Lundi 10 février – Kandy - Hatton - Dalhousie

Après un petit-déjeuner pantagruélique, non, je vous jure madame, je n'ai vraiment plus faim... 
Nous montons dans le tuk-tuk et affrontons quelques minutes l'heure de pointe des rues de Kandy avant d'arriver à la gare.

Le billet de train en 2ème classe pour Hatton nous coûte à peine 110 Rp (0,94$), mais nous commencerons notre voyage debout en 3ème classe. Heureusement le groupe de Français qui se plaint depuis 20 minutes parce qu'ils sont debout et qu'ils avaient prévus de s'asseoir et que c'est vraiment trop mal organisé et gnagnagna descend du train et j'ai la chance de tomber sur deux sièges qui semblent parfaitement confortables.

En 2 heures 30 nous sommes à la gare d'Hatton et prenons un tuk-tuk pour le terminus des bus. Notre chauffeur veut absolument nous emmener à Dalhousie pour la modique somme de 1200 Rp. Il insiste lourdement sur la lenteur des bus, le fait qu'on ne trouvera plus de chambres si nous arrivons trop tard, baratin habituel... 
Je lui demande sans sourire de nous laisser tranquille sinon je démonte son tuk-tuk et il se retrouvera sans travail sous peu.

Nous montons dans le bus, trouvons facilement de la place pour nos sacs et partons en direction de Dalhousie, mais avec une escale à Maskaliya. Le trajet devrait durer deux heures et il nous en coûtera en tout 84 Rp (0,71$).
Monte deux dames Tchèques que nous avions vues à la gare. La plus jeune s'est vraiment imprégnée de culture locale et se promène en sari dans lequel elle ne paraît absolument pas à l'aise. La première partie du trajet, elles voyagent avec leur sac sur les genoux faute d'être arrivées à temps.

Le chauffeur semble aussi dépressif que tous les autres et se soucie assez peu d'arriver en vie. Il négocie les virages de montagnes et double les véhicules trop lents à une vitesse folle. Il doit au moins rouler à 35 km/h, mais l'état du bus triple cette vitesse et je me rendrais compte un peu plus tard que les pneus de l'engin sont tellement usés que même une décharge n'en voudrait pas.

En 1 heure, nous arrivons au village de Maskaliya et apprenons que nous n'aurons pas à changer de bus, mais que l'arrêt va durer une heure. Au moins ça nous laisser le temps de manger un morceau et de se détendre les jambes.
Les colorées dames peuvent enfin poser leurs sacs à coté du chauffeur. Mais il y avait déjà des affaires, et leur gros sac est exactement sur le levier de vitesses qui ressemble à un long gouvernail de bateau. Pendant toute la durée de l'escale, elles ne se soucient pas de ce problème, mais d'un coup, alors que le bus est à nouveau plein elle décide de se bouger. Elle nous demande si elle peut mettre son sac sur les nôtres, ce que nous refusons puisque notre tas est déjà passablement instable. Le regard qu'elle nous lance pourrait à lui seul être responsable du changement climatique. Mais nous la regardons avec le sourire et en dodelinant. Nous aimons beaucoup dodeliner.

Enfin la carcasse s'ébroue et nous finissons ce trajet interminable en rejoignant Dalhousie en trois heures. Pendant le voyage, nous avons un peu écouté les passagers qui parlent entre eux de l'endroit où ils vont dormir. Le Green House revient souvent dans la conversation est, il est noté dans le guide. Dès l'arrivée et n'ayant pas réservé, nous sautons du bus avec nos sacs et marchons rapidement vers cette Guesthouse. Nous arrivons les premiers et avons droit à une chambre. Enfin une chambre... plutôt une cellule de moine avec une fenêtre condamnée, un matelas douteux et une moustiquaire tachée de cadavres d'insectes. C'est vraiment chic ! 

Les prix ont doublé, mais restent raisonnables à 1500 Rp (12,75$), et finalement, nous n'y dormirons pas beaucoup puisque nous devons nous lever à 2 heures du matin. Et puis nous sommes juste à côté des premières marches, nous allons économiser pas mal d'efforts.

Nous descendons faire le tour du village qui n'en est pas un, c'est une suite improbable de petites boutiques qui vendent n'importe quoi. On se croirait dans une fête foraine, des peluches fluos rivalisent de beauté avec des poupées en plastique toutes nues, des colliers et des bracelets en tissu, des bonnets en laine polaire, des Saintes Vierges côtoient des Bouddhas, des Jésus, des Saint Thomas et des Shivas, des gants et des manteaux très vilains mais qui ont l'air chauds. Suivent des kiosques remplis de sucreries à base de sirop de palmier et noix de cajou, d'excellents remontants pour la rude ascension qui se profile. En 4 minutes montre en main, nous avons fait la tournée complète de l'endroit et revenons à notre chambre.

Nous sympathisons avec quatre Français et un Coréen avec qui nous mangeons et décidons de faire l'ascension tous ensemble. Un peu de motivation et d'émulation de groupe ne pourrons que nous être bénéfique.


Il est 21 heures, notre nouvelle amie Tchèque vient nous demander de parler moins fort parce qu'elle se lève tôt demain matin... Fin de soirée. 


Adam's Peak vu de Dalhousie
 . 
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