit, et nous sommes tout de suite accueillis par la charmante barmaid. Un mojito à la main, nous admirons la superbe vue sur le Parque Central, les toits du Capitolio, la perspective du Prado et les majestueuses bâtisses alentours. La douceur du soleil couchant dépose ses ors sur ce décor d'un autre siècle.


Habana Vieja
Descendant la rue Obispo, nous nous dirigeons vers le coeur restauré de la vieille ville. El Floridita, au coin d'Obispo et Bélgica, est le plus célèbre bar à cocktails de la capitale et doit sa renommée mondiale à Ernest Hemingway, grand écrivain et grand buveur devant l'Éternel, qui en fit son quartier général entre les années 30 et 60. Le berceau du daïquiri est également à l'origine du Papá, créé suite à une commande spécial de Papa Hemingway qui est un daïquiri sans sucre et avec double ration de rhum. Inutile de préciser que le lieu est toujours plein à craquer et que les prix des consommation sont à l'avenant.
Sur la très touristique Calle Obispo, on trouve la pharmacie Taquechel, merveille de la fin du 19e siècle parfaitement restaurée, la librairie Moderna Poesia et d'autres bâtiments, qui  font de ce petit axe un incontournable d'une balade dans le quartier. Sur la calle Empredado, presque au coin de la place de la Cathédrale, se trouve le deuxième point de chute du célèbre buveur écrivain : La Bodeguita del Medio.
Un petit bar/resto, lui aussi toujours plein, est à l'origine dès son ouverture en 1942 du fameux mojito, cocktail national s'il en est !
Hyper touristique, ce ne serait pas mon premier choix pour y boire ce cocktail qui y est relativement cher et pas toujours bien réalisé, mais c'est une halte obligatoire pour une première visite à La Havane. Si vous voulez le meilleur mojito du monde, il va falloir vous faire inviter chez moi en été. Je réalise le spécial Églantier, recette secrète qui combine 3 sortes de menthes directement issues du jardin biologique l'Églantier. On avait dit secret !!
À l'est de la place de la Cathédrale, nous prenons la rue Mercaderes en direction de la Plaza Vieja. Ici, toutes les maisons ont été restaurées, mais un entretien un peu plus régulier serait à envisager.
Le Museo del Chocolate propose des chocolats chauds ou froids à 1CUC qui sont excellents. Leurs petits chocolats au lait ne cassent pas trois pattes à un canard, mais ne sont pas chers, les enfants vont adorer.
Il est grand temps d'aller se jeter une petite broue à la Tabarna de la Muralla, une microbrasserie qui réalise une très bonne blonde bien fraîche. Les mètres verticaux de cervoise trônent sur les tables et les enfants courent sur la place après leurs hélicoptères lumineux. Il y a foule en ce samedi soir, autant de touristes que de Cubains, ce qui n'était pas du tout le cas il y a quelques années.
En revenant sur nos pas nous sommes irrésistiblement attirés par l'entrée d'un paladar, un restaurant privé tenu par une famille. Le jeune homme à l'accueil nous signale qu'il y aura un peu d'attente et nous invite à revenir dans trente minutes, en minutes cubaines ça fait plutôt 60...
Enfin, nous avons accès à l'escalier vers l'étage du Paladar los Mercaderes. Ce restaurant est sublime ! Le propriétaire et sa famille qui y habitent depuis 5 ans ont mis pas moins de trois années à le rénover pour en faire un restaurant hyper romantique et une table fort appréciée. La Saint Valentin avant l'heure !
Plus cher que Los Nardos, la langouste y est servie accompagnée d'une incroyable sauce au café ou à l'ananas (les deux sont à se rouler de joie dans un cactus). Malgré le prix de quelques bouteilles de vin à presque 300CUC, ici, on accepte uniquement l'argent sonnant et trébuchant. Comme presque partout ailleurs, il faut compter 10 % de plus à la facture finale pour le pourboire. 
Le service est parfait, le personnel parle anglais et connaît très bien le menu. Je vais y envoyer mes serveurs pour faire un stage de perfectionnement !
Voilà qui met un terme plutôt agréable à une journée intense. Les trottoirs irréguliers, les travaux d'excavation, les pavés inégaux sont autant de pièges pour les pieds imprudents et les chevilles délicates, j'ai les jambes en coton-tige ! Il est temps de regagner notre piaule en clopinant dans les ruelles sombres où pourtant, on ne se sent pas en insécurité.

Jour 2
Plaza de Armas
Une nuit au calme, et un réveil matinal. Il faut en profiter, le retour au zoo est pour bientôt.
En ce petit dimanche matin, il n'y a presque personne dans les rues. Les commerces sont tous fermés, et même dans le quartier touristique le calme et le chuchotement sont de mise.

Nous nous dirigeons vers la Place d'Armes et tombons sur une charmante petite boulangerie de quartier. Nul touriste à l'horizon, l'endroit semble bel et bien fréquenté par les habitants. Les petits éclairs au chocolat à 0,35CUC sont des ravissements pour les papilles, nous aurions dû en acheter une douzaine !
Les bouquinistes de la Place commencent à installer leurs étals. Le soleil vient doucement réveiller les pigeons qui s'ébrouent dans les bassins des fontaines, un chien errant essaye de voler le sandwich et se fait chasser. Les autres rient de l’exaspération du jeune bouquiniste, c'est un petit matin peinard qui prélude l'arrivée des meutes, avides d'une reproduction d'un Che pétunant et de son Fidel au doigt accusateur derrière une forêt de micros. 
Nous foulons le pavé en bois devant l'entrée du Palais du Capitaine Général devenu musée de la ville. Il a fort longtemps, le vacarme des roues des calèches troublant le sommeil royal du Capitaine et de sa douce, un aide de camp un peu téteux fit remplacer les pavés en pierre par des pavés en bois. On ne sut jamais s'il fut récompensé pour ce dévouement, mais ça fait une belle anecdote et une idée pas si folle que ça. La calle Oficios nous emmène tout droit vers la Chambre de Commerce et les quais du terminal Sierra Maestra où un gigantesque paquebot digère encore ses milliers de passagers avant de les déverser dans les rues de la ville.

Plaza San Francisco
Sur la Plaza San Francisco, en face de la Chambre de Commerce, une armée d'ours au bras levés semble célébrer l'aube d'un jour nouveau.
Les United Buddy Bears célèbrent leur 25e exposition sous le soleil de la Havane et nous ne savions même pas que ça existait ! Créés en 2002 et exposés la première fois à Berlin, ces ours de 2 mètres de haut sont l'oeuvre de 140 pays unis pour appeler à plus de tolérance, d'entente entre les peuples, les cultures et les religions. Vaste projet !
Chaque pays expose un ours revampé par un artiste, le jeu consiste à deviner quel pays représente l'ours avant de lire son origine sur une petite plaque. Si pour la plupart, la chose est évidente, il est quelque fois plus ardu de deviner qui s'est lâché dans la créativité.

Au bout de la place, le monastère de Saint-François d'Assise est flanqué d'une statue de Juníperro Serra, un missionnaire franciscain, serrant fort dans sa robe de bure son mignon petit sauvage Juaneño très légèrement vêtu. Je suis un peu dubitatif, j'ai l'impression que le jeune amérindien aimerait bien être ailleurs... Je dois délirer, probablement le manque d'éclair au chocolat.

Nous avalons un chocolat chaud au piment sur un coin de table du Musée du Chocolat et remontons la rue pour récupérer nos sacs et nos passeports laissés à la propriétaire de la casa particular.
Un dernier tour sur le Malecón, un salut à la fresque du Che et de son gardien, avant de remonter le Prado où les artistes commencent à s'installer. 

Nous nous perdons quelques minute dans les ruelles du quartier du Capitole avant de héler un taxi qui nous emmènera brinquebalant jusqu'au terminus Viazul. Avant de monter dans le bus, nous allons dévorer un sublime sandwich au jambon épais et juteux dans une toute petite cafétéria aux tabourets hautement démesurés, au coin de la 25e et Empirea. Une halte rapide et hautement roborative avant de monter dans le bus que personne n'a annoncé.
Devant nous, un jeune couple d'amoureux va finir par faire des bébés sur la banquette... Chauffeur, un seau d'eau froide !

Le soleil haut dans le ciel a laissé de douloureux souvenirs à nos amis tous inclus, ce soir l'alcool va encore couler à flots. 
Cette escapade, même si encore une fois, elle nous laisse un goût de trop peu, a été une bouffée d'oxygène. Demain, c'est plage !

.

Cuba 2015 - Les joies du tout-inclus

Observation non-exhaustive des comportements de nos congénères hors de leur habitat naturel.
Les principaux acteurs de ces séjours sont des gens bien de chez nous, nord-américains, hors étasuniens qui sont toujours personæ non gratæ, il en vient aussi de l'autre côté de l'océan. Français, Suisses, Russes, Belges, le buffet est ouvert !


Le Québécois est un bon vivant peu enclin à la violence. Il aime sympathiser rapidement avec le personnel des bars, les serveuses des salles de restauration, les surveillants de baignade et à peu près tous les autres vacanciers.
Il se reconnaît principalement au CH affiché sur le t-shirt et/ou la casquette. Il est fier de sa culture francophone, mais manie aisément les bases espagnoles qui vont lui permettre de se faire comprendre plus rapidement. Ola, gracias, por favor et cerveza sont les mots-clés de ce joyeux luron qui va les distribuer généreusement et avec le sourire, au comptoir ou au buffet. Il a les défauts de ses qualités, il est sociable ! Trop... Non, je vous assure madame qui avez l'âge de ma maman, je ne sympathiserais pas plus avant avec vous. Vous êtes ben ben saoule et j'ai aucune envie de vous frencher, même pas juste un ti bec et je suis pas votre "mon minou" !


Le Canadien... Habite hors du Québec, il ne comprend en général pas un seul mot de Français. De toute façon, la planète entière parle Anglais, c'est aux autres de s'adapter...
Il est identifiable instantanément grâce à la feuille d'érable imprimée sur le t-shirt, la casquette, le sac, le maillot de bain, le bikini ou tatouée sur une partie visible du corps. Toutes ces options sont cumulables.
Il vit en bande qu'il a réussi à former dès son arrivée à l'hôtel et verse de substantiels pourboires au personnel du bar.
Il a une très forte propension à surconsommer des barils d'alcool. On ne le voit jamais sans son énorme fût accroché au bout du bras, qu'il fait remplir de bière, piña colada ou Cuba libre. Comme ça, ça lui évite de retourner au bar trop souvent, c'est loin...
Parlant fort et ne supportant pas bien les effets secondaires de ses beuveries, il finit par trouver un adversaire, francophone de préférence, pour échanger quelques claques.


Le Français ne change pas...
Français, il est, Français, il reste ! Extra Gallia nulla salus comme on dit.
En voyage organisé, il se tient en petits groupes et est fidèle à ses habitudes. Il se demande à quoi peut bien servir la menthe au bar et préfère un Ricard sans glace à un mojito. Aucune amélioration concernant son ignorance des langues étrangères, il n'en connaît aucune. Il est incapable, même après une semaine, de sortir un por favor ou gracias. Il arrive au bar en panique, pas d'glace, pas d'glace !! Je ne sais pas ce qui se dit en Hexagone concernant les glaçons des hôtels internationaux de Varadero, mais cela m'étonnerais que ces complexes prennent le moindre risque d'empoisonner leurs milliers de clients. Ils utilisent de l'eau traitée. Et un drink sans glaçons, c'est moyennement bon.
Impatient, il pousse tout le monde pour être servi en premier. Hélas, il n'a pas encore réalisé qu'il était en vacances, alors il râle tout le temps. Même la météo en prend pour son grade. Mais pourquoi ne se contente t'il pas d'aller visiter l'Autriche ou les Deux-Sèvres ? 
Par contre, il est souvent bien habillé, hyper technique by Quechua ou totaly fashion comme pour un week-end à La Baule. Il ne parle pas Anglais, mais ne sait plus vraiment parler sa langue maternelle sans y coller quelques anglicismes mal prononcés.
Radin, il a ses techniques imparables : laisse traîner un billet sur le comptoir pour être servi en premier et quand c'est fait, tu le récupère. (réellement entendu au bar).


Les Argentins sont nombreux et pourtant on ne les entends jamais. Eux sont rapidement servis puisqu'ils savent bien s'exprimer... Polis avec toute le monde, ils bronzent vite (c'est énervant !) et se promènent en permanence avec un thermos d'eau chaude et leur bombilla plantée dans une calebasse pleine de maté. 

Le Jeune. Calmez-vous, j'ai déjà été jeune et, qui plus est, marin, ce qui fait de moi un spécialiste des bars et des fins de soirées étranges. Mais sérieusement, c'est quoi l'idée de se tartiner dès l'ouverture du premier bar ? Enfin pour ceux qui peuvent patienter, il y en a qui descendent de leur chambre à 8h du matin avec une ou deux Cristal dans les mains, d'autres qui n'ont pas dormi de la nuit et qui arrivent saouls comme des cochons au buffet du petit-déjeuner. 
Il est persuadé que tout un chacun aime la musique qui éructe de son sac à dos, et que son haleine de coyote mort est un parfum prisé des jeunes filles. Il ne comprend pas pourquoi ses voisins de chambre sont fâchés après qu'il ait hurlé toute la nuit, déroulé les lances incendie et poussé à fond le volume de ses hauts-parleurs bluetooth. Les gens sont tellement intolérants ! Il revendique sa swag attitude avec sa casquette croche et sa moue boudeuse. 
Ah, un gars trop saoul c'est vilain, mais une fille c'est vraiment laid !

Étrangement les quelques Russes que nous avons croisés étaient tous fort sympathiques. Familles avec enfants bien élevés, couples style couverture de magazine, jeunes mariés, il n'y a aucune anecdote à propos de ces fiers slaves. Désolé.
------------------
En rafale, je vous évoque quelques acteurs triés sur le volet. Toute ressemblance avec des personnages réels n'est ni fortuite, ni involontaire. 

- Miss Barbie ne maîtrise pas l'utilisation de ses talons hauts. Elle marche toujours très vite tête baissée comme si elle avait une envie pressante et permanente d'aller aux toilettes. J'ai tellement peur qu'elle tombe. Ses rallonges, mal faites, font une vilaine bosse décolorée derrière la tête. 
- Tiffany porte des bijoux en faux diamants et un maquillage extrême, même à la plage. Une belle couche de goudron lui sert de mascara et colle ses sourcils en un épais rideau noir. Le soir, scotchée au bar, elle luit comme une boule disco, des rivières de brillants lui coulent dans la craque de boules comme autant de cascades merveilleuses. Elle avale sa tequila comme un chameau s'abreuve à un oasis et est vêtue comme si elle allait participer au bal du commandant. Le lendemain, elle est fraîche et dispose pour une nouvelle journée de folie. Apanage de la jeunesse...
- Shawinigay n'a pas compris qu'il était en terrain miné. Innocence alcoolisée, il découvre le monde à travers ses yeux d'enfant. Il finira sa première soirée en sang après s'être pris une beigne pour avoir voulu draguer le chef de la gang de rue au coin du bar. On ne l'a plus revu...
- Monsieur Toujours Content est un grand barbu tout en muscles qui passe ses journées à jouer au frisbee, à lancer une balle de base-ball ou de football américain avec son ami. Il a toujours un superbe sourire affiché sur sa face joviale et sympathise avec tout le monde. Il est l'incarnation de la joie de vivre et son geste favori est le fist bumping
- Monsieur Jamais Content, c'est tout le contraire. Un suisse allemand tout tatoué, avec une coupe de cheveux à l'iroquoise venu avec sa petite famille. Après 13 jours, nous l'avons pas encore vu sourire.
- Rase Motte et ses amis. En voilà un joli trio d'imbéciles... Un QI total proche d'un Jello mal figé, abonnés à tous les bars, ils font nuit blanche et ne savent hélas s'exprimer qu'en borborygmes. Le type de clientèle relativement classique de ce genre de vacances.
- Son Père est arrivé de Montréal pour une seule raison : ne jamais dessouler ! Il a la cinquantaine, mais en fait 15 de plus. Il porte les même vêtements pendant toute la semaine et sa main droite n'a jamais eu une température plus élevée que sa bière. Il finit ses journées invariablement en titubant dans le lobby à la recherche de son fils qui est à peu près aussi saoul que lui. C'est d'ailleurs son fiston que nous voyons arriver le matin avec une Cristal dans une main, un Red Bull dans l'autre.

J'en passe des dizaines d'autres, je ne voudrais pas vous gâcher la surprise lors de votre prochain séjour. Ne voyez aucune méchanceté dans mes propos, je ne fait que constater ce que j'ai vu. Il me manque énormément de faits divers puisque le soir je fuyais rapidement les lieux de beuverie.

Cela m'a empêché de me faire des "amis", mais je me souviens de toutes mes vacances. Je vous reviens sous peu avec mon escapade à La Havane.



.





Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...