Vendredi 28 février – Jomtien, une plage et ses animaux

Si le programme d'hier était simple, que penser de celui d'aujourd'hui ? 

Le réveil est un peu difficile, le Sang Som (rhum thaï) soda est un traître qui, derrière ses atours enjôleurs cache un léger mal de tête. 

Le petit-déjeuner vite expédié, nous saisissons notre crème solaire, nos serviettes et descendons la rue qui mène à la plage. 
Les chaises longues se louent 100฿ la journée et nous avons le choix de l'emplacement. La plage est vaste et les vagues viennent lécher les pieds des transats. 

Je me demande pourquoi, à la grandeur de plage et au nombre d'emplacements disponibles, il faut que des gens viennent se coller à nous. Ces deux couples de retraités, probablement hollandais, sont tout simplement abjects. Ils claquent des doigts pour appeler les serveurs, aboie des ordres dans leur langue rauque et se comporte comme des malappris. Ils me dégoûtent, mais j'essaye de faire abstraction. 
Jusqu'à ce qu'une de leur amie viennent les rejoindre. 

Je ne sais pas laquelle des deux est sourde mais la simili-tranquillité dont nous profitions est devenue un enfer de verbiage guttural et d'exclamations intenses. Trop, c'est trop. Nous appelons le jeune homme qui s'occupe des matelas, lui donnons l'argent et quittons cette enclave batave qui commençait sérieusement à mettre notre patience à mal. 

Un peu plus loin une zone tranquille va nous accueillir pour le reste de la journée. Nous aurons tout loisir de nous baigner en essayant de ne pas boire la tasse, car je ne sais pas si c'est dans l'eau ou dans l'air que ça sent si mauvais.

Des marchands ambulants proposent des dizaines et des dizaines de choses à acheter. Outre les classiques riz, salades, nems, crevettes et crabes frits, glaces, fruits et boissons, on a aussi le bonheur de trouver des bougies, lampes de salon, sculptures en bois ou en pierre, massages, pédicure, billets de loterie, vases, nappes, napperons, sous-verres, t-shirts, rasoirs, tondeuses à barbe, lampes de bureau LED, films porno, éventails géants, lunettes de vue, de soleil, chapeaux, paréos, cerfs-volants, faux tatouages en gant, faux tatouages au henné. 
Et ça recommence. Encore et encore... 
Un simple non de la tête suffit à éloigner ces vendeurs qui portent des charges souvent considérables sous un soleil de plomb. 

Un être humain que j'avais d'abord pris pour une tortue centenaire échouée est allongé sur le ventre, le maillot de bain roulé aux genoux exposant ses vieilles fesses molles et ses baloches pendantes au soleil. Une femme très âgée, couchée sur le dos a les seins qui trempent dans le sable de chaque côté de son matelas. Des vieux beaux pensent qu'ils ont 20 ans et que le string est encore à la mode. Certains sont tellement bronzés qu'on les dirait rescapés d'un incendie. 
N'était de la distraction qu'ils offrent et de la lecture du vieux livre moisi que j'ai trouvé à Galle, je me sentirais nauséeux. Quel beau ramassis de déchéance. 

Heureusement, vers 15 heures, la faim nous tenaille et nous quittons cet endroit pour nous plonger dans la touffeur de la rue. Nous y trouverons une vendeuse ambulante de som tam et de khao niao, qui nous fera le bonheur de griller une brochette de porc et du poulet sur son petit barbecue portable. Assis sur les marches d'une boutique fermée, nous profitons de ces mets que nous adorons. Il est important de préciser à Madame Som Tam d'y aller mollo sur le piment, sinon, c'est un volcan que vous aurez entre les deux joues. 

La piscine de notre hôtel sera l'achèvement parfait d'un séjour assez agréable en ces lieux de débauche, de luxure et de tourisme de masse. 

La dame d'hier soir n'a toujours pas trouvé la joie de vivre, nous allons donc nous asseoir dans la section du garçon qui sourit pour y déguster un poisson grillé en croûte de sel. 


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