Jeudi 23 janvier – Koh Lanta Noi

Hé bien que se passe t'il ? Y a t'il une grève du syndicat des coqs ? Pour une fois qu'une grève fait notre affaire...

Ce matin nous avons décidé de visiter la petite sœur de Koh Lanta. Une île au nord qui s'interpose entre la terre ferme et Koh Lanta Yai. Un petit ferry chancelant se demandant lui-même comment il fait pour encore flotter assure le transfert entre les îles. Un ticket (13B) payé à la volée et c'est parti pour une jolie promenade à des années lumières des activités touristiques.
La route est tranquille, les enfants, trop heureux de voir quelque chose de nouveau nous envoient des grands signes de la main en affichant des sourires immenses. D'un coté la mangrove étale ses racines boueuses et partout ce sont des plantations d'hévéas qui strient les collines de leurs rangs disciplinés. Les contenants en plastique ou plus simplement en noix de coco récupèrent le caoutchouc qui s'écoule épais et gluant des scarifications de ces grands arbres minces. Il paraît que la récolte a connu un nouvel essor depuis les flambées des prix du pétrole, et franchement c'est plus sympa de se promener dans une plantation d'hévéas que dans un champ de derricks. Enfin j'ai jamais essayé les derricks, mais je vous conseille les hévéas...
En une quarantaine de minutes de conduite pépère nous arrivons au terminus de la route, à Ban Loh Yai. Quelques revendeurs d'essence jalonnent la route, aucune inquiétude de tomber longtemps en panne. Tout au bout du bout un petit boui-boui offre un menu sans prix. L'accueil est chaleureux et l'anglais optionnel, mais ce n'est pas grave, la dame est accorte et nous passons commande. La vue sur les îles au large et les constructions en chantier, le vent et le chat aveugle suffisent à nous charmer.

Son Pad Khrapow Neua est excellent, elle s'inquiète (un peu tard) de savoir si ce n'est pas trop épicé. Le danger de connaître quelques mots thaïs, est que les gens pensent immédiatement que vous parlez couramment cette langue et donc engagent la conversation, l'autre grand danger est qu'ils pensent que vous vivez depuis longtemps ici et donc que vous êtes capables de manger comme eux. Erreur.
La facture elle aussi est une surprise, deux plats, deux Coke pour moins de 6$, difficile à battre...

Nous rebroussons chemin et prenons une route secondaire, nous ne croiserons personne pendant presque une heure. Cette île semble dormir et n'est pas pressée de voir arriver son Prince Charmant.
Sur la côte Est s'étend une plage sans fin. 
Cette plage est absolument, complètement, entièrement vide de toute présence humaine ! Le sable est le plus fin qu'il m’ait été donné de voir depuis longtemps, il y a tellement de place que je ne sais pas où poser ma serviette. Le sable chantant sous les pieds est comme une neige poudreuse chaude, les pieds s'y enfoncent avec douceur, on marche sur un nuage. Quelques bancs taillés dans des troncs d'arbres semblent témoigner d'un début d'aménagement, mais le projet n'a visiblement jamais vu le jour. Il n'y aucun rocher dans l'eau, juste du sable à perte de vue. Heures de calme, heures à l'ombre aussi parce que le soleil est d'une puissance diabolique.


Ce soir le courant n'est plus. La Fée Électricité nous fait faux bond et c'est tout l'esprit humain qu'il faut reprogrammer. Retrouver nos réflexes ancestraux, faire confiance à notre instinct et profiter d'une nuit intense dans les étoiles qui ce soir se trouvent à portée de main. 

 Je me demande si tous les congélateurs ont tenus le coup...



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