Bangkok – Tokyo - Jeudi 18 mars

Une heure du matin.
En quelques courtes minutes nos douches sont prises et nous descendons payer la chambre avant de monter dans un taxi hélé par le portier. Le trajet se fera très rapidement, l’autoroute à cette heure est presque complètement vide. Aux abords de l’aéroport, des dizaines de policiers et de militaires ont installés des barrages et contrôlent toutes les voitures. Je pense qu’ils ne veulent pas subir les mêmes inconvénients que l’an dernier à savoir le blocage complet des aéroports par les manifestants. Des vols annulés, des centaines de passagers bloqués, la Thaïlande veut donner une image plus touristique et montrer qu’elle est capable de gérer ses débordements sociaux.

Nous avons presque deux heures d’avance sur l’ouverture des guichets d’enregistrement, nous nous promenons un peu dans les lieux immenses, frais et aseptisés. Certains passagers passent la nuit sur les bancs, recouverts de leurs sarongs, collés à leurs sacs à dos, se réservant une nuit bien agréable et reposante.
Enfin, nos sacs enregistrés, nous pouvons continuer de subir les interminables contrôles de sécurité. Est-ce que par le plus grand des hasards les Américains seraient encore en train de contrôler le fonctionnement du restant de la planète ?
Des questions débiles : qui a fait les sacs, transportez vous des affaires qui ne sont pas à vous, avez-vous laissés vos sacs sans surveillance, avez-vous des armes ?
Une fouille, un autre contrôle et enfin nous passons en zone hors taxe. Nous pouvons aller choisir une bonne bouteille de scotch et quelques friandises avant d’aller manger un petit morceau. Il est 5 heures du matin, mon sandwich et mon café font face à une bassine de Coke, une brouette de frites et à un méga over-sized Whooper triple boulette de viande !
Il est cinq heure et André me dégoûte !

Bon, il est temps de quitter nos confortables sièges en direction de la porte D2, qui à notre grande surprise est complètement à l’autre bout de l’aéroport. Qui donc a eu la brillante idée de construire cet aéroport ? Pour accéder à la zone D il faut prendre à droite après les contrôles et traverser les immenses zones A, B et C, descendre un étage pour s’apercevoir que la zone D commence à D9 et se rendre compte que D2 est tout au bout de la passerelle. Après les contrôles qui nous ont pourris la vie ! Nous sommes à cinq minutes d’embarquer et accélérons un peu le pas. En approchant de la porte d’embarquement nous constatons qu’il y a encore un dernier contrôle. Une fouille complète des sacs, il faut ôter nos souliers et se faire rapidement palper par un agent de sécurité. Mais le drame est que nous n’avons absolument pas le droit d’embarquer quelque liquide que ce soit dans l’avion !
La merveilleuse bouteille de Scotch écossais pur malt, dûment emballée dans un sac scellé par les soins des vendeurs hors taxe ne peut faire le voyage avec nous.
Je suis en train de perdre ma précieuse et légendaire patience…

Je laisse André au contrôle et remonte avec la bouteille à la recherche d’un magasin hors taxe, pour me la faire rembourser. Je cours comme un débile dans les allées, trouve la boutique, explique la situation, un peu essoufflé. Les vendeuses sont très compréhensives, et me demandent la facture que je crois être dans le sac d’André. Je repars donc en courant le retrouver, fouille les sacs pour m’apercevoir que le précieux papier est dans ma sacoche que je traîne depuis deux mois. Je remonte 4 à 4 les marches, tends le papier aux filles qui se sont mises à sept pour m’aider et avant d’avoir la confirmation de l’achat par téléphone dans l’autre boutique où les vendeuses vont se faire engueuler faute de m’avoir prévenu, elles me tendent les 2500 bahts dont je ne sais même pas quoi faire.
Je retourne en courant rejoindre André et enfin nous passons les contrôles.
Qui veut faire sauter un 747 en route vers Tokyo ? QUI ??

Traversant les insolents sièges couchettes des premières classes, nous regagnons les avant derniers fauteuils, dans la queue de l’appareil où nous subirons les fantasques sautes d’humeur d’un Boeing pris dans les tourmentés courants d’air. Le vol vers Tokyo sera de temps en temps semblable à un rodéo, nous nous devons de faire confiance aux techniciens qui ont conçus cet appareil et à l’expérience du pilote. De mon hublot je vois très distinctement l’aile et le réacteur qui semblent vouloir perdre leurs boulons pour aller s’écraser quelques 6000 mètres plus bas, dans les vagues de l’océan. Vite je ferme les yeux et me contente de dormir en me disant que ce sera toujours ça de pris au cas où…

Finalement comme on peut le constater en lisant ces lignes, l’appareil se pose en un seul morceau au Japon où nous débarquons pour changer de vol. Tiens, encore des contrôles, un scanner des bagages de cabine, au cas où quelqu’un aurait réussi à fabriquer une bombe nucléaire dans les toilettes pendant le vol, et nous sommes libres de nous promener dans les vastes couloirs de Narita.
Nous repérons tout de suite notre porte d’embarquement, on ne se fera pas avoir une deuxième fois, et allons visiter les rayons des boutiques hors taxe.
Le Japon est réputé pour son whisky, mais je demande plusieurs fois et à plusieurs personnes différentes si là aussi on me fera courir comme une poule pas de tête à travers tous les terminaux pour me faire rembourser parce que je peux acheter mais pas embarquer. Tout le monde me confirme que l’on peut acheter, mais lors de notre escale à Washington il nous faudra mettre la bouteille dans les bagages en soute que nous devons récupérer avant de les ré-enregistrer. Pourquoi faire simple ? Bon, nous prenons une chance et achetons un scotch de 17 ans d’âge, après en avoir fait la dégustation évidemment. Il est quelque chose comme 15 heures 30, mais avec tout le décalage que nous allons prendre l’heure n’a plus aucune importance. Manger une soupe à 2 heures du matin heure de Bangkok ou 13 heures, heure d’Anchorage, se taper un Cabernet Sauvignon après un Gin Tonic à 23 heures à moins qu’il ne soit 5 heures ?

André est déjà à l’heure de Montréal, 3 heures du matin, et se fout de savoir si son apéro a du sens, pourvu qu’il y ait un apéro…
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