Vermont - USA

Je vous l'ai dit et répété, le Vermont c'est à coté, c'est magnifique et en plus les gens sont d'une gentillesse extraordinaire. Ils aiment parler, faire découvrir leur région et leurs produits locaux, utilisent leurs clignotants lorsqu'ils veulent tourner et s’arrêtent même pour laisser passer les piétons. Bonjour civilisation ! 

Habité par les Iroquois, c'est monsieur de Champlain qui en fit le premier la visite en 1609. Samuel trouve l'endroit des Verts Monts charmant, donne son nom au lac, fait bâtir un joli fort, trace quelques sentiers pour que ses soldats puissent se détendre et profite du paysage en pensant à sa doulce épousaille abandonnée au Royaume de France.
Les Anglais ne tardent pas à venir mettre le nez et leur tunique rouge dans cet idyllique tableau, et dès 1724 commence à prendre possession du sud de l'état. Le traître Traité de Paris de 1763 scelle définitivement le sort des derniers colons Français. Batailles, guerres, rivalités, expulsions se feront désormais entre anglophones. Le Traité de Paris de 1783 fera pencher la balance du coté des Américains en exigeant le départ des envahisseurs anglais. Tiens toé !


Quittant Burlington vers le sud, nous longeons le lac Champlain sous un ciel chargé de mauvaises intentions. La route est superbe : à droite les longues eaux, à gauche sous la brume, les collines verdoyantes.
Nous faisons un arrêt dans la toute petite ville de Vergennes pour profiter de la fraîcheur des embruns de la chute de Otter Creek, mais comme il doit faire 15º et qu'il pleut nous ne nous éternisons pas.

En traversant le pont de Chimney Point nous franchissons la frontière de l'état vers celui de New-York. D'un seul coup le lac est à gauche. C'est à n'y rien comprendre.
Hé bien ici aussi c'est très beau, et après quelques kilomètres nous retraversons le lac vers le Vermont en empruntant le petit traversier à Ticonderoga qui en langue iroquoise signifie "à la jonction des deux cours d'eau". J'avais une nounou Iroquoise alors je pratique assez bien cette jolie langue fleurie.

Ici aussi ce sont des Français qui ont posés la première pierre de ce fort nommé Fort Carillon et encore une fois la perfide et jalouse Albion est venue semer le trouble... Comme s'il n'y avait pas d'autres endroits à envahir !

Remontant vers le nord et ce qui semble être une éclaircie nous nous perdons au milieu des vallées, des collines et des prairies. C'est incroyable comme tout devient aventureux lorsque on arrête le GPS !

 Finalement nous revenons à Vergennes pour aller manger au Vergennes Laundry que nous avions vu chez la tentante Josée di Stasio. L'endroit est chaleureux, l'odeur de pain frais titille les narines, les tables accueillantes. Un petit menu de pain maison et produits locaux et une carte des vins sympathique permettent de caler un creux. Nous aurions aimés avoir un accueil un tout petit plus amical au vu de ce que dégage l'endroit.

Ça y est il est revenu ! La grisaille se dissipe et le soleil illumine enfin nos pupilles.

Toujours plus vers le nord et obliquant vers l'est nous allons visiter la capitale de l'État : Montpelier. Capitale, c'est vite dit... 8000 habitants, 7 rues, 28 ruelles et une rivière. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, c'est bien une ville fondée par des Américains. Les Français ayant aidé ces derniers pendant la Révolution américaine et parce que la France est toujours à la pointe de la mode, cette modeste bourgade a été baptisée du nom de son aînée héraultaise.
Hormis le fait que les armes sont interdites à la cour municipale et que nous croisons un chien rasta, il ne semble pas se passer grand trouble par ici, mais l'endroit est bucolique et facilement accessible par l'autoroute.

De retour à Burlington nous ratons de 5 minutes la visite de la fabrique de chocolat et devons nous rabattre sur la boutique de Church Street.
Le retour vers Montréal se fera par la voie la plus directe et a peine franchi le poste de douane sous le regard bienveillant d'un officier fatigué le ciel nous tombe sur la tête. Un orage cataclysmique noyé dans un déluge hallucinant m'oblige à trouver le trottoir à tâtons de roue et à espérer ne pas participer involontairement au journal du soir.

Un jour de libre ? Deux ? N'hésitez surtout pas à traverser la frontière américaine et constatez par vous même que nos voisins du sud ne sont pas tous des rednecks acculturés avec un Colt dans une main et la Bible dans l'autre. Ici on préfère la bière et le bon vivre.



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