Cuba 2018 - Le bilan

Cuba, c'est où c'est quoi ? 
Parce que les cours d'histoire/géo semblent avoir disparu de nos écoles, voici un petit résumé. 

Une pincée de géographie 
Plus grande île des Antilles d'une longueur de 1210 kilomètres et de 200 kilomètres maximum de large, Cuba a une superficie plus de trois fois plus grande que la Belgique. 

Plus proche de Key West en Floride (166km) que Miami (210km), elle comporte plusieurs grandes îles et plus de 1 500 îlots. 
Le Tropique du Cancer frôle la côte nord de l'île et les Américains continuent d'occuper la base de Guantanamo depuis 1898. 

Baigné par un climat tropical, le pays est pile-poil dans la trajectoire des cyclones qui naissent dans les eaux de l'Atlantique. Régulièrement balayé par des vents violents, on y compte cependant beaucoup moins de victimes que chez sa cousine floridienne, la population étant très régulièrement entraînée à se mettre rapidement à l’abri. 
De plus, la qualité des services de secours est particulièrement efficace, Castro avait même proposé aux États-Unis de leur envoyer quantité de médecins suite à l’ouragan Katrina qui fit plus de 1800 morts, mais le géant Américain ne l’accepta jamais. 

Climat chaud et très humide de mai à octobre, il devient plus sec et frais pendant l’hiver. 

Un bouquet garni d’histoire 
Cuba était habitée par des Amérindiens Ciboneys et Taïnos, chasseurs pêcheurs, qui ne firent pas long feu avec l’arrivée des Européens. 
En moins de 50 ans, il ne restait que quelques peintures rupestres pour témoignage de leur présence. 

Réveil difficile pour le roi Ferdinand
Découverte en 1492 par Christophe Colomb, l’île fût baptisée Juana en l’honneur du prince Don Juan, fils d’Isabelle de Castille et du roi Ferdinand
L’enfant meurt cinq ans plus tard, on rebaptise l’île Fernandina. Mais c’est finalement Cuba qui devint le nom officiel de l’île et là par contre le mystère reste à élucider. 

Pauvre en or, l’île devint la plaque tournante du trafic entre l’Espagne et l’Amérique du Sud. Rapidement, les efforts furent portés sur la culture du tabac et de la canne à sucre. 
Deux productions qui nécessitent une multitude de main d’œuvre et donc, d’esclaves. 

Si quelque 36 000 esclaves occupèrent l’île jusqu’en 1763, cette population explosa entre 1792 et 1860 et grimpa à 720 000 ! 

La traite fut abolie par l’Angleterre dans les colonies espagnoles en 1820, mais l’Espagne, considérant que l’Angleterre n’avait pas son mot à dire, continua le trafic et 70 000 esclaves furent encore débarqués dans les ports cubains. 

Loin de se tarir, l’hideux commerce continua et se modernisa grâce aux bateaux à vapeur. Entre 1859 et 1861 près de 80 000 esclaves, furent envoyés à Cuba, les Espagnols établissaient une réserve de chair fraîche avant que l’inéluctable abolition arrive. 
Enfin, en 1898, le commerce des esclaves fut totalement aboli sur l’île. 

José Marti, fondateur du parti révolutionnaire cubain est un homme politique, philosophe, journaliste et poète. Il est littéralement adulé dans toute l’île et Castro s’en inspire pour sa propre révolution. Toutes les villes cubaines possèdent au moins une statue du héros et martyr, mort en combattant en 1895. 

Le 10 octobre 1898 après 200 000 morts lors de la guerre Guerre hispano-américaine, l’île obtient son indépendance, reconnue par le traité de Paris deux mois plus tard. 

Les Américains étendent leur pouvoir sur la nouvelle démocratie et font de l’île un protectorat militaire, ce qui ne plaît pas du tout aux habitants tout juste délivrés de l’emprise espagnole. Ils y restent cependant jusqu’en 1934, et l’île est gangrenée par la mafia italienne qui y installe des casinos et blanchit l’argent à grande échelle. 

Le président Batista laisse faire, puisqu’il doit y trouver son compte, entre pots-de-vin et arrangement entre crapules. 

En 1956, Fidel Castro en a plein son casque du dictateur Batista et prend la tête de la Révolution cubaine. Après avoir fait le ménage à La Havane et dans les ministères corrompus, il prend la tête du pouvoir et, étrangement, ce sont les États-Unis qui reconnaissent les premiers la naissance du nouveau gouvernement. 

Mais Castro entend bien récupérer ce qui appartient aux Cubains et nationalise des compagnies jusque-là aux mains des Américains. Et c’est à peu près à ce moment que le bordel pogne. 

Tentative lamentablement ratée de débarquement américain à la Baie des Cochons, installation de l’armée russe, mise en place de missiles nucléaires sur l’île, tension hautement explosive en 1962, où beaucoup pensent qu’une troisième guerre mondiale est très probable. 
Finalement, Kennedy cède, promet que les États-Unis n’essayeront plus jamais d’envahir Cuba, et la guerre froide se réchauffe un peu. 

Par contre l’embargo se met en place et durera plus de 50 ans, empêchant l’île de commercer normalement avec le reste du monde. Il est officiellement encore en place, mais dans les faits, les importations et exportations vers les États-Unis ont repris dans les années 2000. 
Les experts estiment que les pertes occasionnées par cet embargo s’élèvent à plus de 116 milliards de dollars. 

Miguel Díaz-Canel
Fidel Castro cède le pouvoir à son frère Raul en 2006 et, en 2014 le président Obama entreprend la reprise des relations diplomatiques. Il sera le premier président américain depuis 1928 à faire une visite officielle le 20 mars 2016. 
Le 19 avril 2018, Miguel Díaz-Canel devient le président élu du pays pour cinq ans. 

Depuis ça a recommencé à déconner avec l’arrivée au pouvoir du grand humaniste américain à la chevelure orange. 

Mais il en faut plus pour décourager ce peuple combatif. Castro avait mis en place une politique d’autonomie, incitant chaque famille à posséder son lopin de terre pour y cultiver les fruits et légumes leur permettant de subvenir à leurs besoins. 

Depuis 1990 par manque d’approvisionnement de l’union soviétique, les produits chimiques sont inexistants et de fait, toutes les cultures sont biologiques. Longtemps aidé par son grand frère russe, le pays a dû apprendre à se débrouiller seul et après un triste épisode de crise alimentaire, le gouvernement changea de système de production. Passant d’une culture intensive et d'exportation, à un concept de culture extensive, biologique et de proximité. 

Ainsi, en 1996, chacun put consommer les 300 grammes de légumes frais par jour, tel que cela avait prévu. Selon l’UNICEF, Cuba est le seul pays d’Amérique latine à avoir supprimé la sous-nutrition chez les enfants. 
Le pays détient le record de production alimentaire de l’Amérique latine et des Caraïbes.

Castro était un dictateur qui ne supportait aucune critique, mais force est d’admettre qu’il a toujours œuvré pour le peuple et n’a jamais dérogé de sa ligne révolutionnaire. Un communisme qui ne plaisait d’ailleurs pas beaucoup aux idéologues séniles du Kremlin… La magie des Tropiques. 

Quelques chiffres pour confirmer que Cuba est bien plus qu’un pays si pauvre et si misérable comme j’ai déjà pu l’entendre de la bouche de touristes soudés à leur chaise longue sur une plage de Varadero.

Le système de santé est très développé, même si le pays, manque de médicaments pour cause de blocus. Basés sur la médecine préventive, les résultats sont exceptionnels. 

La mortalité infantile y est de 4,2/1000 (au Canada, nous sommes à 4,6/1000), l’espérance de vie de 78 ans est identique qu’aux États-Unis. 
Depuis 1963, le pays a envoyé des médecins à travers le monde pour soigner les plus déshérités, ils sont actuellement près de 30 000 à travailler dans 60 pays. 

Le taux d’alphabétisation de 99,9 % est le plus élevé du monde, la scolarité est obligatoire jusqu’à 15 ans et l’enseignement, du primaire jusqu’à l’université est gratuit. 

Les salaires sont bas, puisque le revenu moyen par habitant est d’environ 30 $. Mais la gratuité des services, les faibles prix de consommation courante, les coupons alimentaires et la résilience des habitants font que le système fonctionne. 

On parle de sous ?
Depuis 1994, il existe deux systèmes monétaires à Cuba, le peso convertible CUC, destiné aux étrangers et aux gros achats, et le peso cubain CUP, monnaie locale utilisée par les habitants pour leurs besoins quotidiens. 

Le taux est complètement différent (1 CUC vaut environ 25 CUP), il faut donc faire attention lorsqu’on change de l’argent afin de ne pas récupérer des pesos cubains. 
Cuba veut unifier sa monnaie, et le peso cubain devrait devenir la monnaie unique au pays.

L’île n’est pas la destination privilégiée pour les routards sans le sou. Si on ne vit pas un peu dans le style des locaux, l’argent a vite fait de s’enfuir du porte-monnaie. Les locations de casa particular sont facturées entre 20 et 35 CUC, un petit-déjeuner à la casa c’est 5 CUC, mais on se laisse vite aller à quelques mojitos et à des plats un peu plus élaborés qu’une assiette de ropa vieja à 3,50 ou une pointe de pizza dans la rue. 

Un soupçon de démographie 
Le pays compte 11 265 629 habitants, soit 106/km². Au Canada, c’est 37 239 583 habitants (3,73 hab/km²) et au Québec : 8 425 996 habitants (5,5 hab/km²). 

Entrer au pays 
Avec un passeport valide 6 mois après la date d’arrivée, pas besoin de visa. Pour éviter de se faire emmerder par nos chics douaniers américains, leurs homologues cubains font remplir un papier d’immigration plutôt que d’apposer un tampon dans le passeport. 

Des bruits circulent qu’il faut absolument avoir une preuve d’assurance, mais nous n’avons jamais eu de telle demande en arrivant. 

Amateurs d’images aériennes, laissez votre drone à la maison, il sera confisqué (et rendu) par les douanes à votre arrivée. 
Ouverture au monde, mais quand même encore un peu suspicieux… 

Risques 
Jamais nous n’avons ressenti de danger en nous promenant, même à des heures tardives à La Havane. Comme dans toutes les grandes villes, des pickpocket tentent leur chance, mais il suffit de ne pas leur offrir cette opportunité pour faire de vous une victime. 
Des jineteros, rabatteurs extrêmement efficaces essayent de vous emmener dans le resto ou l’hôtel où ils recevront une commission, il suffit de dire non aux avances pour avoir la paix. 

Nous nous sommes plusieurs fois fait aborder par des gens de tous âges pour un soi-disant super plan ou une coopérative qui vendait à prix imbattables des cigares
Les cigares sont affaire d’État, il est impossible de trouver leur équivalent dans la rue. 
Au mieux, ils sont volés lors de la production au pire, c’est de la poussière entre deux feuilles de bananier. 
À part ça, un taxi qui a tenté et perdu et c’est tout. 

Il vaut mieux éviter la période des cyclones à moins de vouloir faire parler de soi dans la rubrique Inquiétude des proches dans le journal local. 
La circulation est relativement correcte à La Havane et les gens ne roulent pas comme des fous. En même temps, la plupart ont des guimbardes poussives qu’il ne faut pas trop pousser. 

Détails par ville 

La Havane 
Transport 
De l’aéroport à l’hôtel en taxi 15 CUC prix fixe. Ensuite tout le reste à pied 
Dormir
Casa Arcangel (35 CUC) 
Voir
Replonge-toi dans mes écrits. En vrai, tout ! 
Prendre le temps de sentir l ‘âme de la ville, vibrer au rythme de la salsa et des rires des Cubaines. 
El Dandy
Manger et boire 
On mange bien à Cuba, désolé pour les pisse-froid qui ne sont jamais sorti de leur hôtel. 
• El Biky, très belle découverte, il faut l’essayer 
• Doña Eutimia, à coté de la plaza de la Catedral 
• Paladar La Guarida, pour son cadre et ses plats imaginatifs (à réserver pour une grande occasion) 
• Los Nardos en face du Capitole, plats gigantesques et petits prix 
• Café Arcangel, excellents cafés et petits plats 
• El Dandy, notre bar, avec une ambiance très sympathique. On y mange aussi très bien. 
• El Patchanka, un bar un peu crotté super sympathique 
• Helad’oro, le glacier de luxe par excellence. 

Viñales 
Transport 
De la gare routière Viazul de La Havane : autobus Viazul (à réserver d’avance) - 12CUC, 3h30 de route avec 1 arrêt. www.viazul.com
Dormir 
Je ne me souviens pas du tout de la casa (30CUC) dans laquelle nous avons dormi, mais il y a l‘embarras du choix. Comme partout d’ailleurs puisque presque chaque famille possède au moins une chambre à louer. 
Voir 
• La ville tranquille dans son écrin de verdure et de mogotes
• Profiter du temps qui passe moins vite qu’ailleurs. 
• Monter sur un cheval et parcourir au rythme des fleurs qui poussent, la vallée de Viñales et ses champs de tabac. 
• Fumer un cigare en dégustant un mojito, et tenter le dialogue avec un habitant. 
• Le petit jardin botanique est une courte balade fort sympathique, et pour plus d’aventure, il a foule de sentiers dans la région. 
Manger et boire 
Pas d’adresse en particulier, la ville étant assez petite, on trouve forcément quelque chose qui nous plaît. Un resto rouge et blanc sur la rue principal, sert une excellente ropa vieja pour seulement 3,50CUC. 

Trinidad 
Transport 
De Viñales : Bus Transtur (37 CUC – 9 heures avec une halte) 
Dormir 
Il y a plus de 700 casas dans la ville… Nous avons pris nos quartiers chez Maria Julia et on y dort bien pour 20 CUC. 
Voir 
Ah Trinidad ! La ville romantique par excellence. 
On pense faire le tour en 1 heure et au final, on y reste presque une semaine. 
Pas besoin de se presser, repasser par des ruelles et découvrir autre chose. Prendre le temps d’un café sur une terrasse et rêver que le temps s’est arrêté. Imaginer un passé glorieux et violent de richesses et d’esclaves. Puis, partir à la plage. 

Playa Ancon à 5 CUC et 30 minutes de bus pour du sable blanc, de l’eau translucide et très peu de monde. Voilà de quoi remplir les journées. 
Manger et boire 
On aime prendre une canchánchara sur la terrasse du Paladar El Criollo en grillant un cigare. 
Le Paladar San José offre une longue file d’attente suivant l’heure, et de très bons plats à prix modérés. 
Le Paladar Sol y Son nous plonge dans le passé glorieux de la ville et propose aussi d’excellents plats. 
Le resto/bar La Redaccion est également un endroit que nous avons aimé. 

Cienfuegos 
Pas vraiment prévue au départ, la ville nous a quand même réservé un accueil chaleureux et de belles découvertes. Elle fait partie intégrante de la boucle qui nous ramène à La Havane. 
Transport 
De Trinidad : Collectivo (10 CUC/personne) ou bus (6CUC). L’avantage du collectivo, c’est l’heure au choix et se faire déposer devant l’adresse choisie. 
Dormir 
Casa La Teresa (30 CUC) + déjeuner (5CUC). Super accueil, maison immense. 
Voir
Les vieux quartiers de la ville sont très bien restaurés et on aime s’y promener. 
Monter dans le mirador du palacio Ferrer et assister à une demande de mariage. 
Longer le malecon jusqu’à Punta Gorda, admirer les palais et maisons parfaitement entretenus. 
Se baigner dans la piscine du Yacht Club au son du reggeaton et du salsaton cubain et finir devant le spectacle du soleil se perdant dans l’horizon de la baie. 
Manger et boire 
Pour un bon café sur la place José Marti et pour une glace chez Coppelia (1 CUC, mais encore moins cher en CUP). 
Le Paladar Aché, un endroit super calme, un service irréprochable et de très bons plats fraîchement cuisinés. 

C’EST TERMINÉ 
Taxi 15 CUC pour l’aéroport. 
Pas de taxe de départ comme à Varadero, mais salle d’attente super booooooooooooring

Attention aux posters et autres affiches qui sont taxés à l’exportation et à l’employé zélé qui tamponne à tour de bras les tubes en carton. 
Ne rien acheter dans les boutiques duty free, les choix sont très limités et l‘alcool plus cher qu’en ville. 

Coups de cœur 
Les Cubains, évidemment. 
Ils sont beaux, gentils, aidant et prennent tout ça avec légèreté. Un peu machos, je préfère être un garçon, il semblerait que les filles se fassent siffler dans la rue. 

Mes balbutiements en espagnol m’ont permis de communiquer un peu, mais l’essentiel passait par les gestes et l’attitude. Ceux qui se plaignent de mal voyager sont certainement les premiers responsables, je n’ai jamais eu aucun problème, il suffit d’ajuster son attitude et d’être empathique. 

La magie de l’architecture ne peut laisser indifférent. Même délabrée par endroits, La Havane est un poème posé sur la mer des Caraïbes. On a hâte d’y retourner ! 
C’est la même chose pour Trinidad qui est un enchantement de pavés désunis et d’yeux levés aux faîtes des maisons. 

Souvenirs 
On ne peut passer à coté du fameux rhum et pour ma part un bon Havana Club siete años est le choix idéal. Quoique certains pensent le contraire, on ne peut ramener qu'une seule bouteille. Officiellement.

Amateur occasionnel de cigare, j’ai enfin réussi à trouver celui qui me convient en la personne du H. Upmann Magnum 46. Évidemment, le choix est personnel et l’offre immense. Le Roi Cohiba est incontournable, mais il vaut son pesant d’or. 
Pour ces achats il vaut mieux visiter les casa del tabaco et totalement éviter les vendeurs de rues qui ne feront que vous arnaquer. 
On trouve d’excellents cigares à très bons prix à Viñales, avant que leurs bagues dorées ne fassent grimper les prix. 
Le miel et le café sont également des produits fort intéressants, on trouve des pots de 1 kilo à un prix fluctuant suivant les endroits. Il faut donc magasiner un peu pour trouver les bonnes affaires. 

Des artistes se regroupent et forment des collectifs de création. À La Havane, il faut aller chez Clandestina, juste à coté du bar El Dandy. On y trouve plein de chouettes impressions et autres objets à l’humour décalé. 
Idem à l’atelier d’impression expérimental où beaucoup d’œuvres donnent envie de se ruiner… 

Et bien, voilà, je crois que j’ai terminé. 
Pas moins d’un an pour commencer et terminer ce récit de voyage. 

En fait, je suis un peu pressé par le temps, car demain, à 15 h 30, l’avion d’Air China nous emmène vers une nouvelle destination ! 
Accouchement difficile, mais bébé en bonne santé. 

Alors, tenté par Cuba ? Si!


PS : tiens j'ai pas parlé du Che !



Cuba - La Havane

30 janvier au 1er février – La Havane 

Nous arrivons vers 14 h 00 à la Casa Arcangel, après un trajet tranquille en bus, puis affronté un garde du corps de chauffeur de taxi qui voulait nous arnaquer de 10 CUC.
Il avait beau faire deux têtes de plus que moi, je commençais déjà à me préparer à hurler POLICIAAAAAAAAAAA !! 
Il s’est dit que son arnaque ne fonctionnerait pas bien aujourd’hui, ne m’a pas arraché la tête et est reparti avec son jeune chauffeur. 
Voilà donc le seul fait invraisemblable qui nous est arrivé en deux semaines de voyages en terres cubaines. Haletant non ? 

Le Malecon est en plein festival de feu d’artifice aquatique, les vagues sont violentes, le spectacle est majestueux. On pourrait penser que je fais une fixette sur le Malecon, mais franchement, je défie quiconque de rester de marbre devant un tel déploiement de puissance. 
C’est haut, c’est fort, c’est invincible, c’est mouillé, alors nous revenons en ville. 

Les vieilles guimbardes les mieux restaurées sont comme des bijoux posés sur l’asphalte. Les chromes brillent de mille feux, les peintures vives se reflètent dans les vitres des maisons, les chauffeurs posent fièrement à coté de leurs engins. 

À Cuba, c’est un sacré gagne-pain une voiture comme ça. Les gens font tout pour les remettre en état et enfin rejoindre leurs confrères, chauffeurs pour touristes. 
Promener des amoureux à travers la ville est probablement plus payant qu’enseigner ou soigner. 

Une bombe a explosé en face du Capitole. Une bombe capitaliste en pleine capitale communiste, faut bien vivre mon brave monsieur. 
Un bâtiment en travaux lors de notre dernier passage à ouvert ses portes aux touristes fortunés. Un ensemble commercial de plusieurs boutiques, dont une Casa del tabaco où on trouve de tout, mais à des prix délirants, surmonté du grand hôtel Manzana Kempinski. C’est aseptisé, quasi-désert et sans grand intérêt. 

Nous entrons dans le bar Sloppy Joe’s, un endroit historique créé en 1917 par Jose Abeal Otero, un immigré espagnol qui avait vite compris que malgré la prohibition, les Américains continueraient de picoler. 
Et comme La Havane était devenu l'épicentre de la débauche, ce bar ne pouvait que devenir célèbre. Le Los Angeles Times l’avait décrit comme le bar le plus célèbre du monde, car tout ce que comportait l’Amérique de célébrités, s’y retrouvait pour trinquer. 

Un peu débraillé et peu assidu sur la propreté, José, surnommé Joe, devint Sloppy Joe et se fit une place au firmament des endroits de bacchanale de la capitale vibrante des années 30. 
Fermé pendant plus de 40 ans, l’institution a rouvert ses portes en 2013, et sert sur son bar long de vingt mètres toutes sortes d’alcools. Une belle plongée dans le temps. 

Juste à coté, l’edificio Bacardi, autre star de la capitale, bijou de style Art déco construit entre 1920 et 1930, projette ses douze étages vers le ciel. 
C’est la porte d’entrée vers la vieille ville où nous déambulerons avec toujours autant d’émerveillement. 

Et puis, à notre plus grande surprise, nous retombons sur le Malecon ! Ouais, c’était un peu fait exprès… 

Je voulais voir le soleil se coucher derrière tout ce beau tumulte. 
J’en ai pris plein les mirettes et j’ai saturé ma carte mémoire. Alors on est parti boire un mojito au El Dandy.


31 janvier 
Ce matin, nous partons visiter un peu plus assidûment l’atelier d’imprimerie expérimental. 
Quelques presses sont en action, de jeunes artistes sont supervisés par une dame à l’œil vif, les reproductions qui sortent des vieilles machines sont scrutées à la loupe. 
Une petite galerie d’exposition permet d’admirer les œuvres, nous aimerions en posséder quelques-unes. 

Notre balade dans les rues nous amène à dénicher d’autres œuvres plus éphémères, les fresques murales. Nous trouvons plusieurs peintures d’un artiste qui signe 2+2=5, mais aussi beaucoup d’autres peintures et collages très cool. 

Vendeurs de rues, légumes et fruits sur une carriole, micro boucherie avec guirlande de pattes de poulet, petits boulots de la vie quotidienne. 


Dans une église, un Christ allongé se repose des tourments infligés, et quelques vieilles dames improvisent un pique-nique sous l’œil bienveillant de sa Maman. 

Nous nous dirigeons vers l’Université pour vérifier si les portes du restaurant El Biky sont enfin ouvertes. Nous nous étions fait avoir lors de notre premier séjour, lorsque le réputé resto était fermé. Là, c’est ouvert et ça vaut le coup ! 

L’immense rez-de-chaussée est une cafétéria, et on nous invite à nous diriger à l’étage dans le restaurant. Avant de commencer à me sentir à l’aise je vérifie quand même les prix, mais la carte est la même pour les deux étages. 

Confortablement installés, nous sommes traités aux petits oignons par le personnel très attentif et professionnel. Dans la salle attenante, un tournage à lieu, le Chef est un peu stressé, mais tout se passera bien. 
Pour nous aussi d’ailleurs, on a l’impression d’être dans un restaurant haut de gamme avec des prix vraiment plus abordables. El Biky est un nom à retenir. 

Tiens, et si on longeait le Malecon, ça ferait changement ! Vagues, vent, embruns, face salée, et passage d’une mariée toute fière de trôner sur la banquette d’une magnifique voiture. 

Le hasard fait tellement bien les choses, qu’il nous pousse vers le glacier Helad’oro où nous ne pourrons que constater que nous sommes d’indécrottables gourmands. 

Nous ne sommes pas les seuls, un groupe d’enfants est tranquillement assis sur le trottoir de la plaza Vieja et déguste avec le plus grand sérieux des petits spots de crème glacée dont ils se tartinent les babines. 

Et puis après beaucoup de circonvolutions dans toutes les rues de la Habana Vieja, nous terminons cette journée, et ce séjour autour d’une assiette de croquetas et d’albondigas chez Doña Eutimia

1er février 
Le taxi réservé hier soir est pile à l’heure. Après un excellent café au Arcangel, nous grimpons dans la guimbarde en direction de l’aéroport. 
L’endroit le moins funny de toute la capitale. Quelques rangées de sièges, deux ou trois boutiques où les prix et les choix de cigares sont ridicules et une règle que nous découvrons en arrivant, il faut payer pour toutes exportations de poster ou d’impression. 

Nous devons donc nous présenter devant un agent dont le passionnant travail consiste à prélever une dîme et surtout à simili-emballer nos affiches en les tamponnant le plus fortement possible afin d’y laisser une trace et une pliure impossible à récupérer. 
Du très grand art ! 
La prochaine fois, nous viendrons avec un tube et mettrons nos achats dans le sac en soute… 

Enfin, après presque 3 heures à attendre dans ce hall déshumanisé, nous embarquons à bord de l’avion qui va se faire un malin plaisir de nous ramener vers l’hiver.

On se revoit à ... ?


KIKECLAC ! Merci Cricri

La Havane en images



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