Une manifestation rouge, une balade sur le Grand Canal et une parenthèse culturelle - Bangkok Mardi 16 mars

Une promenade dans les rues de la ville nous emmène près du monument de la Démocratie et l'agitation qui y règne nous informe rapidement sur les positions des fameuses “chemises rouges” qui soutiennent l’ex-premier ministre Takhsin et réclament des élections.
Nous n’avons pas le sentiment de déranger, ni d’être en quelconque danger. Les gens sont assis sur la route et sur le trottoir, des tentes sont installées, des toilettes, des cuisines, des tables, tout est fait pour tenir un long siège. À notre grande surprise il y a même des lieux destinés à la détente avec des masseuses, et des tentes hôpital où les gens font la file pour donner leur sang.
Ce que je pensais être un don pour les banque du sang est prévu pour un tout autre usage comme je l’apprendrais le lendemain en lisant les informations sur Internet.
Tous ce sang est recueilli dans des bouteilles et des sacs pour être ensuite jeté sur certains édifices gouvernementaux et surtout sur le domicile de l’actuel premier ministre. Charmant.
Nous traversons une foule où 150 000 personnes nous font des sourires et ne rechignent pas à poser pour des photos. Je ne comprends pas vraiment leur idéologie, je sais simplement que c’est la classe populaire qui soutient l’ex-premier ministre mais de là à comprendre pourquoi ils veulent le retour d’un homme politique coupable d’être un filou…

Nous arrivons au khlong, le canal qui nous ramènera vers le centre ville. Un moyen de transport largement ignoré des touristes et qui ne coûte qu’une poignée de piécettes. Nous voguons sur les eaux sombres du canal et nous abritons le plus possible derrière les bâches bleues installées de par et l’autre de la chaloupe pour nous protéger des projections du liquide sur lequel nous naviguons. Je n’ai aucune confiance dans la salubrité de ces eaux troubles et si les voyageurs locaux eux-mêmes se protègent il serait malvenu que je n’en fasse pas autant.
Pourtant, ça et là des gens se baignent, des enfants jouent dans les déchets flottants et des pêcheurs tirent une maigre pitance de ce fluide miasmatique.
Je préfère jouer dans les tubes chlorés du Waterbom…
D’acrobates jeunes filles vont et viennent sur le plat-bord pour récolter l’argent et distribuer les billets, un casque sur la tête pour seule protection, elles ont l’œil sur tout et savent qui vient d’embarquer et qui doit débarquer où. Leur ballet est artistique et efficace, une main pour le bateau et une main sur le porte-monnaie et le distributeur de tickets.

Nous débarquons à la hauteur de la maison de Jim Thompson à qui le royaume de Siam doit la notoriété et la commercialisation internationale de sa soie. Arrivé en Thaïlande au lendemain de la guerre de 1944, Jim Thompson était un ancien agent de l'OSS (qui s'appelle maintenant "CIA"). Séduit par le pays, il développe la production de la soie thaïlandaise et collectionne les objets d'art ancien asiatique. Il disparut mystérieusement en 1967, lors d'un séjour chez des amis en Malaisie. La finition thaïlandaise de ce superbe tissage est plus soignée et la maison de monsieur Thomson est un enchantement de délicatesse. Il a récupéré des morceaux d’anciennes maisons en tek de Bangkok, promises à la destruction pour fabriquer cette très jolie propriété où il a vécu.
Une oasis de calme au milieu de la tourmentée capitale.
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