Bang Tao et condos de luxe - 31 janvier

En 45 minutes nous arrivons au bout de la splendide étendue sablonneuse de Bang Tao et louons 2 lits avec un parasol. La mer commence à descendre, il fait beau et c’est très tranquille.
Aucune activité hormis la baignade, la lecture, une petite promenade, un riz frit et quelques photos ne viendra troubler cette belle et heureuse journée à la campagne.

Nous pensons à repartir 1 heure plus tôt cette fois-ci, on ne se tapera plus la folie de l’autre jour !

Sur la route nous remarquons que toutes les affiches de promotion de 2006 ont été remplacées par les constructions promises.
Partout, comme des champignons dans un sous-bois auvergnat après la pluie, les condos de luxe ont poussés et griffent de leurs lignes modernes les collines et marécages asséchés.
De la route j’imagine que nous ne voyons qu’un succinct échantillon et que certains de ces immeubles se cachent au fond d’un restant de foret ou au sommet d’une montagne avec vue imprenable sur la mer.

Dire que tous les jours les habitants des modestes villages alentours contemplent ces affiches de la terrasse de leur cabane en bambou et tôles, coincés entre route et marigot…

Probablement que leur bourg n’existera même plus dans 4 ans et que le jolie bosquet d’hévéas sera rasé au profit d’une grosse piscine ou d’un ensemble hôtelier gardé par des vigiles en uniforme.
Que faire sinon encourager le commerce local et prendre le temps de sourire et discuter avec le marchand de fruits ou de poulet grillé.
Car, même sans comprendre la langue, avec quelques gestes, mimiques et mots appropriés les thaïs sont friands de ce genre de contact et prennent plaisir à nous faire gouter certaines choses.
Petit geste dérisoire et inutile au vu de ce qui se trame et nos quelques bahts ne valent absolument rien face aux millions de dollars investit par de riches promoteurs probablement étrangers.

Bien sur certains profiteront de la nouvelle richesse tombée du ciel en devenant femme de ménage, gardien, ou cuisinier, mais toute la culture d’entraide familiale sera progressivement et définitivement perdue, remplacée par l’appât du gain et l’argent facile.

Pour retrouver l’âme profonde de ce pays il faut partir vers le nord ou l’est et se perdre dans quelque reculée campagne.
Loin de la mer et des centres touristiques de masse il reste des oasis de découverte et de plaisir simples, des rivières, des lacs, des grottes et même des iles presque vierges et désertes.

Pour l’instant.

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Famine et salubrité - 30 janvier

Tenaillés par la faim nous allons en direction du petit marché sur la route de Chalong. Nous trouvons une petite cantine locale ou deux riz frits, une bouteille d’eau et un Fanta nous ferons débourser 110 bahts, le seuil des 200 bahts n’est toujours pas franchi, continuons…
C’est étrange de constater le peu de salubrité de la plupart de ces gargotes et le fait que nous ne soyons jamais malades.

Il est totalement inconcevable qu’un de ces établissements puisse voir le jour sous nos latitudes. Pourtant en fouillant un peu plus profondément, meme a Montréal, il y aurait matière à faire fermer plus d’un restaurant ou traiteur lorsque l’on sait comment certains fonctionnent.
De toute façon en voyageant dans ces pays que beaucoup considèrent encore comme à l’aube de la civilisation – alors que le Siam cultivait le riz lorsque nous en étions encore à glaner des tubercules et chassions l’auroch à coups de massue – on se rends compte à quel point les précautions hygiéniques que nous prenons sont démesurées.

Avec le dernier épisode fumant de la terrible grippe H1N1 les seuls qui s’en soient bien tirées sont les compagnies pharmaceutiques (encore une fois) et l’opportuniste fabricant de produit désinfectant. Quelle rigolade !
Je vois ici des poulets tranchés sur des billots de bois dans un marché ou il fait 35 degrés à l’ombre, des pièces de viande en plein air, des poissons et tout un tas de nourriture partiellement protégé.

Par contre tout le monde pense à se laver les mains régulièrement, geste que nous avons tendance à oublier puisque nos paluches sont à tout bout de champ sollicitées par les flacons de Purel. La société médicamentée dans laquelle nous vivons finira par s’étouffer sous les montagnes de pilules et d’antibiotiques.

Morts mais propres…
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la coiffure est un art - 29 janvier

Le shampoing est tout un art en Thaïlande, pas moins de 3 savonnages, massages du crane, des tempes, de la nuque, du front, nettoyage des oreilles, le tout confortablement allongé sur une espèce de canapé très moelleux. Le pur bonheur !

Si j’avais bénéficié de ce genre de service étant petit je n’aurais pas poussé mon coiffeur vers la folie et la haine des enfants… Pardon Serge !

Ensuite un magnifique transsexuel (katoi) s’occupe de réduire ma tignasse. Gentiment et avec un sourire désarmant elle me demande ce que je veux, comment je me coiffe d’habitude et commence son ouvrage. Ses ciseaux volent d’un bord à l’autre, jonglant entre ses doigts habiles aux ongles gracieusement vernis.

La réincarnation de Figaro ne se lasse pas de me lancer de petits regards papillonnants avec un très discret sourire au coin de sa moue boudeuse. J’ai l’impression de me faire couper les cheveux par Bambi !

Un autre shampoing pour être certain qu’il ne reste aucun cheveux oublié sur mon crane et elle finit de me sécher en me faisant encore quelques sourire gênés.

Elle place un miroir afin que je puisse apprécier son beau travail, mais je lui fais remarquer que je ne vois que le prix de ce miroir et qu’il faudrait qu’elle le tourne afin de pouvoir me mirer à mon aise.

Elle rit dans sa main, toute gênée de son erreur, je suis aux anges !

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ite missa est

Nous descendons la montagne du Grand Bouddha en direction du service de réparation du Central, je sais en mon for intérieur que la bête est mortellement blessée et que je dois envisager une rupture définitive avec cet objet… Six ans de bons et loyaux services, d’expéditions en Asie, Mexique, Cuba, France, des milliers de photos, de caractères et de vidéos…
HEY c’est juste une machine !

Bon le verdict est sans appel, ce n’est pas réparable, en tout cas pas chez eux, il faudrait l’envoyer chez Sony qui pourrait peut être faire quelque chose. A quel prix et en combien de temps aucune idée…
Je récupère l’imposante bestiole et nous partons vers Phuket town avec le futile espoir de trouver le magasin miracle.

Bien évidemment ce magasin n’existe pas, enfin pas à ma connaissance, mais nous en profiterons pour manger un poulet juteux et tendre dans un petit resto populaire du centre ville.
Allez, je dois me décider il faut faire un acte concret et énergique, débarrassons nous de nos vieux oripeaux et allons de l’avant.
Un ultime passage au Big C ou la aussi on me confirme que c’est un problème un peu plus grave que 2 fils débranchés et nous retournons enfin au magasin Power Buy pour finaliser le choix de mon prochain portable.

Le vendeur met tout son cœur pour me démontrer que le meilleur rapport qualité prix est ce Compaq sur lequel je suis en train d’écrire. Il y aura toujours du monde pour me dire que HP c’est meilleur, mais non voyons c’est le dernier Sony, vous rêvez tous, le top c’est Acer…
En attendant je l’ai acheté ce Compaq, d’une parce qu’il n’est pas trop cher et qu’il a l’air d’avoir un intérieur propre et bien ordonné.

Il ne me reste plus qu’a trouver ces .sties d’accents et tout ira bien…
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Big Buddha - 29 janvier

Après une magnifique et abrupte montée, ou chaque virage dévoile un paysage toujours plus beau, nous arrivons aux pieds du géant.

Nous ne connaissions pas ce Bouddha tout simplement parce que sa construction a débutée après notre passage…
Il est immense, ses yeux de jade noir et nacre ont été posés il y a un mois à peine, ses flancs sont recouverts de tuiles de marbre blanc, il est assis en position du lotus sur un socle qui représentera justement cette fleur divine, mais il y a encore beaucoup de boulot.

D’ailleurs un peu partout sur le site les dons sont fortement appréciés, que ce soit pour les tuiles de marbre, les cloches en laiton, ou n’importe quoi qui pourrait accélérer l’avance du pharaonique chantier.

Peu de touristes fréquentent l’endroit, il est encore trop tôt et probablement que son existence, même si sa blancheur est visible de partout, n’est pas encore connue de tous.
Au final il deviendra le plus grand Bouddha de toute la Thaïlande, ce qui n’est pas négligeable lorsque l’on sait le nombre de statues qui trônent en ce royaume…

La visite est paisible, la vue sur Chalong et les iles est magnifique et André se languit de frapper un bon coup sur le gros gong qui se trouve en face de la divine statue.
Il finira par donner un petit coup discret histoire de vérifier la résonnance de la pièce de métal.

Un arbre tout de clochettes vêtu fait bruisser l’air et joue avec le vent, un moine béni des enfants, l’atmosphère est tellement paisible.
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Phromtep et Bang Tao - 28 janvier

Le soleil tape en crisse !
Nous montons vers le phare de Phromtep Cape et profitons d’une très belle vue sur les iles alentours
Nous assistons a une chorégraphie plus ou moins bien exécutée pour ce qui semble être une arrivée d’un rallye Toyota en provenance de Chiang Mai. La chaleur est diabolique et ces jeunes ont encore la force de sauter, crier et danser, ils m’épuisent !

Le sanctuaire aux éléphants décline tout un tas de pachydermes aux tailles, formes et fonctions multiples. Des tirelires, en bois, en céramique, en verre il y a de tout ici.

Il est temps de rentrer a la chambre ou nous allons chercher nos serviettes et maillots et fonçons vers la plage de Bang Tao, immense étendue de 8 kilomètres de sable blond quasiment désertique.
Toute une partie de la région a été colonisée par le Laguna, gigantesque complexe hôtelier qui grignote petit a petit les dernières parcelles vierges et paisibles.
Heureusement tout au nord de cette plage subsiste un havre de paix que seul le bruit des vague parvient à briser. Il est 15 heures 30 et nous sommes (presque) seuls au monde.
L’eau est savoureusement chaude, la mer d’huile et nos corps enduits de crème !

Une heure de virages, une trentaine de kilomètres et un mal de fesses, c’est le prix à payer pour échapper aux hordes de touristes des plages du sud.
J’en oublie presque mon ordinateur !

Vers 17 heures nous quittons les lieux, heureuse idée de prendre la route exactement à la même heure que tous les vacanciers !
La circulation est folle, les motos se croisent, se doublent, se coincent et tentent par tous les moyens d’être les premières au prochain feu rouge. C’est hallucinant !

N’eut été mon passager j’aurais soufflé tout le monde avec un beau sourire et une main dans le dos…
A voir certains conducteurs, on s’imagine aisément la quantité de pansements dont certains de leurs membres seront bientôt recouverts.
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Mon ordi me plante, le tourisme change - 28 janvier


Cela faisait longtemps que mon écran m'avertissait au moyen de clignotements de plus en plus stressés, mais je fis fi (!!) de ces mises en garde en imaginant que notre longue relation ne pouvait se terminer aussi abruptement.

Les machines n’ont vraiment aucun cœur !

Encore trop tôt nous partons vers Patong ou l’immense centre commercial doit bien abriter un magasin d’électronique susceptible sinon de réparer, du moins de me renseigner.
Il est 9 heures 30 et les portes n’ouvrent qu’à 11 heures. J’aurais du m’en douter, pourquoi ouvrir plus tôt alors que les fêtards de tout poil finissent une nuit de dégrisement après les agapes d’une nuit très intense.
Nous parcourons les allées extérieures de cet immense complexe totalement dédié au dieu pognon. Ca pue littéralement le fric et la surconsommation.
De l’autre coté de la route un marché local de tôles et toiles semble surgit d’une époque révolue et n’existera probablement plus d’ici quelques mois.

Tout a tellement changé en l’espace de 4 courtes années, surtout a Patong ou se rassemblent les masses compactes de touristes avides de plaisirs éphémères et peu onéreux. La quantité au détriment de la qualité, le credo des buffets chinois de Laval !

Les affiches aussi ont subis quelques modifications. L’Anglais et l’Allemand ont cédés leur place à l’alphabet cyrillique.
Les russes sont partout, familles entières, blanches, bedonnantes, exigeantes et sans manières.
Un peuple aux prémices du tourisme, qui débarque en valises à roulettes pleines de dollars tant honnis.
Cependant en prenant les chemins de traverse, il est facile d’échapper à ces gros centres touristiques.
Les valises à roulettes se transportent mal sur les chemins de terre.

Nous roulons en direction de Phuket avec l’idée de trouver le Central Festival, autre centre commercial qui abrite un magasin d’électronique et un centre de réparation.
Je démontre au jeune réceptionniste ce qui se passe avec ma machine, mon antiquité comme l’appelle André. J’imagine qu’en informatique on doit compter comme pour les chiens… 1 an en doit au moins en valoir 7 !
Alors mon gros bébé de presque 5 kilos frôle allégrement les 49 ans… On est vieux a cet âge la ?
Vite profitons en, dans 6 ans ma vie de jeune achève.

Je remplis le petit coupon avec mon nom et une vague description du problème. Le jeune homme me dit qu’un technicien y jettera un œil dans la journée et déterminera si c’est réparable.
Je dois faire confiance à la débrouillardise thaïe.
En quittant les lieux nous allons voir ce qui se vend en ordinateurs neufs. Il y a la un petit choix de 14’’ légers et performants, mais avais je prévu un budget pour ca ?
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Phuket Town et histoire de bouton - 27 janvier

Nous enfourchons notre moto pour aller nous perdre sur la route de Phuket, je finis par retrouver mon chemin, mais nous passons par Patong, ce qui rallonge un peu.

Enfin, avec quelques hésitations nous arrivons devant le On On Hôtel non loin duquel nous stationnons.
Lors de mon premier séjour à Phuket j’avais dormi dans cet hôtel médiocre, étape incontournable pour tout routard qui se respecte. C’est également ici qu’ont été tournées quelques scènes du film The Beach.
La chambre numéro 9 est juste au dessus de l’escalier principal et le bruit y est incessant… Drôles de souvenirs.

Le vieux marché n’existe plus. En lieu et place des brinquebalants kiosques, par-dessus les rigoles ou couraient les rats en maraude, il y a une espèce de grosses bâtisse neuve qui semble avoir été construite pour abriter le nouveau marché, mais pour l’instant c’est vide et inutile.

Le marché aux fruits et légumes est toujours en place et nous allons en découvrir les 4 ou 5 allées. Si certaines plantes nous sont familières, il en va tout autrement pour la grande majorité. Leurs formes et leurs couleurs ne laissent pas deviner leur gout ou leur odeur, il y a quand même quelques appétissantes blattes au gros sel qui elles sont fort reconnaissables !
Nous nous attablons à une table de la cantine ou, pour 82 bahts nous aurons droit à deux pad thaïs et 2 bouteilles d’eau. Difficile de faire moins cher !

Nous continuons notre découverte de la vieille ville qui derrière son réseau électrique excessivement visible cache quelques vieilles demeures à l’architecture typique, heureux métissage chinois et portugais. Certaines façades ont gardés leur lustre d’antan et tout doucement des rénovations sont en cours.

Bien évidemment nous cherchons activement le China Inn Café que nous avions tant aimé en 2006. Le café est toujours là, trônant somptueusement et grand ouvert sur la rue. L’intérieur richement décoré de véritables antiquités et de tissus finement ouvragés est une invitation à l’évasion et au repos.
L’accueil très chaleureux donne encore un peu plus l’envie de laisser couler le temps tout en dégustant un thé et en observant les orchidées pousser.
André rêve depuis 4 ans de son fameux jus de pastèque, citron et menthe qui comme dans ses souvenirs sera aussi délectable et rafraîchissant qu’espéré. Je m’abreuverais d’une théière au gingembre, doux piquant dans la gorge, fraîcheur épicée.
La ville semble bien loin, aussi loin que le 21eme siècle et ses turpitudes.

En nous promenant j’ai la désagréable surprise de voir le bouton de mon short voler à mes pieds, non pas que mon ventre ai pris une soudaine expansion, mais il a tout simplement cassé. Tout simplement peut être, mais mon short ne tient plus !
Par pur hasard la vile fermeture a choisie de se faire la malle devant la boutique d’un couturier chinois. Je me retrouve donc en caleçon en train d’admirer le travail d’aiguille et faisant semblant d’être un tout petit peu gêné !

Comme toute bonne chose a une fin (sauf la banane qui en a deux) et nous reprenons la route vers Kata. Il est 15 heures, et après quelques courriels, la plage nous tend ses bras sablonneux à l’heure ou le soleil devient enfin supportable.
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dilemme gastronomique et réunifications nationales - 26 janvier

Que manger ce soir ?
Nous faisons attention le matin et le midi de ne pas trop dépenser, alors le soir nous pouvons nous offrir un repas un peu plus élaboré.
Nous jetons notre dévolu sur une pizzeria où le service se révèle moyen mais la pizza un vrai délice.
Par contre la clientèle est insupportable !

Un groupe d’énergumènes transalpins laisse leur petit garçon hurler sans y trouver matière à réprimande.
Je constate encore une fois que la force du cri d’un enfant est inversement proportionnelle à sa taille…
Sa mère se goinfre comme si ce devait être son dernier repas, la gent masculine est hautaine et insultante avec le personnel, encore une adresse où nous ne mettrons plus les pieds.

A l’autre bout de notre planète il est étonnant de constater comment les peuples font leur possible pour manger national et rester entre eux.
Les pizzerias sont remplies d’Italiens (sauf nous deux), les pâtisseries danoises sont dévorées par leurs congénères, le Grand Prix est plein de Gaulois, les Allemands se rassemblent tous sous la bannière rouge, noire et jaune, il n’est pas question de voir les Japonais loin de leur soleil levant…
Quel étrange dépaysement !

Il est toujours agréable de rencontrer un compatriote loin de chez soi lorsqu’on est parti depuis longtemps et qu’on n’a pas parlé français depuis des semaines (expérience personnelle), mais se retrouver les uns sur les autres autour d’un plat national n’est pas une chose que nous recherchons forcément.

Sinon donnons tous rendez-vous chez Capri autour d’une poutine et d’une bière d’épinette, ça nous coûtera moins cher !

Au passage je viens d'apprendre que la bonne orthographe était dilemme et non dilemne !
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plage et respect - 26 janvier

Les vacanciers sont alignés en rangs d’oignons face à une mer surchargée de jet skis, bananes et parachutes tractés.
Derrière eux : la route.
Tout autour : les Italiens !
Reste t’il un habitant dans la Botte ?
Ils sont partout, en groupes vociférateurs, riants haut et fort de peur de ne pas se faire comprendre, clinquants comme des images de magasines de mode.

La Thaïlande est un pays prude où la nudité n’est pas commune, les effusions quelconques sont quasi inexistantes, mais c’est aussi un pays très tolérant où l’on ne subit pas le regard réprobateur ou le jugement des passants.
Certains en profitent outrageusement.

Des seins nus sur une plage publique c’est peut être très commun en occident, mais ici ça ne se fait pas. Et quand grand-maman du haut de ses 75 ans exhibe des seins en gant de toilette au dessus d'un mini string valorisant ses vergetures, ce n’est pas très affriolant.

Heureusement les thaïs se sont familiarisés avec les us et coutumes des fàrangs que de toute façon ils savent mal élevés et souvent irrespectueux, alors ils font leur possible pour s’accommoder et jouer le jeu de la séduction.
Il faut voir les jeunes gars bronzés aux cheveux longs blondis par le soleil, souvent tatoués de belle façon ne se gênant plus pour aborder quelque gracieuse nymphette en faisant semblant de lui tirer la ficelle du mini maillot ; juste retour de situation.

A 16 heures je quitte enfin l’abri de mon salvateur parasol pour aller exposer ma blancheur au soleil un peu moins fort.
Nous marchons le long de la plage en observant nos congénères, tiens le maillot léopard est revenu à la mode, cette jeune rouquine aurait du penser à mettre un peu plus de crème, ah un Italien, enfin un groupe d’Italiens, oh la septuagénaire en string a une copine elle aussi petitement vêtue.

Au décollage du parachute ascensionnel un thaï s’accroche aux suspentes, monte sur le passager et fait toute la balade suspendu sans aucune sécurité à 30 mètres des vagues.

L’eau est très agréable, les vagues légères et le soleil supportable. Heureusement, car notre seule balade de la matinée nous a déjà donné des couleurs et un bronzage de touriste…
La crème de protection est restée sagement sur le bureau de la chambre. Pratique !
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25 janvier - Premier soir à Kata

Kata, plage du sud de l'ile de Phuket.


Nous parcourons la rue, et découvrons de nouveaux magasins, repérons des restaurants et des boutiques, reconnaissons certaines personnes et nous arrêtons boire une bière chez Lek.
Bien sûr il se rappelle de moi, son bar Dan Kwian 3 est voisin de l’ancien magasin de plongée où je travaillais et nous avons plus que souvent fréquenté son établissement…
Ses enfants ont bien grandis, son bar est éclairé est redécoré, il y a même des nappes sur les tables.
De sacrés souvenirs rejaillissent…

Le vieil anglais d’en face est mort, il passait ses grandes journées à lire en attendant un hypothétique client, son bar toujours vide est remplacé par une boutique de vêtement sur mesure.


Le Grand Prix, est toujours là, petit havre de France pour qui reste longtemps loin de chez soi. Ses saucissons, terrines et steacks au poivre étaient momentanément appréciés.
La petite épicerie thaïe a tenue le coup face à son envahissant voisin 7-eleven, et nous mettions un point d’honneur à ne fréquenter que cet établissement qui proposait d’ailleurs souvent des prix plus abordables et un service aimable.


Nous continuons notre découverte, et admirons les photos sublimes d’une galerie nouvellement ouverte : Cameron Hansen Gallery. Les clichés sont hallucinants de luminosité, l’éclairage et l’encadrement sont parfaits, sa galerie principale est à Koh Samui, je crains de folles dépenses !


Nous finirons attablés au Dino Food, restaurant sis dans le délirant complexe du Dino Park, reproduction hollywoodienne d’un parc jurassique avec un mini-golf, volcan avec feu et fausse lave, arbres et dinosaures préhistoriques. Oui c’est hyper touristique et les prix en sont le triste reflet, mais comment résister ?


La nourriture y est très bonne et le spectacle d’un monsieur ivre mort que nous nous attendons à voir choir dans la petite rivière nous font passer un très agréable moment.
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25 janvier - Départ pour Phuket (et arrivée)

Réveil matinal, nous prenons le temps de boucler nos sacs, et avons même quelques minutes à consacrer à internet.
Merci à mes amis qui me laissent des commentaires, j’aime savoir que nous sommes suivis !

En quittant l’hôtel, le portier nous propose un taxi pour la modique somme de 500 bahts. Je le regarde et lui demande s’il est sérieux dans son prix. Apparemment il l’est, mais moi ça me fait beaucoup rire, ce qui à l’air de l’insulter un tout petit peu. Étant donné qu’il est très mal vu de s’énerver, sagesse millénaire asiatique oblige, il se pince les lèvres en maudissant intérieurement le fàrang qui connaît les règles.
Nous hélons donc un taxi dans la rue, et en 35 minutes et 170 bahts (+45 pour le péage), nous arrivons à l’aéroport domestique de Don Muang.


L’enregistrement se passe de commentaires et nous avons le temps de nous attabler au restaurant pour déguster un dernier repas avant de décoller vers Phuket.
Le vol se passe à merveille, et en 1 heure 30 nous atterrissons sur la douce et ensoleillée immense île du sud.


Nous aurions bien sûr pu prendre le bus, qui avec des prix ridiculement bas est un moyen de transport super économique, mais il faut compter au moins 12 heures de route, des milliers de virages, des arrêts pipi, bouffe, boisson, essence, du karaoké un peu trop fort, et possiblement un accident statistiquement plus probable qu’un crash d’avion.
Pour 45 dollars par personne, cacahuètes et café compris, il eut été ballot de se passer de ce luxe…


A l'arrivée nous sautons dans un minibus, opéré par la mafia locale et qui dessert les plages à partir de l’aéroport, incluant bien sûr un arrêt dans leur agence de voyage. Là, les charmants et accortes employées contrôlent nos billets et nous font comprendre que nous ne pourrons jamais trouver de chambre sans passer par leurs excellents services. Nous sommes en haute saison et étrangement les seules piaules encore disponibles sont connues d’elles seules !
Avec un sourire charmeur je lui dit que ce n’est pas grave et que je me débrouillerais sur place d’autant que je finisse par arriver.
Hop dans le bus, c’est parti pour 2 heures de route avec déposes des passagers aux hôtels déjà réservés. Nous sommes les seuls à n’avoir aucune réservation, et je sens dans le regard de mon voisin que son stress commence tout doucement à monter. Je lui dit de me faire confiance et j’espère avoir raison…


Nous arrivons enfin à Kata, nous ne voulions pas rester dans la tumultueuse Patong ou la très touristique Karon. Cette plage au sud des autres est plus familiale et tranquille, même si ici aussi on trouve des restaurants et des bars.


Après 4 jours à Bangkok, un peu de calme sera le bienvenue, et en arrivant au Lucky Guesthouse, nous avons le bonheur d’apprendre qu’il reste des bungalows libres. En négociant 3 secondes j’arrive à obtenir un petit rabais, la chambre avec ventilateur et douche fraîche nous revient à 550 bahts, ce qui reste très raisonnable.
La propriétaire me reconnaît et me demande si je travaille de nouveau ici, ben non m’dame je passe mon hiver ben au frette crisse !
Les sacs sont vite jetés, les maillots de bain enfilés, et nous partons tout de suite à la plage.
Il est 17h30, le soleil est encore agréable et 10 minutes plus tard nous flottons dans une eau à 28 degrés.

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24 janvier - Little Arabia


Aux alentours de Sukhumvit soi 3 à 5 (un soi est une ruelle perpendiculaire à l’avenue dont elle porte le nom) comme par enchantement, tout un quartier semble émerger de Dubaï, du Caire avec une pincée d’Istanbul matinée de Sénégal… Encore un dépaysement dans le dépaysement !

Les restaurants et cafés sont clinquants, leurs intenses éclairages font briller de mille feux la décoration argentée, les innombrables miroirs renvoient des milliers d’image de Christophe et de tous les autres clients.

Les fumeurs de chicha (bing une pensée pour Antoine) sont affablement attablés, serrant entre leurs dents le petit bout de plastique blanc et exhalant une fumée blanche, riche et agréablement parfumée à la pomme, à la menthe ou au raisin.
Sirotant doucement un petit verre de thé à la menthe brûlant et toisant de leur regard noir et profond la plèbe dans la rue.

Nous prenons place au milieu du resplendissant Nefertiti, stratégiquement situé au coin de deux ruelles, offrant une vue panoramique sur l’intense activité qui règne.
Nos kebabs et keftas de chèvre parfaitement grillés, le hummous et le taboulé (le vrai avec du persil, de la tomate et du jus de citron), et le pains nan tout juste sortis du four viennent enchanter notre table et ravir nos estomacs.

Nous sommes régulièrement interrompus par des vendeurs de montres, lunettes de soleil et autres babioles. A défaut d’être très insistants, ceux-ci reviennent toutes les 2 minutes pour confirmer, si besoin était, que nous n’avons pas changé d’avis. Il faut jouer le jeu, faire un signe de dédain de la main et secouer la tête sans regarder le brave a-chaland directement dans les yeux, ce qui pourrait être traduit comme un infime signe d’intérêt. Difficile de ne pas être poli et respectueux envers ces petites gens qui, de peine et de misère gagnent quelques sàtàang dans l’espoir de sortir de leur dénuement.
Mais je défie quiconque de garder son calme après le passage du 30ème vendeur, surtout quand c’est le même.
La façon la plus simple d’y parvenir est d’ignorer leur présence de façon respectueuse, et de cette manière nous allons rester aussi zen que Bouddha et les vendeurs ne perdrons par leur temps avec de faux espoirs de vente miraculeuse.

Ma voisine d'en face est sublime !
Une grosse madame, enveloppée dans sa longue robe noire, hijab sur la tête, maquillage outrancier, mains magnifiquement teintes au henné, vraie sacoche rouge en faux croco, vient de prendre majestueusement place.
Elle trône au milieu de toute cette clinquante quincaillerie, ornée de bagues d’or et de pierres, brillante comme une boule disco.
De son sac elle sort un thermos et de délicats petits verres d’or décorés, et sans complexe elle sert du thé à ses chums de filles.
Du double fond de son sac elle extirpe un tuyau de chicha et le fait installer sur la pipe à eau qui vient d’arriver.
Tout en devisant des dernières recettes avec ses copines, elle prend le temps de faire l’aumône à un chanteur aveugle qui hurle à tue-tête dans un micro (il doit être sourd en plus le pauvre), pince gentiment les joues d’un enfant qu’elle vient d’attraper au passage et sourit à la vie.
Un vrai bonheur !

Moi aussi je prend le temps de me commander une chicha sous le regard inquiet d’André qui pense que je vais replonger dans la consommation de cigarette.
Mais ce qu’il ne sait pas encore c’est qu’une pipe à eau peut se fumer durant plus d’une heure…
Petit instant de délice, où je me vois des milliers de fois pétunant comme une vieille locomotive et sirotant un délicieux thé mentholé, j’aime le arabian way of life !
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Le Marché de Jatujak

Le fameux marché du week-end, qui abrite des milliers de forains, accueille plus de 200 000 visiteurs par jour et où la température moyenne est de 10 degrés au dessus du tolérable.

Comme nous n’avons rien de spécial à acheter nous vivons Jatujak plutôt sereinement.
Il nous faut juste trouver de quoi manger, ce que nous finirons enfin par faire, juché sur des tabouret, mangeant à pleins doigts du poulet frit (tout est frit ici !), un sac de Kao Niao (le très parfumé riz gluant) et un excellent som tam (l’inégalée salade de papaye verte aux crevettes séchées et aux crabes verts crus).


Le tonnerre gronde à l’horizon, le ciel s’assombrit et la pluie ne devrait plus tarder.


Un petit arrêt dans un charmant café suffit à déclencher le déluge. Des gouttes grosses comme des pamplemousse inondent les allées.
Quelques trous dans la toiture font jaillir des cataractes dignes des chutes Victoria.


Les allées de cet immense marché recèlent des merveilles dont il faudrait garnir un conteneur, mais le temps nous manque…


Nous patientons un peu en attendant une accalmie, la saison n’est pas propice aux longues pluies, et en 20 minutes tout se termine par un éclat de soleil.

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Le Parc Lumphini


Le soleil a enfin réussi à percer la couche de nuage et loin des luxueux édifices la vraie vie bat son plein.
Nous partons faire le tour du parc Lumphini, petit havre de paix dans la tumulte.

Toutes proportions gardées c’est le Central Park de Bangkok avec ses lacs et pédalos, ses sportifs et ses badaud pique-niqueurs.


Nous assistons à un match amical de tàkrâw, aussi appelé football thaïlandais.

Le jeu est fort simple, deux équipes de 2 personnes doivent s’échanger une balle tressée, à coups de pieds ou de tête au dessus d’un filet de volley-ball !


Si les règles sont simples, le jeu lui n’a rien d’évident. Il faut voir les énergumènes se démener pour renvoyer la balle dans le camp adverse en sautant comme des kangourous et se faisant aller les gambettes comme des baguettes chinoises hystériques.
Vraiment impressionnante cette activité est fortement déconseillée un lendemain de fiesta !


Le parc est agréable, le soleil donne un petit air campagnard et les orchidées installées sur les arbres sont magnifiques.


La lumière transcende les couleurs de ces fleurs parasites, mais il manque le pâté de foie dans la petite orchidée mauve. Déception !

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PATPONG


Le fameux quartier Patpong… Qui n’a jamais entendu parler de ces lieux de perdition ?
Silom Soi Patpon.
Deux ou 3 rues assidûment fréquentées par la gente mâle en quête de chair tendre. Je disais que nous ne pratiquions pas ce genre de tourisme, mais je n’ai pas dit que les autres ne le faisaient pas !

Au milieu de chalands proposant moult contrefaçons plus ou moins bien imitées, des bars offrent des spectacles que je ne peux pas décrire puisque je n’y suis pas rentré.
Tiens, pour être objectif il faudrait peut être que je franchisse le seuil de ces lupanars, mais bizarrement je suis gêné.


Gêné de participer à cette foire aux humains et à assister à des shows décadents.
Entre les danses lascives de corps presque dénudés, des animations du genre : comment faire sortir 12 balles de ping-pong de l’appareil reproducteur féminin et au passage souffler les bougies d’un gâteau d’anniversaire d’un nonagénaire, les jeunes mâles testostéronés se pressent aux portillons, harcelés par des portiers insistants.

Le tout bercé par les rythmes effrénés de musique discordantes, chaque bar ayant son propre système de son et des hauts parleurs de grande qualité…
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Le Royal India, le quartier chinois et le métro


Malgré le plan approximatif que j’ai en ma possession, nous finissons dans le quartier indien et trouvons le boui-boui recherché. La nourriture y est excellente alors que l’environnement laisse croire le contraire. Ami aseptisé passe ton chemin en courant !

Les rats se disputent entre le brûleur au propane et le brinquebalant barbecue tandis que le marmiton fait sauter, cuire, mijoter, bouillir, griller nos curry et autres pains nan.

Mais comme d’habitude nous ne serons pas malades, étonnant résultat de ces pays où l’on mange dans la rue et où il n’arrive jamais rien à nos estomacs. Nous n’avons pas encore vu de Purel ici et personne ne semble en proie à une crise de folie à cause de la soi disant pandémie mortelle de grippe…

Le quartier indien jouxte le chinatown et nous lançons nos corps démesurés dans les venelles farcies de vendeurs et acheteurs, de livreurs et de mendiants.

Une chose à laquelle il faut prêter attention ce sont justement ces mendiants. Les plus classiques se tiennent dans une encoignure de mur et tendent leurs mains en attendant l’aumône. Certains portent leurs enfants chétifs à bout de bras, et toute la misère du monde est ainsi exposée.
Mais les plus bouleversants sont ces êtres rampants, quelques fois avec un ou deux membres en moins, poussant du bout de leur nez leur gamelle, se traînant sur les trottoirs, cachés au milieu d’une forêt de jambes et sur lesquelles nous manquons de marcher. Il ne faut pas s’imaginer qu’il y en a des milliers cachés partout, prêts à vous attraper du bout de leur moignon, mais la vue d’un seul suffit à marquer la rétine et à arrêter de nous faire geindre pour n’importe quoi.

Sortis de l’enfer de Chinatown, nous marchons jusqu’à la gare centrale et attrapons un métro.
A ce propos le métro est d’une propreté absolue. Aucun graffitis sur les murs, et aucune poubelle non plus. Aucun papier ne traîne au sol et nous n’avons jamais vu d’agent de l’entretien.
Le matricule 6842 n’est jamais appelé à la station Sam Yan et la préposée aux billets est toute en sourires et pleine d’informations. Vive la civilisation !
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Massages et Wat Pho


Le Wat Pho est le plus vieux et le plus grand temple de Bangkok.
Il offre depuis longtemps des massages efficaces puisque ce temple abrite une école réputée.

Nous en profitons donc pour offrir nos pieds endoloris et gonflés aux mains expertes et puissantes de masseuses rigolotes.
Pendant 1 heure et pour 360 bahts, nous nous délassons dans une atmosphère calme et embaumée par les émanations d’odorantes herbes thérapeutiques.
Les dames sont fortes et sans concessions, mais elles savent jusqu’où aller, et régulièrement nous demandent si tout va bien.

Les chevilles et les orteils replacés, nous sortons faire le tour de cet immense complexe qui abrite le plus grand bouddha couché du monde. Une statue de 46 mètres de long et 15m de haut de plâtre recouvert à la feuille d’or qui symbolise l’accession au nirvana.

Ses pieds sont ornés de nacre et représentent 108 laksànà (des porte-bonheur).
Le peuple thaï est très superstitieux et une amulette porte-bonheur est toujours la bienvenue.
D’ailleurs tout autour du Wat Pho se tiennent des dizaines (centaines ?) de stands proposant des statuettes en tout genre.

Que dis-je des statuettes ?
On trouve de tout autour du temple… Des vieux jouets, des cornes de sangliers, des têtes de buffle, de la nourriture vivante ou morte, des dentiers, à boire, des casseroles, c’est un véritable inventaire à la Prévert !
Les woks plein d’huile bouillante côtoient dangereusement les bougies et l’encens, le poisson frit ou grillé semble sortir tout droit du fleuve pollué, mais les sourires désarmants des boutiquiers font fondre nos questionnements et nos appréhensions.
De toute façon nous n’avons jamais eu l’intention de goûter au poisson !
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Guide de voyage

Une courte nuit , un réveil matinal à l’heure où l’apéro bat son plein à Montréal, vite, un peu de crème anti-cerne, et c’est parti pour une journée marathon.

Avec le recul je me dis que nous avons vécus cette première journée comme s’il n’en restait qu’une…

Nous quittons l’hôtel pour rejoindre la station de métro Lumphini à 5 minutes de marche, transférons dans le BTS (le train aérien) et embarquons dans le bateau qui remonte le Chao Praya en direction de Khao San.

Pourquoi donc allons nous nous perdre à l’autre bout de la ville, dans le repaire des backpackers aux cheveux sales et guenilles ? C’est l’endroit rêvé pour trouver un guide de voyage usagé, des billets d’avion peu chers et l’un de plus beau Starbucks du monde…

Un guide de voyage ? Serions nous partis sans guide voyage ?

Mais oui ! Enfin non pas tout à fait, j’avais religieusement conservé mon guide 2001 avant d’acheter le dernier-né via la FNAC en France.

La nouvelle mouture n’étant disponible qu’au mois de février au Québec, je me suis dit que j’aurais largement le temps de le commander et de le recevoir avant notre départ. Hélas, les aléas de la poste ont fait que notre nouveau guide est probablement arrivé mardi dans notre boite aux lettres, quelques heures après notre embarquement vers Chicago. Un peu déçu d’avoir dépensé notre argent pour rien, mais pas plus énervé que ça, je pensais trouver facilement un guide à Bangkok où l’on trouve de tout.

Mais mis à part une version 2004 ou des éditions en anglais, je n’ai rien vu de bien intéressant.

Peu me chaut me disais-je puisque nous n’avons pas spécialement besoin d’un guide. Nous ne parcourons pas le royaume au complet en autobus, et les quelques informations dont j’aurais éventuellement besoin se trouvent facilement aux bureaux de la TAT, l’office de tourisme thaïlandais.

Ensuite le billet d’avion pour Bali est plus cher que sur internet et pour finir le café du Starbuck est aussi cher qu’à Montréal, mais c’est vrai que la bâtisse est sublime.

Fin de Khao San road, laissons les hippies entre eux et allons baguenauder sur les trottoirs défoncés à la recherche du massage idéal.

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Le voyage


19 janvier


28 heures de voyage. 17 000 kilomètres. 12 heures de décalage horaire. 850 kilomètres à l’heure à 10 000 mètres d’altitude. –60°C. Deux fois 500 days of Summer, une fois Il pleut des boulettes de viande, 2 fois Man Vs Food (je dois vous en reparler !), quelques reportages incompréhensibles et des plateaux repas…





Nous y voilà enfin !

Un voyage comme ça, ça se mérite !

Réveillés à 3 heures du matin après une nuit que je qualifierais d’épisodique, nous arrivons à 4h30 à l’aéroport pour entamer les procédures interminables de douanes et de contrôles.

Il est intéressant de noter que nous sommes presque mis à nu par les douaniers américains, que nous n’avons droit à aucun bagage à main hormis une sacoche et mon sublime sac d’épicerie, mais qu’une fois à Chicago, nous pouvons emmener n’importe quoi dans la cabine.

Serait-il possible que nos voisins du sud imaginent que les terroristes vivent partout sur la planète sauf chez eux ?

Nous avons eu la bonne surprise d’apprendre que nous n’aurons pas à nous occuper de nos bagages jusqu'à notre arrivée à Bangkok, ce qui, contre toute attente rajoute un stress supplémentaire à André, persuadé qu’un simple code barre ne permet pas de gérer une opération aussi complexe.

Je lui fais remarquer que même si nos bagages devaient se perdre, nous ne serions pas pris au dépourvu puisque nous n’avons quasiment rien dedans.

Qui a eu la brillante idée de nous faire traverser la section des 1ères classes avec leurs sièges/couchettes, télé intégrée, champagne et autres mignardises avant de devoir se serrer dans notre pauvre classe économique ?

Dans notre malheur, nous avons quand même la chance d’avoir 3 sièges pour 2 et pouvons sans problème étendre nos jambes et prendre nos aises.

Pendant ces 13 heures de vol, j’ai quand même jeté un œil sur les programmes de films.

Curieusement, le film d’animation (il paraît que c’est ringard d’appeler ça un dessin animé) dont le titre ne laissait rien présager de bien enlevant est intéressant et permet de peaufiner mon délicieux french accent dans la langue de Roosevelt.

Par contre, je n’ai pas compris grand chose à cet espèce de gros porc qui tente d’animer l’émission man vs food… L’homme contre la nourriture ! Tout un programme… Juste pour avoir une vue d’ensemble : un américain moyen, doté d’une légère surcharge pondérale (pour son pays), fréquente les restaurants qui proposent les bouffes les plus grasses, pimentées, over sized jamais vues. Le générique ferait rendre l’âme a tout végétarien qui se respecte, et tourner l’estomac des plus gourmands gourmets. Le porc se goinfre littéralement de bouffe qui dans un autre contexte pourrait éventuellement avoir l’air appétissante. Enfin pas toute. C’est vraiment dégueulasse et je suis trop heureux de voir arriver mon plateau repas avec ses 12 nouilles à la sauce tomate !

Il est 23 heures, avec presque 1 heure d’avance notre mastodonte se pose sur le tarmac de Suvarnabhumi, le nouvel aéroport international de Bangkok.

Énorme, propre et agréable, cet aéroport donne le goût de venir plus souvent ! Les formalités douanières vite expédiées, nous pouvons enfin aller récupérer nos sacs.

Au fait, pourquoi les douaniers sont-ils toujours obligés de tirer une gueule de 6 pieds de long ? Quel que soit l’endroit (sauf Marseille, ils sont plutôt cools la bas), la tronche des douaniers donnerait presque l’envie de faire demi-tour dans la seconde. Mais bon, après 28 heures de voyage on réfléchit 2 fois à la question…

A peine arrivés devant le tapis roulant, les sacs sont là, embarqués sur nos dos, nous franchissons la porte, une douce chaleur humide nous accueille plus sûrement et agréablement que la préposée aux passeports, et sautons dans un taxi.

Bangkok nous voilà !

Vingt minutes à 130 km/h, nous arrivons enfin en ville. L’hôtel Malaysia nous attend, il est minuit et demi et nous sommes un peu fatigués.

Juste la force d’avaler 2 bières avec un délicieux pad thaï, il est temps de rejoindre le lit...

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Asie, le départ

Petit retour en arrière…
Mardi 29 décembre 2009

Deuxième passage chez Orient Tours dans le Chinatown.
Le billet déjà peu cher hier est encore moins cher aujourd’hui ! Il nous suffit de décaler un peu les dates et hop 400$ de moins à dépenser…
1058$ un Montréal-Chicago-Tokyo-Bangkok (avec le retour), mais pourquoi diable s’en priver ?

Voilà, c’est fait, la carte Visa vient de rendre son verdict, et nos réservations sont confirmées.
Je ne sais pas encore si je dois angoisser ou me réjouir…
Ça fait trop longtemps que je n’ai pas pris mon sac à dos, je m’encroûte et c’est terrible !
Me demander si c’est raisonnable n’est pas dans mes habitudes.
Raisonnable ! Les définitions de ce mot sont équivoques : Qui est au-dessus de médiocre, qui est résigné.
Mais que s’est il passé ?

Las de m’apitoyer sur mon sort (triste sort !) je commence enfin à profiter de ce moment !
Nous ne sommes pas trop expansifs dans la famille mais putain que je suis content !

Bon avant de poursuivre, je voudrais répondre à quelques questions essentielles :
  • Chance : non, je n’ai pas la chance de partir. J’ai travaillé fort pour me permettre cette liberté. Je n’ai aucun bien de valeur, pas de maison à payer, pas de voiture, d’enfant, de chien, chat, ou veau vache cochon. En saison je suis bien loin des 35 heures et suis capable de ne rien dépenser pour en profiter ultérieurement.
  • OUI JE PARS AVEC ANDRÉ ! Mais c’est quoi cette question bizarre que (presque) tout le monde me pose ? Vous partiriez seul vous ? Vous laisseriez mémère au coin de l’hiver pendant que pépère va se faire aller le péteux sur des rythmes endiablés et se dorer la couenne sur une plage déserte ? Franchement…
  • Non, nous ne pratiquons pas le tourisme sexuel ! La Thaïlande n’est plus le terrible repère des pédophiles depuis que le gouvernement délivre d’interminables années (de 2 ans à …vie !) derrière des barreaux. Faire de la prison en Thaïlande doit certainement être une expérience des plus intense. Bien sûr que le problème existe et il s’est déplacé au Laos et au Cambodge. Oui il y a des prostitué(e)s dans ce pays, des quartiers (très) chauds, des gogo bars en veux-tu en voilà, comme si tout cela n'existait pas dans nos pays ! Ah les occidentaux bien pensants !
  • Oui je suis déjà allé en Thaïlande. Et alors ? Pourquoi retourner tous les ans dans le même tout inclus de Punta Cana ? Pourquoi visiter 20 fois la cathédrale de Strasbourg ? Pourquoi se taper 2 heures d’embouteillage pour aller au même chalet toutes les fins de semaine ? Peut être parce qu’on aime ça...
Et voilà.

Mardi 19 janvier nous embarquons dans le vol United Airlines 7585 à 8h30 en direction de Chicago.
Prochaine étape, les douanes américaines…
On se retrouve tous et toutes dans quelques jours, avec 40 degrés de plus, des gougounes aux pieds, en short et t-shirt…
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La Salicorne

Pour accéder à l'album en ligne, cliquez sur la photo ci-dessus
Salicorne : des mots latins sal, le sel et cornu la corne.
Il s'agit de plantes annuelles, basses, charnues, qui croissent sur des sols riches en sel marin.
Ses pousses tendres sont comestibles. Confites dans du vinaigre, elles sont consommées comme hors d'œuvre, en omelette ou dans les salades. On peut aussi les préparer comme des haricots verts.

La soude servant à la production de verre, provenait de la combustion de la salicorne. Au 14e siècle, on raconte que les verriers déplaçaient leurs ateliers en fonction des zones de pousse de cette plante herbacée si étroitement liée à leur métier.


Enfin !
Quatre longues années déjà que les copines sont parties.
Quitter Montréal, s'installer en région, faire fi de tous les commentaires et des mises en garde alarmistes et... réussir !
Bravo !

La Salicorne est un bistro, café, restaurant. Mais aussi une boutique de thés fins de chez Camellia Sinensis, des épices de cru de chez Philippe et Éthnée de Vienne et la café est torréfié à Saint Jean Port Joli par un artisan de leurs amis.
Tous les ingrédient de leur cuisine sont principalement fournis par des producteurs locaux.
Plus régional ça se peut pas !

Nous sommes loin de la cuisine de cambuse québécoise traditionnelle !
Ici pas de burger, poutine, ou pogo... (pour info un pogo c'est une saucisse industrielle genre knack, enrobée de panure et frite...mmmmmhhhh)

Au sortir de la cuisine, on vous servira de la caille, de la pintade confite, des raviolis asiatiques, des bahjis, du poisson, des légumes, et ... des épices.
De la cuisine du monde avec des produits locaux, quel heureux métissage !

Les lieux sont magiques, une maison centenaire parfaitement restaurée, avec une belle terrasse donnant sur le fleuve, face à L'Isle aux Grues et de l'autre coté du fleuve : Charlevoix et Baie Saint Paul.

Cette rive sud du fleuve est trop souvent oubliée au profit de sa très publicisée voisine.
Le musée de la Marine en pleine rénovation (ouverture au printemps semble t'il) devrait apporter un intérêt de plus à ce sublime petit village.


Bon je parle de l'Islet et je pense déjà Asie... (Je décolle le 19 pour Bangkok !)

Venez au Québec, venez visiter cette Belle Province et lorsque vous rencontrerez Lise et Corinne, faites leur un gros bisou de ma part !

Go les filles du Fleuve ! GO !!!
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Décembre 2009 - Voyage voyage

Au-dessus des vieux volcans Glissent tes ailes sous le tapis du vent Voyage, voyage, éternellement De nuages en marécages De vent d'Espagne en pluie ...

Ahhhh la si chic Desireless !

Que n'avons nous ris et dansés sur ces rythmes ?
OK je viens de révéler mon époque, quoique toutes ces vieilles chansons sont à nouveau en tête des hits parade grâce aux recycleurs en manque d'inspiration et à quelques arrangements musicaux informatisés.
Je suis bien incapable d'en faire autant et il faut bien s'occuper en métro ou dans une file d'attente...

Le voyage, voilà le vrai sujet de cet article.
Mon voyage, notre voyage.
Des années de frustrations, d'attente, de délibérations avec mon âme de banquier suisse, d'hésitations et finalement le coup de tête, allez, on y va !
Une simple promenade dans les ruelles enneigées du Chinatown de Montréal un après-midi de fin décembre. Quelques visites, juste par curiosité (tu parles !) dans les agences de voyage.
Non, nous ne prenons pas de billet, c'est juste pour se renseigner. Au cas où...
Un ami s'en va, une autre le suit, des copains reviennent, un séjour au Mexique est hors de prix....
Si le commun des mortels est capable de se payer des fraises en décembre, des tomates en janvier et des ananas à Québec, j'ai moi aussi le droit d'être original !

Je veux du soleil, de la chaleur, de la pluie, porter des tongs et des t-shirts en janvier !
Je veux revoir ces gens du bout du monde et en découvrir d'autres.
Je veux vérifier si notre monde tourne toujours.
Je veux savoir si les habitants de la planète sont tous aussi paranoïaques que les américains.
Je me demande si je vais revoir des gens que je connais.
Je veux partir !!

Alors ça y est, Tiffany a allumé la petite étincelle. Son sourire et son dévouement pour trouver des billets ont été particulièrement efficaces.
Pas encore convaincu, mais terriblement intéressé, je retourne à la maison.
Les gens se pressent, me bousculent, les autos brulent les feux de peur d'arriver en retard dans leur beau préfabriqué mal isolé de banlieue.
Les ponts sont bloqués, les gens s'énervent. Ils m'énervent.

Pourtant j'aime l'hiver. La lumière insensée du soleil couchant et son éblouissant reflet sur la chaussée mouillée. Les bruits feutrés de la ville lorsque les rues sont encombrées de tonnes de neige. Et rester à ma fenêtre lorsque les conditions deviennent carrément inhumaines !
J'aime skier et patiner, me balader en raquettes et prétexter un vent glacial pour avaler un grog...

Mais je dois partir. Alors le lendemain, muni de mon passeport et de ma carte de crédit je franchi une nouvelle fois les portes de l'agence chinoise et m'adresse à la souriante Tiffany.
Pour la moitié du prix de 15 jours dans un tout inclus (all inclusive pour mes amis français) je peux partir en Asie et profiter de deux mois de dépaysement total.

Loin des foules de vacanciers, thermos Tim Horton remplis de Pina Colada à la main, enrobés d'huile à la noix de coco, paisiblement écrasés sur leur chaise longue, coude à coude avec leurs voisins de palier, se racontant les dernières rumeurs de leur ruelle.
Et attendre avec impatience que le grill de la plage délivre ses hot dogs, hamburger et frites...

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Le 19 janvier à 08h30 le vol United Airlines 7585 nous emporteras à Chicago puis à Tokyo et enfin, le lendemain soir à Bangkok, début de notre périple.
Cette nouvelle décennie ne pouvait commencer autrement que par un vrai voyage et des rencontres que nous espérons uniques.

Je ferais mon possible pour tenir ce blog à jour et y mettre des photos.
J'espère que vous serez nombreux à en profiter et par mon épistolaire intermédiaire, vous faire voyager un peu.

"Il n'y a d'homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie."
(Lamartine)
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