Boulangerie Niemand

En passant par le route 132 vers l'ouest, direction la Gaspésie où nous n'iront pas parce que juste pour une fin de semaine ça fait  beaucoup de kilomètres, nous nous arrêtons à Kamouraska.
Oui je sais j'ai déjà parlé de ce chic village blotti contre le fleuve, des loyers inabordables, refuge de bobos campagnards, artistes et riches retraités... Mais ce village est incontournable si on aime le vrai bon pain et le poisson fumé.
Alors si l'occasion vous est donnée, ne faites pas l'erreur de passer votre chemin en ignorant la boulangerie Niemand.

Je sais pourquoi j'ai tout de suite aimé leur pain... Tradition allemande pour un alsacien, quelques boulangers dans la famille, on peut difficilement renier ses racines, mêmes si elles ont 5869 kilomètres. Mes souvenirs de boulangerie remontent à loin... 
Ceux de mon tonton Bernard, fier et fort pétrisseur en finette blanche ; enfariné Vulcain moustachu aux commandes de l'immense four rougeoyant ; proéminent créateur de petits pains, miches, épis, kilos, ficelles, baguettes, croissants, et autres pains aux céréales. 
Les réconfortantes effluves du fournil au sous-sol surgissant du soupirail embaumaient l'air frais du petit matin. La chaleur du four arrivait même à rendre supportables les tristes journées d'un novembre alsacien, brumeux, humide et désespérément gris. J'y ai même, un soir de Noël, monté un tipi (enfin je me suis fait un peu aider je n'étais alors qu'un papoose).

Chez Niemand le fournil est presque en plein air, une immense baie vitrée le sépare de la nature. Les mitrons ont une vue extraordinaire sur le fleuve Saint Laurent et la rive nord, comment ne pas aimer travailler dans de telles conditions ?
Leur pain au curcuma et graines de tournesol, celui aux tomates séchés, aux noix ou aux olives sont tous de fantastiques résultats d'un travail passionné et authentique.

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