Des vendeurs bouchés à l’émeri, un environnement en péril et des clowns chez Roda-dimanche 28 février

Aujourd’hui nous roulons vers Padangbai, le village d’où partent les bateaux vers Lombok et les îles Gili. Nous voulons y acheter les billets et y dormir avant de rentrer demain à Ubud.

Je passe à un poil de couper un chien galeux en deux, ce qui aurait été une bénédiction pour sa vie merdique, mais je n’aurais pas garanti de rester droit sur mes roues après un tel impact.

En plus d’être d’une disgrâce absolue, ces chiens sont vraiment cons !

En à peine 1 heure nous faisons le frustrant trajet. Frustrant parce qu’il y aurait tant à voir dans ce coin de l’île et que notre temps est compté. Le compte à rebours est commencé, dans 18 jours nous reviendrons à la réalité de notre vie en pensant déjà à nos prochaines vacances.

À Padangbai nous trouvons le représentant de Gili Cat, et réservons nos billets pour le 3 mars. Un véhicule viendra nous chercher à Ubud et au retour un autre nous transférera à Kuta où nous finirons notre séjour balinais.

Il est 11 heures, nous avons soif alors nous mangeons.

Finalement après discussion, André se sent capable de supporter le sac encore 1 ou 2 heures et préférerais rentrer à Ubud plutôt de que dormir ici. Je n’y vois aucun inconvénient, de toute façon nous allons passer les 8 prochains jours au bord de la mer.

Une fois la note réglée à la serveuse qui trouve ses jambes trop lourdes et la terre trop haute, ce qui l’empêche de sourire de ses belles dents blanches, et ayant éconduit pour la centième fois le vendeur de lunettes, nous reprenons la route.

Qui y a-t-il de plus facile à comprendre que le mot NON ?

Dans tous les pays du monde que je connais, le mot non est le même, non, nein, no, niet… Ici c’est tidak, mais alors le signe de tête ou de la main est suffisamment clair pour que n’importe quel être humain, même doté d’un cerveau de saucisse cocktail cuite puisse comprendre !

Ça ne me rentre pas dans ma tête à moi que quelqu’un à qui on a dit non ne comprenne pas…

J’en veux pas de tes lunettes crisse, j’en ai déjà une paire sur les yeux et ce ne sont pas des copies !

Non je ne veux pas de montre non plus, j’ai juste 2 poignets et comme tu peux le constater mon cher ami imbécile j’ai déjà une montre. Une deuxième ? Ben voyons donc, je n’y avais pas pensé, c’est toujours utile d’avoir 2 montres et de passer pour un type qui a peur de rater son train !

C’est comme les gens qui portent des bretelles ET une ceinture, pas confiance dans l’un ou dans l’autre…

Bon là je lui ai dit que je ne voulais pas de lunettes, ni de montre, alors bien évidemment il tente sa chance avec les sarongs, les bracelets, les colliers, une poignée de sable dans les yeux ça te tenterais mon petit aventurier ?

Non je ne veux pas de transport non plus, pas plus d’un taxi ! Putain si je porte un casque de moto alors qu’il fait 60 degrés à l’ombre pense tu vraiment que c’est pour le fun ?

Partons !

Une large route me donne enfin l’opportunité de monter l’aiguille rouge à 90 km/h, mais le plaisir est de courte durée puisque à cette vitesse là les distances sont vite franchies et qu’il faut déjà sortir pour prendre les petites routes à flanc de montagne.

Les villages traversés sont beaux et entretenus, mais encore une fois nous sommes décontenancés par la saleté immonde des fossés et de la campagne. Je vois régulièrement des enfants jeter leurs sacs de chips ou de bonbons par terre, je roule derrière une voiture peinte de couleurs tropicales et où est inscrit en gros Keep Nature Clean, et par la fenêtre de laquelle s’envole un sac plastique devenu inutile. Je suis découragé…

Finalement le sac se fait de plus en plus lourd, et les ininterrompus virages rendent la position de mon passager des plus inconfortable. Mais qu’avons-nous bien pu mettre dans ce sac pour qu’il soit aussi pesant ?

Les camions qui roulent à 20 km/h et dégagent une fumée épouvantable sont autant d’obstacles à franchir. Mais ce n’est pas pour rien que les Balinais m’ont surnommé Trafic Eliminator, et je prouve le bien fondé de ce sobriquet. À droite, à gauche, je double et laisse les pauvres et lourdaudes voitures sur place, je n’ai pas passé mon permis à Toulon pour rien !

Enfin, après une heure de gymkhana routier nous arrivons en la remuante ville d’Ubud et stationnons notre véhicule devant le Gusti’s où j’ai pris la précaution d’appeler pour réserver une chambre.

Nous lâchons enfin l’accablant fardeau, attrapons nos maillots de bain et sautons sans aucun autre forme de savoir vivre dans la piscine en arrosant au passage une dame qui s’était allongée à même le sol et les fourmis, et que nous n’avions pas vue…

Ce dimanche soir nous profitons une nouvelle fois du buffet balinais de Roda.

Nous réservons en même temps un canard cuit et fumé pendant 12 heures et que nous dégusterons demain soir.

Le buffet est toujours aussi bon, mais encore une fois c’est l’assistance qui nous fera vivre les heures les plus intenses de la soirée.

Une dizaine de jeunes gens, assis un peu plus loin sur la terrasse, se lève pour aller se servir. Le premier est un jeune routard, un peu dépenaillé, mais propre de sa personne, viennent ensuite, en procession, tels des Rois Mages sans cesse réinventés, ses compagnons de route.

La dernière fois que j’ai vu un tel rassemblement c’était au cirque du Soleil !

J’espère d’ailleurs que c’est une troupe de cirque itinérante, mais le doute est plus que permis et en mon for intérieur, je sais que ce ne sont que des gens ordinaires.

Leurs accoutrements auraient valus des dizaines de photos que la bonne éducation reçue par mes doux parents m’a bien sûr empêché de réaliser.

La noix de coco sur le saté (la version locale de la cerise sur le gâteau) est arrivée avec une fille, habillée en abat jour fleuri, une riche continuité de couleurs vives, des pieds à la tête. Des fils de laine accrochés partout dans sa tignasse lui descendent aux épaules, s’ensuit une robe, enfin un ensemble de tissus qui lui sert de robe et pour finir des espèces de babouches, à moins qu’elle n’ai été nu pied…

Tel un bichon mal peigné, on ne devine pas tout de suite où est l’avant de l’arrière et certain doivent parler à son fond de tête…

Évidemment je ne suis pas le seul que cela interloque, nos voisins ont la fourchette molle, et le personnel, bien que très éduqué et habitué à voir des bizarreries ne peut s’empêcher d’échanger des regards amusés et quelques commentaires que leur voix basses trahis.

S’ensuit un petit Hobbit avec un chapeau melon trop grand pour lui, une Elfe presque nue, un gourou indien, et pour finir deux débutants, engoncés dans des pantalons thaïs trop courts et avec des chaussettes blanches.

Il n’y a que le gai du groupe qui a mis un semblant de coordination dans ses vêtements et par le fait même semble à part de ce groupe hétéroclite.

Y a pas à dire, le dimanche soir c’est chez Roda que ça se passe !

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