Trinidad - 18 janvier 2011

La Havane ou Trinidad ? Trinidad ou la Havane ?
Le choix est cornélien, mais la météo sera mon ''pile ou face''.
Par manque de temps - les vacances sont toujours trop courtes - et parce que je veux aussi me reposer je passerais mon tour pour la Havane cette année et vais découvrir la côte caraïbe de cette grande île.

Mardi matin 8h15 départ en bus. Nous récupérons huit touristes français au passage. L'abus de parfum de la dame exigeante nous fait immédiatement quitter les sièges en avant, à moins que ce ne soit son message à peine discret : holala je me sens tellement barbouillée si je n'ai pas un siège devant !
Ainsi nous occuperons toute la banquette à l'arrière et pourrons aisément nous moquer.

Nous fonçons à travers les champs de cannes à sucre et les orangeraies à perte de vue. Les écoles d'agriculture sont de massif exemples d'architecture communiste dévoilant leurs plaies béantes et leur peinture lépreuse. La chaussée est dans un état pitoyable, il n'y a rien pour entretenir quoi que ce soit...
Sur le bord des routes des dizaines de gens attendent un hypothétique moyen de transport, la patience est l'activité la plus pratiquée à Cuba !

Nous faisons une halte incontournable au monument dédié à Ernesto Guevara de la Serna
Une immense statue du Che domine la plaine de Santa Clara (dont nous ne verrons rien).
Un sanctuaire et un mini-musée pour les fans révolutionnaires et les nostalgiques soixante-huitards...
Zou, c'est reparti pour quelques heures de route, en tout il nous faudra presque 8 heures pour gagner la ville de Trinidad et mon humeur devient dangereusement aléatoire.

Enfin, alors que le soleil décline, nous débarquons du shaker sur roues et pouvons gambader sur les pavés inégaux de cette ville sublime, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, fondée en 1514 par le pourfendeur de païens indiens, le conquistador espagnol sans coeur Velázquez.
La lumière de cette fin d'après-midi illumine les rues d'une lueur nimbée d'or. Les peintures délavées des maisons reflètent la douceur et la quiétude. Les enfants sortent de l'école et improvisent des lancers de base-ball, les dames assises sur les marches de leurs perrons observent et papotent en riant du temps qui passe. Les fenêtre ouvertes laissent entrevoir d'immenses salons aux sols superbement carrelés.
Il n'y a pas trop de touristes, j'aimerais passer quelques jours ici, profiter d'un endroit où les habitants vous sourient et vous saluent. Dormir dans une casa particular et manger du gras de cochon et du poulet trop cuit avec du riz et des frijoles negros (je suis véritablement dépendant des légumineuses).
Mais les voyages organisés sont ainsi faits que l'on emmagasine plus de frustrations que de photos !


Gérer les retards des autres ou les demandes spéciales : moi je veux aller au musée, moi je veux manger une glace, moi j'ai envie de rien ; les plaintes : moi j'ai trop soif, moi j'ai trop faim, le chauffeur roule trop vite, j'ai toujours pas eu ma glace
Nous quittons le groupe en informant Julia (ou Esmeralda ?) notre guide que nous les retrouverons plus tard.
ENFIN LIBRES !
Une liberté de courte durée puisque nous avons un peu moins d'une heure pour visiter les alentours.
Mais cette brève flânerie sera du concentré de bonheur, on se sent bien à Trinidad...

Vite il faut rameuter tout le monde, ah ben, les quatre fantastiques veulent encore monter en haut du clocher alors que la guide voulait nous emmener voir une vieille madame rouleuse de cigares...
Patience : le maître mot des Cubains !

Nous dégustons une canchachara, la boisson de Trinidad à base de rhum, de miel, de jus de citron vert, d'eau pétillante et de glaçons. Un vrai délice.
Sur la scène officient des musiciens et les salsas endiablées nous entraîneraient vers une nuit de folie s'il ne fallait déjà rejoindre le bus pour une dernière heure de route.
Une route qui tourne et virevolte à travers les montagnes. Le petit bus chinois peine et crache, mais le chauffeur se débrouille bien, prend un maximum d'élan dans les descente pour attaquer la montée suivante, tourne son volant sèchement et continue en écrasant des deux pieds sa pédale d’accélérateur. Les jeunes touristes sont liquéfiés...

Les nuages commencent à s'accrocher aux cimes, l'air est plus frais, ça sent bon la forêt et demain y a piscine !
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