Une île paradisiaque - mercredi 3 mars


6 heures 15, la sonnerie de mon réveil tente de me faire croire qu’elle fait son travail alors que ma nuit est finie depuis longtemps.
La grosse pluie nocturne a nettoyée le ciel et la chaleur est retombée. Nous nous sustentons de la tranche de cake à la banane achetée hier soir et montons sur la route attendre notre transport qui va nous emmener à Pandangbai.
À cette heure aussi matinale, aucun touriste de se promène, et la rue appartient toute entière aux Balinais qui s’affairent. Le marché grouille d’activité et les petits feux finissent de carboniser les déchets dans les caniveaux. La fumée stagne dans un air calme, et le soleil projette ses rayons à travers les branches de bambous et les feuilles des bananiers.
N’eut été l’odeur un peu nauséabonde de quelques déchets en plastique, cette vision aurait pu être presque parfaite…
Les statues qui se construisent un peu partout depuis 2 semaines sont sur le point d’être finies et les scènes sont toujours très originales. Ici un monstre est tué par un guerrier armé d’un couteau effilé, là une déesse est acrobatiquement installée sur une planche de surf et partout les villageois ou les maisons particulières font preuve de beaucoup d’imagination.
Ces personnages seront brulés lors de la grande fête du 15 mars, dans un grand brasier de colle, polystyrène, papier journal et mousse de polyuréthane…
Le 16 mars encore une fois nous raterons une fête majeure en Asie. La dernière fois nous avions manqué le Songkran, le nouvel an bouddhiste qui est un débordement de joie et d’eau partout en Thaïlande, et cette année, à quelques jours près nous n’assisterons pas à Nyepi, le nouvel an hindou.
Cette journée est consacrée au silence et à l’inactivité la plus totale sous peine de se faire sérieusement réprimander par les autorités !
Mais c’est la veille que ça se passe. Le 15 au soir, les habitants font une énorme fiesta et appellent les démons à se joindre à eux. Après quelques exorcismes de circonstances les monstres de papier sont brûlés emportant dans leurs flammes les démons un peu trop enthousiastes et trop proches. Le lendemain, constatant qu’il ne se passe absolument rien dans l’île, et que tous les habitants semblent avoir disparus, les démons survivants s’enfuient vers des lieux plus propices à leurs mauvaises intentions.
Retour à Padangbai où nous venons d’arriver, nous avons une petite heure devant nous et en profitons pour déguster un café avant d’embarquer sur le hors-bord de 900 chevaux. En un peu plus d’une heure nous traversons le détroit entre Lombok et Bali, débarquons quelques passagers sur la grande île qui devra faire partie d’un prochain voyage et faisons route vers Gili Trawangan.
Tout est là… Cocotiers, sable blanc, eau cristalline…
Un bruit étrange se fait tout à coup entendre, il envahit nos têtes, résonne comme un vieux souvenir que nous pensions enfoui à jamais au plus profond de nos êtres : le silence assourdissant d’une île sans voiture ni moto !
Il y a quelque chose de troublant après ces milliards de sollicitations auditives des dernières semaines, mais nous nous y habitueront en quelques secondes.
Les seuls moyens de transport sont des vélos antédiluviens, des petites carrioles tirées par des mini-chevaux, non pas des poneys, juste des chevaux en plus petits, et la saine marche à pieds.
Nous marchons sur la petite route ensablée à la recherche d’un hébergement. Un jeune homme nous propose de visiter sa dernière chambre disponible avec ventilateur et de la place pour suspendre nos hamacs qui vont enfin justifier de leur présence dans nos sacs !
Un fish&chips plus tard, on nous retrouve sur le bord de la mer, allongés sur nos serviettes ou en train de barboter dans cette délicieuse mixture salée et à température parfaite.
La journée passera au rythme alangui des vagues se déroulant mollement sur le sable chaud, tandis que les nuages d’orage et de pluie commencent à se développer sur le Gunung Rinjani, le volcan de 3726 mètres qui domine Lombok.
Au loin l’orage gronde, mais deux heures plus tard plus aucune trace du colossal cumulo-nimbus, le volcan offre à nos regards son profil imposant.
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