Cuba 2011


Ahhhhhh plage, soleil, mojitos, Cohiba, lecture, repos, visites, sourires et ... tourisme de masse.
Varadero pourrait se comparer à Rimini dans les années 80 : les vacances des masses populaires. Avant de me traiter de snob, sachez que je n'ai rien contre les masses populaires, enfin moins contre le populaire que les masses.
Non soyons franc : je déteste les masses quel quelles soient !

Je suis plus sac à dos que valise à roulettes, mais une fois de temps en temps il est agréable de se poser, de laisser son cerveau dans le coffre de la chambre et de profiter du luxe artificiel qui nous entoure.
Beaucoup de vacanciers pensent être à Cuba. La rigolade !
Tout ce qu'ils verront de Cuba ce sont les maisons sur le bord de la route qui les mène de l'aéroport à leur hôtel. Tout ce qu'il découvriront des Cubains seront ces femmes et ces hommes à leur service pendant une semaine.
En fait j'ai tellement de sujets à développer que ça va me prendre plusieurs messages avant d'y arriver. Mon cerveau bouillonne comme une vieille locomotive à vapeur, les idées se bousculent comme des folles pendant les soldes...

J'ai envie de vous parler de ce couple québécois débarquant avec leur kilo de beurre de pinote, leur simili-nutella 100% Dollarama, leur grosse boite de Nescafé et la bouteille de 2 litres de Baileys pour le petit déjeuner.
J'ai envie de crier encore une fois sur ces horribles têtes tressées qui ont oubliées qu’elles avaient 30 ans de trop (j'avais déjà abordé le sujet ici).
J'ai ri des femmes qui arrivaient le soir au buffet chaussées de talons hauts de 30cm, courtement vêtues de paillettes, jupe au ras le bonheur, ne sachant nullement marcher du haut de leurs échasses.
Que dire de ces dames presque quinquagénaires outrageusement maquillées, draguant à tour de bras, s'entourant d'une cour de béjaunes à peine sevrés.
Que penser de ces messieurs accrochés au bar, claquant des doigts le barman en lui lançant vulgairement un billet pensant sincèrement que l'argent permet tout.
Je me demande bien quel message veulent faire passer les porteurs de t-shirt du Che.
Je ne comprends pas du tout quel est le besoin de voyager avec un verre thermos tellement gros que l'on peut le remplir de 5 litres de bière.
J'ai été (peu) surpris de découvrir un corps ronflant ses excès dans un gros pot de fleurs plein de vomi en me rendant au petit-déjeuner...
Je soupire de découragement lorsque je subis la techno poussée à fond sur de petits haut-parleurs portatifs merdiques sur la plage où j'aspire surtout à me reposer.
Tous les jours j'admirais ce gros monsieur mouiller sa chemise pour aller lancer son hameçon au milieu des baigneurs pendant que sa femme exposait fièrement son bikini unifolié.
Je subissais quelque peu cette famille russe (ça voyage pas très bien les Russes !) avec le grand -papa qui se grattait son eczéma en toussant comme un perdu, crachant fort bruyamment de gros morceaux sur la plage.
Que dire de ces touristes Français qui tentèrent par tous les moyens de faire avouer à notre charmante guide que son pays est pauvre, qu'ils vivent comme des crèves la faim et qu'on est tellement mieux à Paris... A Cuba le taux d'alphabétisation est de 99,8%. La France et le Canada sont un peu en dessous à 99%.
Quel est le réel besoin de garder son Iphone accroché à la ceinture ?
Pourquoi suis-je encore surpris ?
Pourquoi ai-je honte ?
Tant de questions et si peu de réponses...

Ah encore un truc : arrêtez de cautionner le massacre des dauphins !
Comment ça ? Pensez vous vraiment être innocents lorsque vous participez aux excursions au delphinarium local ?
Pensez vous vraiment que nager avec ces magnifiques cétacés est vraiment écologique ?
Voyons donc !
Combien de dauphins meurent pendant leur capture ?
Un dauphin est censé vivre 50 ans en liberté, il en a pour 12 à 15 ans en captivité.
Un des rares animaux ayant conscience d'exister est séparé de sa famille et de son groupe social. Il a besoin de nager des centaines de kilomètres tous les jours...
Si vous le pouvez, visionnez ce film : The Cove (la Baie de la Honte).
Et laissez donc ces jolies bestioles tranquilles, il ne tient qu'à vous pour changer les choses.

Effectivement le pays manque de tout, médicaments, argent, outils, produits, etc. Mais il ne manque certainement pas de fierté d'avoir survécu à presque 50 années d'embargo...
Un médecin gagne 10 fois moins qu'un serveur d'hôtel et l'île dépend à 60% de l'argent du tourisme. Les routes sont en si mauvais état que mes plombages sont tous tombés. Mais plutôt que faire la leçon, sourions à ces pays qui nous accueillent aussi bien qu'ils le peuvent...

On dirait que mes vacances ont été un véritable enfer, mais il n'en est rien. J'ai simplement condensé certaines de mes observations, oublié d'autres et profité de toutes les minutes que j'ai passé là bas en savourant d'excellent mojitos en fumant de non moins savoureux Cohiba.

J'ai pris plaisir à sourire et échanger les rares mots d'espagnol de ma connaissance avec les habitants. Et j'ai très envie de retourner découvrir certaines de ces villes qui ont pour l'instant échappées au tourisme intensif.
Pour l'instant.

Je vous parlerais de la sublime petite ville de Trinidad, de la belle balade dans le parc naturel de Topès de Collantès, du mythe éternel et détourné de monsieur de la Serna et de couchers de soleil.
.
Enregistrer un commentaire
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...