Tourisme spirituel-mercredi 24 février

Sous la pression du bruit ambiant nous décidons de nous lever et de faire partie intégrante de ce majestueux capharnaüm.

Un léger petit déjeuner vite expédié, et nous sommes en route vers notre première visite, le temple hindou Pura Ulun Danau Bratan. Un sanctuaire hindo-bouddhique de première importance fondé au XVIIe siècle et dédié à la déesse des Eaux. On le retrouve sur plein de cartes postales, ce qui prouve sa notoriété !

Nous avons la chance d’être les premiers sur les lieux en cette heure matinale et évitons la cohorte de touristes qui déferle habituellement sur le site et garantissent des photos ratées dans une ambiance de fête foraine.

Les deux temples bâtis sur des petits îlots donnent aux lieux une atmosphère magique, et leurs reflets dans les eaux calmes du lac, avec les montagnes en arrière plan apportent de la sérénité au lieu.

Nous reprenons notre promenade vers le sud, il fait toujours très beau et la route est excellente.

A la recherche du Pura Luhur Baturkau, un temple oublié sur les flancs du volcan Baturkau. Les quelques villages traversés sont agréables, les gens nous font de beaux sourires et évidemment nous nous perdrons plusieurs fois.

Nous tomberons en arrêt devant le spectacle majestueux d’un panorama de rêve, les rizières de Jatiluwih. Ce nom signifie “vraiment merveilleux » et il est loin d’être usurpé !

Au début de cette route panoramique de dix huit kilomètres, un péage nous demande de nous acquitter de la modique somme de 10 000 roupies par personnes. Devant mon étonnement, je lui explique que nous nous sommes suffisamment fait arnaquer ces derniers jours, je lui demande aussi si tout ca est bien officiel. Il me montre le calepin avec les coupons, un peu gêné, et finalement ne nous demande que 10 000 et nous souhaite bonne route. Un peu plus tard en lisant le guide je me rends compte que ce péage est tout à fait officiel et que l’argent est destiné à l’entretien des terrasses qui devraient bientôt figurer au patrimoine mondial de l’UNESCO…

Des kilomètres de terrasses centenaires, ou l’on cultive l’ancestrale riz rouge et qui se perdent aussi loin que le regard puisse porter, l’agréable sensation de rouler dans une photo ! Nous nous arrêtons manger dans un restaurant, en terrasse, avec du riz rouge et une vue prodigieuse.

La route se poursuit encore quelques kilomètres et nous arrivons enfin au temple d’Indiana Jones perdu dans la végétation luxuriante et évitée de la plupart des touristes. Le site est juste enveloppé du chant des oiseaux et du crissement d’insectes colorés. La cime embrumée du volcan nous domine de toute sa somnolente puissance, il règne une ambiance fantomatique que va bientôt exacerbée une cérémonie religieuse. Les allées sont couvertes de mousse humide, le sol est glissant, la végétation est hors de contrôle, les arbres sont si hauts que leurs têtes disparaissent dans les nuages.

À l’entrée du site un panneau signale ces détails : les lieux sont interdits aux fous, hommes ou femmes, aux femmes enceintes, à celles qui ont des enfants n’ayant pas encore leurs premières dents, aux impures dues à un décès, à ceux qui ne sont pas correctement vêtus et plus compréhensible en raison de leur caractère incertain, aux femmes menstruées !

Au moment ou nous allons quitter les lieux, un bruyant cortège arrive de la vallée, des voitures et camions, musique à fond, débarquent des dizaines de personnes festivement vêtus et suivent une femme portant une espèce d’urne. Si c’est un enterrement il est pas mal joyeux, on est loin des torrents de larmes et des pleurs déchirants classiques…

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