Toronto - Niagara, 3 jours avec Sinorama (jour 1)

17 mai 2014 - jour 1
Parce que la demande d'un ami concordait avec une pressante envie de bouger, j'ai donc traversé la frontière du Québec pour aller m'aventurer en anglophonie. 
Un voyage organisé avec 51 compagnons de bus pour le meilleur et pour le rire. 
J'ai déjà voyagé deux fois (Boston, New-York) avec cette agence située dans le Chinatown de Montréal. Pour le moment nous n'avons jamais été déçus de leur organisation et de leurs connaissances des buffets chinois en Amérique du Nord. 

Il est 6h45 et nous sommes invités à nous diriger vers le bus #31, quelques passagers encore endormis patientent avec nous. Notre chauffeuse Lyne nous accueille avec un grand sourire (et une cigarette) et nous invite à monter dans le bus aux places qui nous sont assignées. 
Sa bonhomie nous changera agréablement de notre dernier chauffeur qui avait menacé de tous nous tuer s'il n'avait plus le droit de se goinfrer de barres chocolatées arrosées de dizaines de canettes de boisson énergisante tout en textant sur l'autoroute.

Étrangement, il n'y a aucun Asiatique dans ce bus hormis le guide, Stéphane. La moitié gauche est occupée de Marocaines rigolardes et émancipées et la partie droite, de Français (dont certains fidèles à leur réputation), de Québécois et de quelques Sud-américains qui se demandent ce qu'ils font là. 

À 7h00, le bus s'ébroue et se dirige vers l'ouest. Quelques explications sur les règles de conduite, les visites et le respect de l'horaire de notre guide et rapidement les têtes dodelinent avant de retrouver le sommeil qui traîne encore dans les parages. 

Aux alentours de 11h00, nous arrivons dans le secteur des 1000 Îles, lieu hautement touristique et d'une beauté naturelle extraordinaire. Le vent froid ravive nos esprits embrumés tandis que nous nous dirigeons vers le Thousand Islander IV, fier vaisseau de la flotte Gananoque Boat Line
Le navire blanc tangue légèrement sous les rafales glaciales et, forts de nos escapades asiatiques où nous avons appris que la loi du plus rusé et du plus rapide était la meilleure, nous nous faufilons devant la foule pour choisir les sièges les mieux placées. Il faut avouer que nous bénéficions de l'aide de Mémé Adèle qui use habilement de sa canne et de ses vigoureux 81 ans. 
Merci Mémé pour ces passe-droits imprévus. 

Confortablement installés face à une fenêtre sur tribord avant, nous admirons ce paysage fantastique. Plus de 1800 îles parsèment cet archipel qui sépare les États-Unis du Canada. 
Situées à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent en aval du lac Ontario, ces îles peuvent être habitées seulement si elles sont au-dessus du niveau de l'eau toute l'année et qu'il y ait au moins 2 arbres ou arbustes pour une surface minimale de 2 mètres carrés. Autant dire que quelques privilégiés dorment dans des hamacs... 
D'autres par contre possèdent des propriétés que seules les feuilles naissantes permettent de tenter d'ignorer. Luxe, calme et volupté dignement déposés au hasard d'un ciel immense, sur les flots agités où les courants du grand fleuve naissant lui donne une vigueur tempétueuse. Les oreilles gelées, mais les yeux grands ouverts, nous ne nous lassons pas de cet immense paysage. Qu'il doit être doux de se perdre en kayak entre ces îlots à l'heure où le soleil frôle l'horizon et que le feu de camp lance son appel à la saucisse grillée.
Mais l'heure de croisière touche déjà à sa fin. Nous regagnons le bus, heureux de constater que presque tout le monde respecte l'heure de rendez-vous. Le prix a payer pour un voyage organisé. 

Vingt-cinq minutes plus tard nous nous arrêtons quelques (trop courtes) minutes à Kingston, première capitale du Canada. 
Bâtie, Fort Frontenac, elle fut détruite par les Anglais qui aimaient briser les jouets des Français. Reconstruite et baptisée Kingston, capitale éphémère du pays, elle a donné naissance au premier Premier Ministre du Canada, Sir John MacDonald, qui n'a jamais ouvert de restaurant. 
Pimpante sous le soleil printanier, cette bourgade de 160 000 âmes mériterait une visite un peu plus approfondie. Un marché bio de producteurs locaux, une série de boutiques chics et de bon goût et un accueil désarmant de gentillesse ne peuvent que donner l'envie de revenir. Elle est aussi une destination très courue des skippers qui trouvent sur ces eaux des conditions parfaites pour border la grand-voile. 
Mais l'heure tourne, les minutes semblent s'affoler. Une dernière photo de la tour Martello et nous grimpons dans le bus, toujours accueillis par la souriante Lyne (et sa cigarette). 
Chouette, c'est l'heure de manger ! Incollable sur le sujet, notre guide nous emmène au buffet chinois. Tout comme les passagers de tous les autres bus... Il y a énormément de monde d'un seul coup, mais nous avons un atout : une Mémé avec une canne ! 


Sitôt les agapes achevées, nous remontons dans le bus pour la dernière ligne droite en direction de Toronto. Arrêt à l'Université d'où l'on s'imagine voir surgir les élèves de Poudlard, photo de la statue de Sir MacDonald, quelques tulipes apportent de la couleur au ciel chargé. Dans l'axe de la Tour CN, une charmante dame asiatique prend des poses toutes plus farfelues les unes que les autres pour le plus grand plaisir de son mari paparazzi et du nôtre. 
Il est déjà temps de prendre le bus pour un passage éclair au Eaton Center. Les amoureux du magasinage en seront pour leurs frais puisque en une heure, il faut manger, visiter le plus de boutiques possible, acheter et essayer de profiter. En fait, les vrais accros savent exactement où aller, essayent leurs vêtements entre les allées et franchissent les caisses avant même que j'ai eu le temps de repérer le plan du centre commercial. 

Le mobile accroché à l'immense verrière, surnommé Flight Stop, conçu par l'artiste Michael Snow, suspend le vol des oies sauvages au-dessus des badauds. À l'extérieur, le soleil est venu nous faire un coucou chaleureux, les immeubles de pierre se reflètent sur les immenses surfaces vitrées des gratte-ciels modernes, les gens profitent de la quiétude de cette fin de journée. 
L'ancien hôtel de ville fait face au square Nathan Phillips où les touristes prennent une petite pause avant de rejoindre leurs bus respectifs. Le dernier trajet nous conduit au Comfort Hotel à Woodbine, à environ 20 minutes du centre-ville. 

La chambre est grande, les lits confortables, il y une piscine de chlore près de l'accueil, un bar et une piste de danse avec un pianiste un peu déprimé. La boule disco tourne dans le vide, l'ambiance est exactement comme un film de série B, à mourir... 

Heureusement, la jeune barmaid sexagénaire peroxydée est accorte et manie l'humour aussi aisément que la pompe à bière. 
Une ou deux pintes plus tard nous regagnons nos chambres, la nuit sera courte, le départ du bus est prévu à 7h00.



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