Samedi 25 janvier – Koh Lanta, enfin la fin de semaine !

Les jours se suivent et se ressemblent. Sauf que le vent est tombé, les moustiques en profitent pour faire le plein et pour eux je crois que je ressemble à un centre de transfusion voire une pompe à carburant. C'est ma contribution à l'animal que je hais le plus, c'est bon pour mon karma... Du coup la chaleur elle aussi en profite pour s'installer et c'est comme si un géant avait posé un couvercle sur l'immense marmite pour nous braiser. Aucun jeu de mot, même si j'y ai aussi pensé.
Le salut vient du vent que je vais créer moi même en tournant la poignée des gaz pour monter à Saladan, la capitale de l'île.
Je vais y réserver une plongée pour demain et nous allons encore une fois profiter des excellentes brochettes de poulet de cette charmante dame qui tient boutique dans la rue, coincée entre un wok en fusion et deux énormes bonbonnes de propane qui n'attendent qu'une étincelle. Elle nous aime bien car elle glisse deux brochettes de poisson à notre insu dans le sac en plastique. Coquine !
Nous continuons le chemin de terre et franchissons crânement l'interdiction Hôtel Guest Only pour profiter de la magnifique langue de sable qui rejoint une île et nous permettre de vivre l'expérience de Jésus marchant sur les eaux.
La fournaise qui nous cerne est difficilement surmontable, il faut trouver un abri rapidement sous peine de liquéfaction voire d’auto-combustion. Un restaurant sur pilotis attire notre gourmandise, le plancher en teck et la vue sur Lanta Noi, sont des invitations suffisantes, mais c'est la promesse d'un bon repas à l'ombre qui va nous décider.
La salade de papaye frite et la salade de bœuf à la citronnelle sont deux excellents choix fraîcheur, le vent qui souffle doucement dans le canal finit par nous détendre, serveuse deux hamacs pour la 12 !

Sur la route du retour nous visitons un marché. Deux têtes de porc sans corps accueillent le visiteur dès l'entrée, suivent de près les variations sans fin des poissons et calmars séchés, les étals de poissons et mouches fraîches, le stand de débitage de poulets et mouches, et l'incroyable rayon de tartare de boyaux coupé au couteau. Et mouches.
On peut s'étonner du manque de salubrité qui règne en ces lieux et de l'absence de réfrigération. Les occidentaux nord-américains aseptisés, pour qui le désinfectant à main est religion et qui voit dans le bleu du Roquefort une infection pandémique tournent de l’œil et maudissent ce pays qui ne sait pas vivre. Sauf que le poulet qu'ils mangent à leur hôtel chic vient certainement d'un marché comme celui-là.
Et puis ces animaux viennent tout juste d'être occis, ils n'ont pas été abattus en masse au Mexique, stockés dans une chambre froide avant de franchir 5000 kilomètres dans un camion, trempés dans un bain de chlore avant d'être emballés, réemballés avec une nouvelle étiquette mensongère avant de finir dans votre frigo. Je serais curieux de connaître le taux de salmonelles des deux produits. Le fait est que durant toutes ces années de bouffe de rue, de viande, poissons et autre victuaille, je n'ai jamais été malade. Ah si, quelques fois à Montréal après un repas au resto dont je tairais le nom puisqu'il existe encore...

Avant de rejoindre notre plage pour finir la journée, nous sommes attirés comme des papillons de nuit sur des phares de voiture par une immense quincaillerie. Les plastiques clinquants, les jouets, les articles de cuisine, outils, cannes à pêche, tissus, bassines, machettes, et les centaines d'autres surprises nous émerveillent comme des enfants devant une vitrine de Noël. Nous ne pourrons pas repartir les mains vides, à nous les tasses en alu, le nouveau couteau de cuisine et les tissus qui finiront en nappes et serviettes. Comment ça seulement 12 dollars ? On y retourne.

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